‹ L'impôt dans les diverses civilisations (volume 2)Chapitre 102 sur 252 · RECENSEMENT GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

RECENSEMENT GÉNÉRAL

semblée constituanle en 1789 et l'Assemblée nationale en 1871 ; cette seule mesure montre, mieux que tout, la puissance de l'Empire et la portée de l'intelligence d'Auguste. Auguste composa lui-même plus tard un abrégé de recensement. Il l'avait toujours sous la main : Breviarium totius imperii. Les Américains du Nord possèdent seuls un recensement analogue et ils le renouvellent tous les dix ans. Celui de 1890 leur coûtera au moins 50 millions de francs. Les familles, les fortunes, les impôts, les armées, les recettes et les dépenses étaient spécifiés en détail. On ignore si le recensement a été simultané dans tout l'Empire ou successif par province. Il est fait, au recensement opéré en Syrie, une allusion formelle dans Josèphe et dans l'évangile de saint Luc. Tous les Juifs se rendent à leur domicile {Suam civitutem) pour être recensés. Le recensement avait un double but : connaître l'état général de l'Empire, faciliter le recouvrement des impôts.

En Italie, le Tributum ex censii avait été exigé de nouveau en 43 avant l'ère chrétienne. On n'a pu établir qu'il ait été maintenu sous l'Empire. Il n'y avait pas d'autre impôt direct ou foncier en Italie. Dans les provinces la situation était inextricable. On y rencontrait : 1° les Etats ou les villes, exemptés du tribut envers Rome; 2° les domaines particuliers, également exempts; 3" les domaines appartenant aux citoyens romains; 4» les États ou provinces soumis à un tribut fixe, tels que les Gaules; 5° les Etats ou provinces, comme la Sicile ou l'Egypte, où le peuple romain avait complètement pris la place de l'ancien gouvernement; 6° enfin les territoires, comme celui d'Attale, légués au peuple romain. Pour surcroît de complication, il fut fait entre Auguste et le Sénat un partage des États ou provinces.

§ 4 . Les impôts directs et le Cadastre.

En principe, le gouvernement impérial essaya d'étendre aux provinces le tributum ex censu, l'impôt romain sur le capital. Il n'y est jamais parvenu dans les mêmes conditions qu'en Italie (1).

(1) Bureau île La ilalle, ibidem, 178. — Articles de ^L Humbert dans le Die-

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