MONOPOLISATION DU SOL PAR LA SZLACHTA
augmenta les corvées, les redevances, les dîmes, les cens, les tailles. Leur condition de cultivateurs libres, prenant part autrefois, à titre d'Anciens, aux délibérations du conseil de laJoupanie, devint à peu près celle de simples cultivateurs, sans servitude personnelle, mais inférieurs d'origine et en droits aux nobles militaires. Ils furent considérés comme des sujets [subditi) et non comme des propriétaires. Ce mouvement fut aussi défavorable aux bourgeois des villes, devenus propriétaires de domaines hors des villes [extra muros). En 1472, la diète générale de Korcyn déclara que toute terre noble ou ecclésiastique serait exempte d'impôt foncier. Enfin, en 1496, celle de Protrkow établit le principe général du monopole foncier ; la propriété du sol ne put appartenir qu'aux nobles de naissance. En conséquence, tous les bourgeois propriétaires durent vendre leurs domaines hors des villes. Quant aux Kmets, tout droit, soit de pleine propriété, soit de jouissance héréditaire sur la vloka des seigneuries, leur fut enlevé. Ils furent contraints de vendre leurs domaines particuliers, dépossédés de leurs fermes héréditaires sur la vloka, réduits à des fermes temporaires avec obligation de résidence et de travail forcé pour le seigneur. Ils ne purent quitter leurs fermes sans passeports. Les lois sur les vagab >nds leur furent applicables; ils furent placés sous la surveillance immédiate des Slarostes. Les seigneurs arrêtèrent seuls les conditions d'exploitation des fermes et celles des corvées. On fixa à trois jours, avec attelage, la corvée ordinaire par semaine, sauf les corvées extraordinaires. Le Kmet perdit peu à peu son nom traditionnel, pour devenir un chlop, paysan asservi. On eut recours, contre les Kmets, au moyen opposé aux seigneurs féodaux en 1789, en France; on exigea d'eux la production de titres qui n'existaient pas ou qui avaient été détruits, et on déclara les domaines nobles imprescriptibles. La dépossession des Kmets s'étendit même à ceux établis sur les domaines de la Couronne et à une partie de ceux du Clergé, parce que la Szlachta contraignit la Royauté à lui céder, peu à peu, les premiers et s'empara de force d'une portion des seconds. Les redevances de toute sorte, payées traditionnellement par les Kmets, appartinrent entièrement à leurs seigneurs, auxquels