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LA RACE

étages d'assemblées où seuls les nobles peuvent entrer, dominées toutes par des réunions soudaines où cent mille hommes à cheval et armés accourent de toutes parts, tantôt pour délibérer, tantôt pour influencer le vote par la menace du veto d'un seul délégué d'entre eux ; par suite ni administration réelle, ni finances, ni impôts permanents. Et cependant ce régime a duré, avec des tempéraments, dans les premiers temps, au moins sept siècles.

I. La race. — Salvandy a tracé, il y a plus de soixante ans, avec beaucoup de vigueur, le véritable caractère de la nationalité de la Pologne. Bien souvent le caractère d'une nation explique ses destinées. « Il a fallu quinze siècles aux nations pour (( se fixer et s'affermir sur les domaines qui étaient échus à « chacunes d'elles... Les Polonais et les Russes descendent de « la race slave, sans parler de toute une ceinture de Slaves « rangés sur les confins de la Russie et de la Pologne. Les « Polonais, seuls entre tous, demeurèrent sans nul mélange « avec des races étrangères; ils ont subsisté jusqu'à nos jours, « avec leur gloire propre et leur liberté native, comme un grand « débris de l'ordre antique, étouffé lentement parles progrès du <c nouveau (1) ».

La Pologne en est restée à ce qu'était, sous Charlemagne, la Gaule franco-romaine. Elle n'a pas même su se donner les institutions de la royauté de saint Louis qui, cependant, n'auraient pas suffi à constituer la nation française ; elle n'a pas connu la puissante trituration de l'époque féodale, qui a assis les diverses classes de la population sur le même sol, qui les a associées à une même destinée, qui a préparé l'émancipation et l'élévation à la propriété du solde l'ancien serf. Le serf questal devenait propriétaire en France au moment où il était réduit en Pologne à la condition (ïadscriptus glebœ, peut-être plus dure que dans les Gaules du vi" siècle.

Continuant le tableau historique de la Pologne, Salvandy montre (2) les Polonais restant longtemps nomades, ne connaissant pour richesse que le bétail, accablant leurs esclaves de

(1) De Salvandy, fJist. de Jean Sobreslii, p. 12, édit. 1844.

(2) De Salvandy. Ihùlem, p. 16.

G88 LE TERRITOinE.

corvées, maintenant avec eux une barrière infranchissable, n'ayant connu ni l'autocratie souveraine qui, cliez les Russes s'établit partout, ni « la fe'odalité qui devait, après un travail u douloureux de plusieurs siècles, enfanter des biens sans nom- (( bre. De là vient que la Pologne n'est plus. De là vient qu'elle « donne le spectacle d'une nation sans peuple, d'armées sans « discipline, sans persévérance, sans infanterie, de frontières « sans places fortes, de cités sans bourgeoisie, sans commerce, « sans industrie, le spectacle enfin d'une république où les con- « tre-poids sont partout et le pouvoir nulle part ».

De tous les groupes slaves, le groupe polonais est considéré comme celui qui a le plus fidèlement représenté, par ses qualités comme par ses défauts, la race slave, race brillante, aimable, chevaleresque, mais anarchique. « Après mille ans, aujourd'hui « même, la plupart des Slaves n'ont pas encore vu se fixer leur « destinée (1) ». En tous cas, il doit être l'un des plus anciens groupes, comme le pensait Salvandy, comme l'a démontré depuis Schafarik et, à l'origine, le plus important.

11. Le territoire. — Salvandy fait rayonner le territoire, occupé par ce groupe, des bords de la Baltique, de l'Elbe, au delà de la Vistule jusqu'au Danube et au Dnieper au Sud, englobant les Wendes, le Ilolstein, le Mecklembourg, le Brandebourg, la Lusace, la Silésie, la Poméranie, la Lithuanie,la Courlande, au iXord, la grande Pologne entre la Vistule et la Warta, avec ses vieux foyers Gnessen et Posen, au centre, la petite Pologne ou Russie rouge contenant la Podolie, la Bukowine, la Wolhynie, l'Ukraine. Il est certain qu'en ce qui concerne la Russie rouge, les renseignements donnés par Nestor sont favorables à cette extension du groupe slave polonais. Au xii^ siècle le groupe polonais joue dans le monde slave, un tout autre rôle que le groupe des tribus Slaves et Tchoudes, que gouverne la Droujina des princes varéguiens. Au Nord, le groupe germanique ne s'est pas encore concentré dans le Brandebourg.

Mais les éléments du groupe slave de la Pologne restent flot-

Ci) Salvandy, ibidem, p. 15.

(2) Lavisse et Humbaud, Jli.t. gâaôrale, l'-' vol., p. 725.

LES LECHS. 689

lants, incertains; ses limites, dans des plaines immenses, des forêts (1) et des mare'cages impénétrables, sont toujours variables, changeantes (2), ses populations instables. A l'Ouest, les Germains à titre de colons, à l'Est, les tribus slaves dont la de'composition produira les Ruthènes, pénètrent de toutes parts. Sur ce territoire incertain, le va-et-vient est tout aussi grand qu'en Russie.

III. Origines. La Lechie, état nomade. — Aussi toutes les recherches des historiens sur les premiers temps de la Pologne « n'ont abouti à aucun résultat certain. Quelques-unes de ses « plus anciennes légendes s'appellent les légendes Scandinaves, « et plusieurs écrivains en ont conclu que les Normands auraient « été en Pologne, comme les Varègues en Russie, les créateurs « de l'État. D'après d'autres écrivains, une famille originaire de « Croatie, qu'une tradition postérieure rattacha au légendaire « Piast, aurait soumis les Slaves de la Vistule et de l'Oder ». Ptolémée ayant mentionné, au second siècle, les Bulansprèsde la Vistule (3), il semble plus probable que les Lechs, signalés par Nestor, comme une Confédération slave importante, auraient, postérieurement à Ptolémée, occupé la Pologne centrale, la grande Pologne , comme les Hongrois devaient occuper plus tard la Pannonie, et, dans la même condition de race conquérante et militaire. Le nom de Polianes, que Nestor ajoute à celui de Lechs, indiquerait la contrée d'où ils venaient, celle des Bulans, car déjà au temps de Nestor ;4), les Lechs ou Polianes avaient une grande intluence dans la Russie rouge. Toutefois les Lechs n'ont pas donné leur nom au territoire des Bulans. Ce territoire a conservé le nom de Polé, Pologne. Dans son remarquable livre sur la Pologne, Lelevel oppose la Lechie, la

(1) La forc't de Blalowitz avait 52 lieues et demie carrées.

(2) La superficie de la Pologne a varié dans la proportion de 1 îi 3. La Pologne comprenait : 1" la petite Pologne, agrandie de la Moldavie et de l'Ulcraine, comprenait 11 palatinats ou voiéwodies; 2" la gi-ande Pologne, agrandie de la Courlande, de la Prusse royale et de l'Esthonie, comprenait 14 palatinats; 3^ la Lithuanie, agrandie de la Prusse ducale et de la Livonie, comprenait 11 iialatinats.

(."5) Ptolémée, livre second, chap. xii.

( i) Chrouiiiue d- Ne-tor, traduction, Paris, cliap. m.

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terre des Lechs, à celle de Pologne, la terre des Bulans, des Polianes. Les Lechs n'étaient pas moins nomades que les Hongrois. Les Lechs ont rempli, dans la grande plaine (Polé) des Bulans, le même rôle social et historique que les Hongrois en Pannonie. Ils formaient une Confédération de nomades, qui s'est superposée à de plus anciennes populations. D'oîi la puissante noblesse polonaise, plus nombreuse encore que la noblesse hongroise, de race différente, et à laquelle a manqué tout contrepoids. En Russie, le contrepoids a été formé par la multiplicité des tribus, des Confédérations, des races auxquelles d'abord les Varègues, puis les Mongols ont imposé une centralisation, une, fusion progressive. En Pologne, les tribus des Lechs ont constitué un groupe assez fort pour vivre et se développer lui-même sans mélange. Il en a été de même des Tchèques et des Magyars. Tchèques et Magyars n'ont conservé une indépendance relative, qu'en acceptant l'union avec l'Osterreich, sous la crainte du Turc.

Aussi l'état nomade ou demi-nomade, favorisé par un territoire très étendu, sans limites naturelles précises, disproportionné avec la population, qui n'a jamais été très grande en Pologne, s"est-il prolongé jusqu'au xu* siècle, et même au delà. Les Joupanies avec leurs Joupans, leurs Ispans ont subsisté ainsi que le gouvernement, au moyen d'assemblées générales ou de district, tenues dans les bourgs (gfrorfs) et même en plein champ. Ces assemblées sont certainement une tradition de la vie nomade des grandes Joupanies. Elles caractérisent essentiellement la vie historique et politique de la Pologne, comme celle de toute l'Europe orientale au Moyen âge. Elles ont pris en Pologne un développement prodigieux, avec tendance à n'y admettre que les Lechs, les nobles, et à en exclure tout élément étranger. A l'origine, toutes les personnes libres de la tribu ou de la Joupanie y assistaient (1).

Les Joupans obéissent, plus ou moins, à un chef supérieur

(1) Ces assemblées étaient appelées zbor, sobor, sobrauie. Tout indi\'i(lu qui avait le droit d'y assister était un sorabe, un zborovique. — Lelevel, H. de Pologne,, i." vol., p. 8. — La, Russie, toute église est appelée sobor, Heu de réunion.

RÉPARTlTiOX DU TERRITOIRE. 691

qu'ils choisissent, mais qui, quoique séjournant à Kracovie ordinairement, vit, lui et ceux qui l'accompagnent, en nomade. Même à la fin du xvii« siècle, Sobieski vivait en nomade « allant « de château en château, quelquefois errant d'un site à l'autre, « plantant ses tentes partout où une belle vallée, des monta- « gnes pittoresques, des torrents, des scènes sauvages char- « maient ses regards. Il tenait là sa cour nomade (1) ».

IV. La propriété du sol : Pan, Szlachta, Emet, Chlopy. — Aussi l'e'tat communautaire, résultat de la transformation de la tribu, qui caractérise la race slave, s'est-il longtemps prolongé en Pologne et a-t-il abouti, comme en Russie et comme dans une grande partie de l'Europe orientale, à la servitude rurale, d'après des étapes identiques. « Il n'y avait pas de propriété, « dit Lelevel. Tout était censé relever de l'État. Les posses- « seurs des biens fonciers exerçaient une fonction publique. Là « où la main de l'homme, par son travail, faisait naître des « produits spéciaux, la possession prenait naissance; mais, « partout ailleurs, les dons de la nature étaient en commun, les « poissons, le miel, les forêts. On chassait librement, on abat- « tait les arbres, on faisait paître les troupeaux. Les popula- « tions étaient instables (2) ». Elles allaient et venaient comme elles voulaient, même au miheu du xii^ siècle. Toutefois, sous l'influence des idées de l'Occident, spécialement des colons venus d'Allemagne et de ceux de l'Eglise (3), il fut procédé, antërieu-

(1) De Salvandy, ibidem, p. 633. — Il ajoute : le langage, les mœurs, les vêtements se sont maintenus jusqu'à la fin du xvm» siècle, semblables aux temps primitifs. Les fourrures, la pelisse flottante, les bonnets de peau de bêtes, l'arc, le carquois continuèrent de distinguer le costume national. Les nobles se faisaient remarquer, il y a peu d'années encore, par cette étroite couronne de cheveux qui avait ceint, du temps des Scythes, leur tête rasée. Il n'est pas jusqu'au goût d'une vie errante, qui ne se soit transmis chez les descendants de cette race nomade : aller à la campagne sous des tentes, voyager de campement en campement était encore, chez la noblesse polonaise, l'un des passe-temps de l'opulence (p. 21). Cette vie nomade était favorisée par la grandeur des forêts de la Pologne et la beauté des paysages. — Forster, La Polo<jne, dans la Collection L'Univers, p. 5-iv.

(2) Il n'en était pas autrement aux États-Cnls en 1835, lors du voyage l'.e Michel Chevalier, et il en est encore de même dans divers États de l'Ouest. L'ii tiers du territoire américain n'est ni limité, ni cadastré, ni appro))rié.

(3; Lelevel, ibidem, 4« vol., p. 8-10.

692 PAN, SZLACIITA, KMETS, SCULTÈÏES.

rement au xi° siècle, entre les Joupanies, qui se fractionnèrent en districts et en communes ( Vléça), à des lotissements de terres [sortes) à temps, à vie ou à perpétuité, avec condition de retour à l'État (Pusfiùna), en cas de non existence d'héritier. Dans le vieux droit polonais, l'idée de propriété s'exprimait seulement par le mot Hcritage, Patrimoine (1). Les lots principaux furent attribués, selon la condition des familles dans les Joupanies et les tribus, aux Pan, c'est-à-dire aux chefs, comme partout ; c'est l'origine de la haute aristocratie polonaise. Ce sont les grands propriétaires, les Kniaz, vêtus de robes de couleurs éclatantes, écarlates, vertes, bleues, cramoisies, cavaliers couverts de cuirasses, avec chaînes d'or et plus tard avec des armoiries. Les noms des familles ne sont pas encore formés et distincts. Us proviendront des domaines, des localités, des fonctions, des circonstances et même des sobriquets (2).

D'autres attributions de lots, sortes, furent faites au profit des membres de la classe militaire, venant au second rang dans les Joupanies, la Drobna Szlachta (3), composant le corps principal de la classe des propriétaires polonais, appelée à jouer un rôle de premier ordre dans l'histoire de la Pologne et de toute l'Europe orientale, essentiellement rurale, presque sauvage, abandonnée à elle-même. Sans lien de vassalité, sans obligations réciproques, vivant de chasse et de guerre, héroïque, indomptable, ingouvernable, sans patrie, sans lois, sans frein, elle sera plus tard l'ordre équestre, la véritable noblesse militaire.

Une autre partie du sol fut réservée à l'Église et au Joupan principal, au Krol, qui deviendra en latin et, d'après la tradition romaine, le Roi, mais qui, en réalité, ne sera, à de très rares exceptions près, qu'un grand Joupan, un Khagan supérieur (4).

Enfin des lots furent également distribués aux membres inférieurs des Joupanies, Kmets, KnnJtons, hommes libres, formant les Anciens des petites Joupanies, ayant le droit d'as-

(1) Lelevel, ibidem, p. 12-13 à 15.

(2) Lelevel, ibidem, p. 73. — Salvaudy, p. 108.

(3) Forster, ibidem, p. 27.

(4) Lelevel, ibidem, p. 11. — Salvaudy, p. 75, préface, p. xii.

PAN, SZLACHTA, KMETS, SCULTÈTES. 693

sister au conseil local [Eu-um], avec obligation de culture et de service militaire (1). Les véritables cultivateurs, les Kmets ordinaires, reçurent, sur les lots des Joupans, de la Drobna-Szlachta et de l'Église, des concessions héréditaires, à titre de jouissance perpétuelle; ces concessions étaient les Vlokas, les Lans, les Mansi de la classe rurale. Elles eurent lieu moyennant le service militaire et de nombreuses charges, telles que Ja dîme pour l'Église, diverses redevances et corvées, droits de péage, obligations de charrois, même le cens et la taille, comme en Occident, mais sans obligation de résidence permanente. Les Kmets pouvaient même déguerpir. Ces concessions ne sont pas sans quelques rapports avec les censives et tenures roturières de l'Europe occidentale. Elles consistaient dans un démembrement usufructuaire du domaine seigneurial ou sors principal (2), portion considérée comme indisponible, vloka, par le seigneur. On retrouve, en Bosnie et en Herzégovine, la tradition de cette part indisponible au profit du cultivateur. C'est un fait de partage entre le Joupan et le Kmet, entre le seigneur et le cultivateur. L'origine de ces arrangements remonte à l'organisation de la tribu (3).

D'autre part, le bail à ferme temporaire fut aussi, de bonne heure, pratiqué, de même que dans l'Europe occidentale; il était consenti dans la portion libre [Vola) des seigneuries.

A ces divers possesseurs s'ajoutaient les divers concessionnaires, à titre temporaire ou perpétuel, de lots, de sortes ou domaines, appartenant au Roi. Ces concessionnaires étaient les Scidtêtes (4). Ils étaient nombreux et ils avaient à l'origine beaucoup d'importance.

Il résulte de ces détails que Kmets et Scuitètes purent acquérir, à titre particulier, jusqu'au .W^ siècle. Dans les anciennes répartitions des terres, au moment de la fixation territoriale des tri-

ci) Lelevel, ibidem, p. 7.

(2) Lelevel, ibidem, p. 50 et suiv., donne les détails les plus circonstanciés.

(3) G. Capus, La Bosnie et V Herzégovine, 1896, pages 207-209.

(4) Lelevel, ibidem, 4' vol., p. 47, 50, 137. — Les détails, fournis par Lelevel, sont confirmés par les indications comparatives qu'on rencontre sur la Pologne, dans les chapitres divers de VHistoire r/énèi-ale, Uanibaud et Lavisse, rédigés, en grande partie, par >f. Louis Léger et M. Ranibaud.

694 MONOPOI,ISATION DU SOL PAK LA SZLACHTA.

bus, des droits de jouissance et même, dans certains cas, de propriété', furent attribués aux divers chefs de famille non nobles des tribus, à titre de copartageants. On rencontre les mêmes faits chez tous les peuples slaves. Les paysans russes avaient aussi un droit formel d'exploitation, séparément de celui de la propriété. Il en est ainsi dans tous les États où Ton trouve la Joupanie et la Zadruga, anciennes formes communes aux terres delà tribu ou de la Confédération. Le régime féodal, au contraire, a préparé la propriété individuelle, seule propriété qui se constitue, à notre époque, dans les grandes colonisations des deux Amériques, de l'Afrique australe et de l'Australie.

Tous ces attributaires devaient le service militaire. Leurs conditions respectives étaient indiquées par un Wehrgeld de 60 marcs pour un grand noble, un kniaz, c'est-à-dire un seigneur propriétaire important, moitié pour un propriétaire noble moindre, soit un szlachcic, 15 marcs pour un Scullète et 3 marcs pour un Kmet. Mais le Kinet pouvait s'élever au rang de ScuUète, de petit noble et de grand noble. Il y avait aussi une certaine gradation dans le Wehrgeld des Kmet s (1).

Cette situation foncière et sociale a eu deux tendances très accusées, mais bien différentes. Jusqu'au xiii"^ siècle, la condition des Kmets, paysans propriétaires, possesseurs héréditaires ou fermiers, s'est maintenue ou améhorée, fait général dans l'Europe orientale et septentrionale, au point que le Kmet ne fut pas tenu d'habiter ni son sors, ni sa vloka, ni sa ferme — peutêtre celte liberté lui a-t-elle été funeste — mais à partir du xiii" siècle, tout change et au détriment des Kmets. Casimir le Grand, le roi des paysans, parvint à retarder ce mouvement de réaction; après lui, il devint irrésistible. Il a eu pour causes principales la supériorité d'influence prise par les propriétaires fonciers (Pan ou Szlachla) sur la Royauté, la monopolisation de la terre par les nobles et la nomadité générale des populations, sous l'influence certaine des habitudes invétérées des Kmets. On limita leur droit d'abandonner leurs concessions et leurs fermes; on

(1) Le marc oriental du xiii« siècle, ou allemand , peut être évalué ù 17 fr., avant la baisse actuelle de l'argent. Il y avait en Europe divers marcs.

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