LES ÉTATS DORÎENS ET LA CRÈTE. G
Dans ces sociétés l'impôt n'est pas encore nettement dégagé soit de la rente du sol, soit de la part en nature revenant aux propriétaires.
Les repas en commun ont caracte'risé la race dorienne , si remarquable par l'originalité de ses institutions qui doivent se rattacher à la communauté primordiale des intérêts , des mœurs de la tribu ou du clan. Les repas en commun étaient une forme de paiement de l'impôt. Ils avaient été institués pour maintenir l'égalité entre les compagnons militaires. Ils étaient alimentés au moyen de redevances en nature. Mais ils cachaient une inégale répartition de l'impôt qui, par suite, retombai^ plus sur le pauvre que sur le riche. Chaque convive devait livrer une redevance égale,. lorsque les charges domestiques et les revenus réels n'e'taient pas égaux. Loin de favoriser l'égalité, les repas communs favorisaient l'inégalité. Le résultat a été ainsi contraire au but réel de l'institution qui était de maintenir l'égalité , même aux dépens du pauvre.
Les institutions d'Israël marquaient la même tendance, entièrement inconnue à l'antique civilisation de l'Egypte, de la Chaldée et de l'Assyrie; elle s'est également produite, non seulement à Lacédémone, mais à Athènes, c'est-à-dire sous deux formes de gouvernement et dans deux sociétés tout à fait opposées.
Dans une telle organisation sociale, l'incidence de l'impôt, quelle que soit sa forme, quel que soit son nom, a-t-elle lieu en entier sur la classe qui cultive le sol, puisqu'elle ne dispose d'aucun moyen de répercussion ni sur les esclaves, ni sur les maîtres, ni sur l'Etat?
La tradition du partage en nature, fondement de la dîme, peut modifier cette incidence, à raison de la part que la coutume attribue à celui qui cultive le sol. Souvent celte coutume prenait , chez les peuples anciens, un caractère religieux, sacré. En tout cas, elle était presque toujours immuable; cette immutabilité a marqué certaines civilisations; elle explique, comme pour la Chine, l'Inde, l'Egypte, leur grande durée. Il n'en a pas été de même pour l'aristocratie romaine , qui s'est montrée si dure, ni pour l'aristocratie anglaise, mais la persistance de la culture à