L'impérialisme occidental; genèse de l'impérialisme anglais
A la demande de mes étudiants, j'ai entrepris d'écrire le sommaire des cours que je donne à l'Université Nouvelle de Bruxelles, depuis dix-huit ans.
Nous avons, chacun nos faiblesses. Dans les rares loisirs que laisse le Barreau, j'aime à considérer, dans leurs premiers bouillons à la source du temps passé, les idées dont, aujourd'hui, nos contemporains s'exaltent. Cette faiblesse s'est exprimée — vaille que vaille — en leçons. Elle ne désire pas plus d'honneurs.
Il n'y a rien dans la vie qui mérite un regard, hormis ce qu'on appelait autrefois les humanités, c'est-à-dire l'encyclopédie de tout ce qui peut hausser les âmes. Je ne suis ni un historien, ni un sociologue, je suis un avocat, et je déteste les spécialistes.
Mais, s'il faut cataloguer ces pages dans le rayon des livres d'histoire, on me permettra de souligner le triste aveuglement des travaux qui ont pratiqué la religion du document. Depuis quinze ans, le noble Passé n'est plus qu'une indigeste accumulation de paperasses poussiéreuses et de faits misérables, construction incohérente et madréporique, dans laquelle on ne trouve que de la mesquinerie et des infîniments petits.
Elle apparaît décidément trop faible la part faite au
rôle prodigieux des individualités typiques. S'il est vrai que le monde n'est qu'un grouillement de foules, c'est que les Foules sont de grands êtres simples et puissants comme l'étaient les Dieux — et je préfère croire que la Destinée est menée par des Héros.
J'ai, dans ce sens, redressé de mon mieux notre erreur commune.