LES DORIENS
Les Doriens appartiennent à la race illyrienne, dont les différentes tribus ont occupé, de tout temps, les territoires naontagneux au sud du Danube. Ottfried Muller, qui les a particulièrement étudiés dans un livre auquel se rattache le renouvellement des travaux de la Grèce antique (1), leur donne la Macédoine pour primitive patrie. Il les relie ainsi au groupe militaire qui a précédé les Romains. On retrouve aujourd'hui dans les Rouméliotes les antiques qualités des Doriens et des Macédoniens. Peu à peu, les tribus doriennes (Hylléens, Dymanes, Pamphyles) se seraient établies sur les pentes de l'Olympe; puis elles auraient gagné la Thessalie, d'où elles se seraient dirigées vers le Péloponèse pour le conquérir et l'occuper. Leur invasion est restée une époque mémorable dans les fastes de la Grèce héroïque (2). C'était une invasion lente, mais complète, comme devaient être plus tard les invasions des Celtes et des Germains. Femmes, enfants, esclaves, accompagnaient plus de vingt mille guerriers. C'était une première poussée des races du Nord vers le Midi (3). Les Doriens apportaient un dialecte nouveau, des mœurs plus fortes, une éducation et des goûts militaires, une pratique persistante de l'esprit d'association, des habitudes plus Oères et aristocratiques. A bien des égards, il en
(1) ottfried Muller, Les Doriens, 1839. M. Cornewall Lewis a donné de ce livre célèbre une traduction en anglais excellente.
(2) Ibidem, Introduction, livre I, 34-36. — Cm-tius, Histoire grecque , 1 vol., p. 119, 127.
{Z)Ihidim, p. 37, 51.