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DÉCADENCE DES VILLES GALLO-ROMAINES

par suite, elle tomba complètement dans les mains du comte que Charlemagne lui assigna ; elle ne fut plus qu'un foyer seigneurial et militaire. Marseille, Lyon et Toulouse, et toutes les villes dépendirent d'une seigneurie au moins jusqu'au xie siècle (1). Elles participèrent nécessairement de l'état général d'anarchie qui a produit la féodalité; elles ne conservèrent que leurs institutions religieuses, englobées elles-mêmes dans le mouvement féodal. Aussi bien au midi qu'au centre et qu'au nord, les anciennes villes prirent le caractère seigneurial; elles eurent un seigneur qui les représentait, les administrait comme une partie de sa seigneurie. C'est ainsi qu'après bien des péripéties et des luttes, Bordeaux ne fut plus qu'une sorte de succursale de Poitiers (2), capitale des ducs d'Aquitaine.

Les conditions des biens et des personnes étaient, au moins jusqu'au xii« siècle, les mêmes que dans les campagnes et les seigneuries. Tenures nobles ou fiefs, tenures roturières, tenures serviles se partageaient le sol urbain et les constructions : nobles, vilains, roturiers, colliberts, serfs prédiaux, serfs questaux ou de corps composaient la population. Redevances, impôts, taxes, droits, notamment les aides aux quatre cas, services divers, étaient les mêmes avec les différences résultant de la nature des choses. Ainsi les taxes de consommation, de tonlieu, de placage, les banalités, les taxes d'industrie et de travail, avaient tout autrement d'importance que les dîmes; les corvées, les baux à cens ou à rente foncière étaient plus nombreux que les locatures perpétuelles, les emphytéoses que les champarts ; même droits de mutation, amortissement, formariage, enfin mêmes tailles.

Les bourgeois des villes étaient tenus au service militaire de même que les vilains ou roturiers des campagnes. Ils l'accomplissaient sous des chefs spéciaux.

A partir du xii^ siècle, les conditions de ces villes tendirent à s'améliorer par diverses causes : l'accroissement de la sécurité générale, les progrès de la production agricole, le développe-

(1) Luchaire, Manuel, Les villes consulaires, ijagc 430.

(2) Jullian, H. de Bordeaux, chapitre VIII.

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