LES BULGARES
moins ils n'en détiennent que la moindre part. Ils ont e'galement donné la préférence au tribut qui a les avantages d'une jouissance immédiate.
Nous compléterons ces détails sur le régime de la propriété foncière, installé en Hongrie par les Magyars ; mais ce régime n'est pas le véritable régime féodal, parce qu'il ne comportait pas l'association des classes inférieures à la propriété même.
III. Bulgares. — Les Bulgares étaient devenus sédentaires, sur les pentes des Balkans, quand eut lieu l'occupation de la Pannonie par les Hongrois. L'époque de leur grande influence était même finie (empire de Siméon, 893-927). Ils maintinrent, avec peine, leur indépendance contre les Hongrois, les Serbes et les Grecs byzantins. Toutefois, du xi^ siècle et au xm^ siècle, les Bulgares ont encore joué un rôle assez important jusqu'à ce qu'ils subissent le joug ottoman. Comme les Bulgares comprenaient une notable masse de tribus d'origine touranienne, ils ont moins souffert de ce joug que les peuples Slaves. Ils sont mentionnés ici parce qu'ils ont pris place aujourd'hui parmi les nations ayant un rang, des finances, des impôts et un incontestable avenir.
IV. Khazars et Petchénègues. — Il n'en est pas de même des Khazars, Petchénègues, Coumans. Ces puissantes Confédérations de nomades, d'origine touranienne, ont disparu; elles ont exercé, pendant au poins 600 ans, une grande influence. Elles occupaient les steppes de la mer Noire et de la mer Caspienne. Les Khazars ont même fondé un véritable empire qui s'étendait depuis les steppes du Caucase jusqu'au Volga. Ils ont précédé les Mongols; mais ils étaient moins nomades, surtout moins militaires. Ils faisaient un commerce assez considérable entre le bassin du Volga, le Caucase, l'Arménie et l'Asie Mineure. C'est à leurs Khagans que la plupart des tribus slaves, à l'arrivée des Varègues, payaient le tribut, notamment les Polianes, les Sévérianes, les Radimitches et les Viatitches. A l'époque des voyages de Maçoudi, premières années du x'= siècle, ils avaient encore une grande situation. Au xiv"= siècle leur empire s'écroule. Il est resté cependant quelques débris de leurs tribus dans le Caucase à côté de tant d'autres résidus de l'humanité. Les Petché-
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nègues, avec un rôle plus actif, ont encore plus complètement disparu. Repoussés par les Hongrois, le torrent des Mongols aura submergé les uns et les autres (1).
Les Coumans ont e'té plus persistants que les Petche'nègues. Ils existaient encore à l'e'poque des voyages de Rubruk et de du Plan du Carpin. Ils furent longtemps un fléau pour les Hongrois, les Moldaves et les Valaques qui finirent par les accabler et les incorporer.
Leurs institutions ou traditions fiscales n'ont pu être que celles des autres peuples nomades.
(1) Sur les Khazars, voir dans la chronique de Nestor, les trois premiers chapitres l'article ; Khazars dans VEneyclopedia Britannica. —MaçoiuU, Tes prairies d'or. Traduction de M. le Baron de Meynard, page 275. Rambaud, ifwf. de iî».-sie, p. 23, 50 : Klaproth, Populations du Caucase, 1826.