LES AIDES ET LES TAILLES
A. Les aides. — Elles étaient dues par les tenures roturières dans les mêmes conditions que les fiefs ; mais elles étaient moins rigoureusement exigées , parce qu'elles reposaient sur le principe du don volontaire au lieu du principe de l'obligation. Au milieu de tout l'appareil fiscal du moyen âge, le don volontaire ne disparut pas. Il resta la forme de l'impôt la plus antique et la plus respectable.
B. La taille. — Il importe de faire immédiatement, quant à la taille, deux remarques préliminaires : 1*^11 ne faut jamais confondre les tailles que payaient certains fiefs, la plupart des tenures roturières et les roturiers avec les tailles diverses qui portaient sur les biens serviles et sur les différentes personnes serviles. C'est faute de faire celte distinction essentielle entre personnes et biens des roturiers, personnes et biens des serfs — et nous verrons combien d'autres distinctions il y a lieu d'établir entre les gens et les biens entachés de servitude — qu'il & été mis en circulation tant de faits et d'idées contradictoires sur les divers genres de taille.
2° Le principe de l'abonnement se généralisa pour les tailles, même pour les tailles serviles. L'abonnement n'est autre que l'impôt de répartition. La répartition limite les inégalités et les excès. Il y a contradiction entre l'idée de l'abonnement et l'idée de la taille ad misericordiam. Celui qui peut tout prendre ne donne pas d'abonnement. L'abonnement a pour raison la fixité aussi bien pour le contribuable que pour le maître.
Il ne saurait y avoir de doute sur l'origine de la taille roturière, pas plus qu'il n'y en a sur son caractère. Elle correspondait certainement à la capitatio terrena et à la capitatio humana réunies (1); elle provenait des traditions romaines qui n'ont jamais disparu dans le midi, pas plus que dans le centre des Gaules, surtout dans les villes où plusieurs documents, notamment pour Paris, ont conservé les cotes de la taille roturière. Elle consistait dans un impôt global sur le capital et sur le revenu, telle que la monarchie l'a pratiquée pendant 400 ans. Si
(1) Les Mérovingiens avaient conservé les deux grandes sources du revenu public impérial, lajugatio terrena et la capiUitio hurnana. — Ad. Vultry, ibidem, p. 34.