G68 INVASION DES MONGOLS
riiistoire fiscale de la Russie, mais dans la formation de sa nationalité'.
Les tribus mongoles, sous le commandement de Baty, petitfils de Tchingiz-Khan, se présentèrent en 1224. Après avoir vaincu les Russes à la bataille de la Kalka, ils revinrent en 1235, écrasèrent de nouveau les Russes dans la bataille de La Citi (4 mars 1238), prirent d'assaut et détruisirent, à peu près, Kiew, malgré une défense héroïque (1240). La Russie était alors divisée en une multitude de principautés, par suite très affaiblie. Elle n'avait qu'une population disséminée et relativement peu nombreuse. Elle était, en outre, menacée à l'Est par les Polonais, les Lithuaniens et les Allemands. Elle dut se résigner à subir la domination des Mongols. Baty avait établi son Ordou, ou quartier général du gouvernement de ses tribus, à Saray, sur FAktouba, bras du bas \'olga, de même qu'Attila s'était cantonné près de Széged. C'est là que se trouvait la Horde d'or, ainsi nommée à raison de son importance et des rideaux, lamés d'or, garnissant l'entrée de la tente de Baty. Les Mongols sont restés en Russie jusqu'en 1480 à titre de suzerains de la Russie, qu'ils appelaient le Kiptchak. Lorsque cette suzeraineté s'est effondrée, ils ont été autorisés à y conserver un séjour aux environs de Kazan. Les débris de leurs tribus y vivent encore sous le nom de Tartares. Il importe d'ajouter que les tribus d'origine touranienne et ouralo-finnoise, qui ont constitué un des principaux éléments des populations russes, ont contribué à obtenir une sorte de modus vivendi entré les Russes et les Mongols. Ainsi, avec le temps, les principaux chefs des Mongols ou Tartares sont entrés dans la noblesse russe. M. de Haxthausen a fait le dénombrement des familles de ces chefs. Il en a compté (i) 143, tandis que les Yarègues n'en auraient fourni que 36, les Polonais 114, les Lithuaniens 78, la Prusse 48.
La politique des Mongols a toujours été de vivre en bonne harmonie avec les princes et le clergé, mais d'accabler les populations. Cette politique a eu pour conséquence de créer une situation exceptionnelle aux grands princes moscovites. Néanmoins,
(1) De Haxthausen, Ibhlem, Z" vol., cliap. ii, pages 75-76.