CONSIDERATIONS GENERALES
sur la Membrane Hymen
Le titre même de ce chapitre indique suffisamment notre intention de nous en tenir à quelques réflexions, sur la disposition anatomique de la membrane hymen, sur ses différentes formes, sur sa constitution, sur le développement embryologique des organes génitaux externes, et, enfin, sur le rapport du vagin avec les différents organes pelviens. Autrement, nous ferions peut-être double emploi, car en dehors des ouvrages spéciaux, plusieurs thèses ou mémoires : Roze (1865) : Serrière (1866); Bonnecaze (1872); Gueretin (1873) ; Brouardel (1879) ; Barnetche (1889) ; Altmann (1893) : Piou (1897) ; Rivalta (1898), se sont assez longuement entretenu de cet organe spécial.
On désigne sous le nom d’hymen, une cloison incomplète qui se dresse à la limile respective des deux conduits, vaginal et vulvaire (Testut, 1901).
Nous acceptons d'autant plus volontiers cette définition, qu’elle nous permettra de ne pas discuter, et de rappeler ici seulement pour mémoire, les opinions
émises successivement par Budin (1879) et Pozzi (1890). | |
Tandis que pour le premier, l’'hymen serait l’extrémité antérieure du vagin, doublée par la muqueuse vulvaire, pour le second, il se rattacherait à la vulve (bride masculine de Pozzi).
Nous nous contentons de signaler les idées de ces deux savants, sans vouloir essayer de prendre parti ; cela nous entraïînerait à de trop longs développements, qui nous feraient sortir du cadre de notre sujet, plutôt pathologique. es
La forme de cette membrane est essentiellement variable, mais nous la ramènerons à trois types : le type annulaire, le type semi-lunaire, el le type labié: il en est de même de ses dimensions : sur certains sujets, elle présente à peine 2 ou 3 millimètres de diamètre ; sur d’autres elle se confond avec l’orifice vulvovaginal et se trouve réduite à un simple bourrelet de la muqueuse, disposé en forme d’anneau sur le pourtour de l’orifice précité (D’après Testut).
Ajoutons enfin que chez le nouveau-né, ont fait pénétrer une bougie ayant 0,009 de diamètre (Pozzi, 1898), et que cette ouverture peut se réduire à la grosseur de la tête d’une épingle (Rudaux, 1906).
Histologiquement, l’'hymen est constitué par un repli muqueux entre les deux feuillets duquel s’interpose une couche de tissu conjonctif, très riche en fibres élastiques, et dont le développement est des plus variables ; c’estce qui fait qu’à côté d'hymens minces. peu résistants, on en trouve de plus épais et plus charnus, remarquables par leur résistance (Testut,
1901); cette constatation offre quelque intérêt à propos du traitement, et nous le signalerons lorsque nous nous en occuperons.
C'est maintenant à l'embryologie que nous allons nous adresser pour avoir quelques données sur le développement des organes génitaux externes.
Ils se développent de très bonne heure (embryon de 11-13 millimètres, Nägel) chez le mâle et la femelle au pourtour du cloaque : c’est une fossette située à l’extrémité du corps de l'embryon, el dans laquelle débouchent l'intestin terminal et l’allantoïde. L’extrémité de cette dernière forme le sinus uro-génital où s'ouvrent accolés l’un à l’autre, les canaux de Müller et les
canaux du rein primordial.
Le cloaque se plisse. Ses replis s'unissent pour
former le périnée. Il est ainsi divisé en une partie antérieure, en continuité avec le sinus uro-génital, et en une partie postérieure qui se constitue avec le rectum (anus).
Au bord antérieur du cloaque, plus tard le sinus uro-génital se forme dans les deux sexes un tubercule génital, qui présente à sa face inférieure une gouttière limitée par les deux replis génitaux. Le tubercule et l'orifice du cloaque situés en arrière de lui (orifice du sinus uro-génital) sont entourés par les bourrelets génitaux.
Chez la femelle, le tuberule génital reste petit et devient le clitoris. Les replis génitaux deviennent les petites lèvres, les bourrelets génitaux donnent les grandes lèvres. Le sinus uro-génital reste court et large ; il forme le vestibule du vagin où s’ouvre le vagin
(extrémité des canaux de Müller) et l'extrémité de l'allantoïde ou de la vessie, c’est-à-dire l'urèthre. (D'après Hertwig, 1906).
Nous pouvons nous demander maintenant quel est le rapport qui existe entre les malformations congénitales des organes génitaux externes et leur développement embryologique. La question parait assez délicate, el, pour la résoudre, nous allons avoir recours à un article de Tourneux (1899), où ce savant s'occupe des malformations congénitales de la région ano-génitale au point de vue embryologique.
Cest à la membrane cloacale, membrane épithéliale qui obture superficiellement le cloaque, qu'échoit le principal rôle dans la production des malformations congénitales de cette région.
À, B, C, coupes longitudinales (sagitalles et axiles) de la région ano-génitale, représentant trois stades successifs du développement chez l'embryon humain dans le cas de dessente de l’éperon périnéal, avec membrane cloacale réduite à son segment postérieur en aval. Su: la coupe C, le sinus uro-génilal est imperforé. 1, cavité cloacale. — 2, tube intestinal. — 4, canal allantoïdien. — 5, tubercule génital. — 7, vessie. — 8, membrane anale. — 10, orifice anal. — 11, éperon périréal. — 14, cavité péritonéale. (Schéma d’après Tourneux).
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