UNION SACRÉE ET POLITIQUE IMPERIALE
principes de la méthode d^uii Claude Bernard ou d'un Marcelin Berlhelot. Un peuple aussi renseigné et aussi cultivé nous paraît mûr pour se gouverner soi-même, et il semble que, même sans Fassistance d'un homme providentiel, les Français puissentdéfinirleur formule d'union et déployer la bannière de ralliementpour défendre leurs propres intérêts sans Tassistance des charlatans de Tempirisme.
Si le terme d'impérialisme a quelque chance de triompher de l'opprobre que lui a valu la conception du pangermanisme, si d'autre part il ne reste pas associé, dans l'esprit de nos concitoyens, aux catastrophes des régimes napoléoniens, il n'en sera pas de meilleur pour qualifier la politique future de la France. Les étrangers, notamment les Anglais et les Américains, qui n'apportent pas dans la conduite de leurs affaires publiques la même susceptibilité sentimentale que les Français, n'emploient pas d'autre terme que celui d'impérialisme pour caractériser leur politique. Tout simplement, tout naturellement, cette expression leur paraît la seule qu'il soit juste d'employer. Nous pourrions donc, avec une logique parfaite, affirmer la proposition suivante : La France possède un empire ; elle doit avoir une politique impériale.
Le principe même de cette politique c'est que la possession et l'administration d'un empire imposent à un pays une vue d'ensemble et des devoirs précis, un accord de conditions d'action et de réaction telles qu'aucune mesure intérieure ne peut être prise sans avoir considéré sa répercussion dans l'empire; c'est que le développement de la prospérité de l'empire et sa conservation même dépendent de la force et de la puissance de
la patrie-métropole, aussi bien que de la sagesse de son administration ; c'est qu'il y a une telle connexité d'intérêts entre l'empire et la métropole qu'une union doit régner entre eux et que cette union entre les divers membres de l'empire a pour base et pour condition absolue l'union des citoyens de la patrie,
Et cette vérité admise que la grandeur de l'empire est la résultante de l'application de ce principe, ne pouvonsnous pas conclure que la politique impériale est une politique d'union et que celle-ci s'impose dans Tavenir à tous les Français qui voudront travailler à la grandeur de leur pays ?
On sera peut-être tenté de juger que notre appel à l'union pour une politique d'après-guerre est une conclusion en désaccord avec les prémisses de notre argumentation. N'avons-nous pas, en effet, affirmé qu'un des caractères ethniques de la race issue du sol gaulois est le goût des querelles et n'avons-nous pas constaté que cette tendance fâcheuse avait, au cours de notre histoire, compliqué de crises intérieures nos luttes contre l'agresseur étranger ? Mais les événements actuels ne viennentils pas suggérer l'espérance qu'une heureuse évolution s'est produite dans le caractère national ?
Ne voyons-nous pas l'union sacrée, proclamée en août 19 14, subsister jusqu'à ce jour en vue d'une victoire prochaine ? N'est-il pas permis d'espérer qu'en présence de cette suprême leçon de l'histoire qu'est la guerre actuelle le bon sens de notre race l'emportera définitivement et que la conception prévaudra, même dans la politique, que l'union qui a été une question de vie ou de mort pendant les hostilités aura le même caractère et la même importance pendant la paix? N'aurons-nous pas, au lendemain de la guerre, n'aurions-nous pas, dès à présent, à lutter contre des fléaux aussi destructeurs de nos générations que les obus et les gaz asphyxiants des