REMARQUES PRÉLIMINAIRES
La Grèce ancienne offre, de même que l'Egypte ancienne, l'exemple d'une nation , ou plutôt d'une race (car la vieille Hellade n'a jamais pu réunir ses divers Etats en un seul faisceau), qui est ressuscitée après de longs siècles de servitude et de mort. Cette résurrection est plus complète pour la Grèce que pour l'Egypte, du moins quant au moment actuel ; par contre , la Grèce est tombée bien plus bas et a plus souffert que l'Egypte, sa décadence a été plus rapide et plus profonde. Elle a possédé des institutions fiscales très-complexes et très-intéressantes à connaître ; mais ces institutions n'ont exercé aucune influence sur celles de l'Empire romain d'Occident, et, par suite, sur le développement fiscal des peuples, formés pendant ou après sa dissolution.
L'empire romain d'Orient, plus tard l'empire byzantin a fourni, il est vrai, une bien longue et très-illustre carrière, puisqu'il a survécu dix siècles à l'empire d'Occident, mais les institutions, l'esprit, les traditions de la Grèce héroïque, de celle des guerres médiques, de Périclès , d'Agésilas ou d'Alexandre n'ont eu aucune action sur la vie et le développement de l'empire byzantin qui n'avait conservé de la vieille Grèce que sa langue. Les institutions fiscales de Dioclétien et de Constantin se sont maintenues pendant toute la durée de l'empire byzantin et le christianisme a seul alimenté toute la vie morale, sociale, intellectuelle, religieuse de la société gréco-romaine, du monde byzantin.
Les divers Etats de la Grèce ancienne se divisaient en deux groupes : 1° Le groupe des Etats démocratiques ayant Athènes à leur tête. 2° Le groupe des Etats aristocratiques avec Lacédémone comme Etat directeur. Les institutions fiscales étaient à