‹ L'Imperforation de l'Hymen: Avant la PubertéChapitre 24 sur 41 · RON Y · texte numérisé non relu

RON Y

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L'éperon périnéal, repli interposé entre l'intestin et le pédicule allantoïdien, appelé ainsi par Kœlliker. accomplissant son mouvement de descente et séparant complètement le sinus uro-génital du rectum rencontre une membrane cloacale, didermique anormalement développée et présentant des dimensions réduites.

Cette réduction peut porter, soit sur le segment uro-génital de la membrane cloacale, soit sur le segment postérieur. Dans le premier cas, le sinus urogénitalse trouvera détaché durectum par l'abaissementdu repli périnéal, et sé terminera en cul-de-sac ; il yaura un orifice anal, mais la fente uro-génitale fera défaut.

Si le segment superficiel du sinus uro-génital est directement intéressé, nous aurons-une occlusion du conduit vaginal.

Après cel aperçu embryologique, que nous avons essayé de faire le plus court possible, il nous parait, maintenant aussi intéressant qu'utile de dire quelques mots, et de l’origine des sécrétions que nous verrons s’accumuler dans le vagin, et des rapports de ce dernier avec les différents organes pelviens qui les entourent. La sécrétion muqueuse qu’on peut observer parfois dans le vagin à deux sources différentes, l’une utérine, l’autre vaginale.

La muqueuse utérine, en effet, possède de nombreuses glandes en tube, abondantes surtout dans la région du col, et ces dernières secrètent à Pétat normal un mucus qui offre une propriété à retenir, la viscosité, il empèse le linge, et c’est ainsi qu’il est possible de différencier les sécrétions utérines des sécrétions vaginales. FRE

Celles-ci sont le produit de l’exsudation et de la desquamation épithéliale de la muqueuse (épithélium pavimenteux stratifié), cette dernière ne possédant pas de glandes.

Nous arrivons maintenant au vagin, c’est un conduit musculo-membraneux, impair et médian, long en moyenne de 7 ou 8 centimètres, continuant en bas la cavité utérine, et, débouchant à la vulve; c’est l'organe de la copulation chez la femme.

Envisagé au point de vue de ses rapports, on peut lui distinguer :

a) Une paroi antérieure, ou « vésico-uréthrale », en rapport dans sa moitié supérieure avec la vessie, dans sa moitié inférieure avec l’urèthre.

b) Une paroi postérieure, ou «péritonéo-rectale, » en rapport avec le rectum sur toute son étendue, immédiat dans ses trois quarts inférieurs, et, dans son quart supérieur, par l'intermédiaire du cul-de-sac de Douglas.

c) Deux parois latérales, en rapport avec les vaisseaux et les nerfs, qui cheminent dans l’espace pelvisous-péritonéal «vaisseaux el faisceaux hypogastriques. »

d) Une extrémité supérieure qui s’insère sur le col utérin.

e) Une extrémité inférieure située dans le périnée. (D’après Testut et Jacob, 1906.)

De cette énumération sommaire, nous n'avons à entrer dans aucun détail, il résulte ceci : c’est que le

ee vagin est en rapport avec trois organes essentiels, la vessie, l’urèthre, le rectum, en outre avec un riche plexus vasculo-nerveux, et, que toute collection qui y sera retenue par un obstacle quelconque, pourra occasionner les désordres les plus graves.

Nous y reviendrons, du reste, plus loin.

SYMPTOMATOLOGIE

Des observations que nous avonspubliées plus haut, . et qui émanent de différents auteurs, nous pouvons tirer l& eomelusion suivante, c'est que, avant toute période menstruelle, on a vu se former dans le vagin une rétention muqueuse, susceptible d’occasionner à l'organisme les plus graves dommages et voire même, parfois, la mort.

À laide des documents que nous avons en mains, nous allons essayer de déterminer la symptomatologie de cette nouvelle affection et, pour cela nous devons tout d’abord les sérier et les catégoriser; nous nous occeuperons tout d’abord de ceux où aucun phénomène particulier n'a été remarqué; ensuite, de ceux où des symptômes plus précis eb mieux définis, ont fait leur apparition. | |

Voyons donc, en premier lieu, celles de nos observalions où l’anomalie qui nous occupe à été vue tout fortuitement :

C’est une mère qui, inquiète « parce que son enfant n'est pas faite comme les autres » (Le Gendre, 1866), ou « n’a pas de porte d'entrée » (Minard, 1892), vient

confier ses craintes à un praticien; c’est encore l'accoucheur (Budin, 1903), (Commandeur, 1904) qui, au moment de la naissance, reconnaît l’'hymen imper- foré et prévient par son intervention des désordres futurs.

Nous en reliendrons simplement la présence d’une petite tumeur ronde et molle, faisant saillie à l’entrée du vagin, de la grosseur d’une noisette (Hirschprung, 1876) ou d’un pois (Breisky, 1886).

Mais à côté de ces premières observations, impor- Lantes, certes, puisqu’à elles seules elles suffiraient presque à justifier notre étude, nous en trouvons d’autres plus précieuses encore, puisqu'elles vont nous permettre et nous aider à fixer tous ces symptômes que nous voulons connaitre.

A l'inspection, on aperçoit une distension assez considérable du, ventre, de l'œdème des grandes lèvres.

À la palpation, on sent l'abdomen assez résistant, une tumeur pouvant remonter dans les cas les plus graves jusqu'à trois travers de doigt au-dessus de l'ombilic (Vitrac, 1900), enfin de la fluctuation au niveau de la vessie.

Au toucher vaginal, une tumeur, plus où moins considérable, selon la quantité de liquide retenu, fluctuante, pouvant être déprimée par la pression, et bomber en avant lorsque l'enfant crie.

Au toucher rectal, on perçoit une certaine convexité de l'intestin (Hirschspung, 1877), due, pensons-nous, à l'accumulation des fèces qui ne peuvent être évacuées au dehors.

A noter encore, de fréquentes envies de défécation, qui font ouvrir l’anus tout béant, avec de nombreuses fissures (Hirschsprung, 1877); des envies non moins fréquentes d’uriner, avec mictions non spontanées, qu’on est obligé de provoquer pour amener un peu de soulagement.

A cette description, nous pouvons ajouter, les cris de l'enfant, auxquels, il semble qu’il faille attacher une certaine importance, des phénomènes généraux, de l'abattement, de l'embarras gastrique (Hirschsprung, 1877), de la fièvre, de l'agitation, de la gêne respiratoire (Rudaux, 1906).

Nous avons essayé de rendre ce tableau aussi complet que possible, mais il concerne l’enfant en bas âge, qui peut encore à peine faire connaitre le mal dont il souffre, et exprimer la gêne qu’il éprouve; aussi, comme nous avons la bonne fortune de posséder deux documents, des plus intéressants, relatifs à deux jeunss filles impubères, âgées respectivement de 12 ans et de 17 ans, nous relevons d’autres symptômes, que nous ne voulons point passer sous silence, et qui consistent en céphalée, en vives douleurs abdominales et lombaires (Laroyenne, 1904, Piollet, 1906).

Ces deux cas, qui rentrent admirablement dans le cadre de notre étude, et à ce point de vne, nous discuterons plus loin l'observation de Laroyenne, montrent qu'à un âge bien proche de celui de la puberté, où, au moment même de la puberté, on peut observer la formation d'un hydrocolpos, avec tout le cortège d'accidents qui accompagnent l’hématocolpos.

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En résumé, nous pouvons reconnaître comme symptômes chez l'enfant.

a) Les cris aigus et plaintifs, indice chez le petit être qui ne peut encore dire où il souffre, de graves malaises, et qui peuvent du premier coup, faire sauter aux yeux du médecin, l’'anomalie ; sous l’influence des cris, la tumeur apparaît le mieux, et augmente de volume.

b) La rétention d'urine et des matières fécales, dûe à des phénomènes de compression, de la vessie, du canal de l’urèthre et du rectum. LEP

c) L'œdème des grandes lèvres (Hirschsprung, 1877, Vitrac 1900), résultant de la compression des vaisseaux hypogastriques, trouble compréhensible, si l’on se rappelle les différents rapports du vagin.

d) Quelques phénomènes généraux, tels que la fièvre, de l’agitation, de la gêne respiratoire, et chez la jeune fille : de la céphalée et des douleurs abdominales très vives, comme dans les cas de Laroyenne (1904) et de Piollet (1906).

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