RÉSULTATS DE LEURS INSTITUTIONS SOCIALES
moitié en France, en Italie et dans une partie de l'Europe appartient au même ordre de faits.
Cette immutabilité suffit pour montrer comment, chez les Doriens, l'impôt a fini par détruire leurs institutions. Dès que la part des classes cultivant le sol était fixe, immuable, les dépenses de la vie commune qui étaient un impôt, puisqu'elles avaient pour but de maintenir l'organisation sociale elle-même, ont du être prélevées par les classes supérieures sur un revenu invariable et il n'en est resté qu'une part insuffisante pour l'entretien des familles les plus nombreuses, les plus coûteuses. En effet, les frais de familles, essentiellement variables et croissantes, ont dû se reprendre sur des ressources invariables (Aristote l'a nettement établi).
Delà, les précautions sévères prises dans les Etats grecs doriens contre l'accroissement du nombre des familles et l'augmentation de la population; delà une réglementation de la vie et des rapports sexuels qui s'est propagée dans toute l'ancienne société hellénique, qui a modifié l'organisation de la famille, qui a singulièrement amoindri la place de la mère pour surélever le rang des Hétaïres et qui a eu tant d'influence sur les mœurs grecques. Pour s'en faire une idée; il faut lire les tableaux qu'Athénée en a laissé. La •:7xî5'£sacT='.a(l) devint générale; elle s'infiltra partout , elle fut acceptée par les hommes les plus remarquables , jusqu'au moment où des observateurs sagaces, comme Polybe, purent en constater les résultats par la dépopulation, la dégradation , l'affaissement de la Grèce. Non seulement c'est le christianisme quia combattu ces mœurs et ces institutions, mais la guerre qu'il leur a faite a été l'une des grandes causes de son triomphe. Il a remis la société grecque, égarée, dans la voie tracée à la destinée humaine, voie que la Chine, l'Inde et l'Egypte n'ont jamais méconnue; aussi n'ont-elles pas traversé des temps aussi douloureux que la Grèce.
Les écoles socialistes contemporaines ne se font pas d'illusion
(1) La pédérastie grecque ne doit pas être toutefois jugée exclusivement d'après nos idées. Bien que reconnue par les lois et les mœurs, si elle dégénérait en abus coupables, elle était sévèrement punie. O. Muller, livre II , chap. iv. Cicéron, cité par M. 0. Muller, a fait les mêmes observations.