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LES IMPÔTS EN PERSE ET EN ASIE MINEURE

nastie de Tchinghiz-Khan, a procédé comme les autres descendants du fondateur de l'empire. La guerre pour vivre, l'impôt pour préparer la guerre. C'est la condition des grandes Confédérations nomades. Les chapitres dans lesquels Marco Polo décrit les richesses accumulées par Khoubilaï, la vaisselle d'or et d'argent, les tables d'or, les robes d'or, les joyaux de 10,000 besants d'or, les 12,000 barons chevahers qui reçoivent chacun 13 robes, les 5,000 chiens pour chasser, les 100,000 chevaux, rappellent, sur un plus grand pied, le luxe sauvage d'Attila. C'est la représentation d'une rapine effrénée et d'impôts destructeurs. C'est le banditisme triomphant. Marco Polo expose ensuite l'organisation des postes, des secours, des greniers publics, des pharmacies, de l'assistance dans l'empire, des promenades plantées d'arbres (1). Resterait à savoir si tout cela est mongol ou chinois : mais ce grand luxe dévastateur, à côté d'une misère excessive, est le caractère des empires des nomades. A Bagdad, comme en Pannonie, comme à Samarcande , comme à Cambaluc.

Qu'est-il resté de tout cela? Pharaons, Persans, Grecs, Romains, Khalifes, ont laissé après eux quelques souvenirs de leur grandeur. Cette grandeur rappelle les peuples auxquels elle est due. Il ne subsiste des Mongols que les 139 bannières qui errent encore à travers le Gobi, l'Ordos et l'Alashan.

§ 3. Des impôts en Perse et en Asie Mineure sous la domination des Mongoh.

En Transoxiane, en Perse, en Asie Mineure, les Mongols rencontrèrent un élément autrement résistant et réfractaire à l'impôt que les Chinois ou les Russes, C'est l'élément musulman, avec ses deux facteurs, les Arabes et les Turcs. De celte rencontre est résulté un premier fait important, la conversion des Mongols au Mahométisme. Tamerlan était musulman. Mais la communauté de religion ne put surmonter l'antipathie des habitudes et des intérêts. Il y avait dans la Transoxiane des popu-

(It Marco Volo, m<'ni8 (■(lltion, p. 14, 329, 335, 283, 297.

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lations sédentaires, il y en avait davantage en Perse, en Arménie, en Asie Mineure. Ces populations n'acceptèrent jamais les Mongols, pas plus que les Chinois, pas plus que les Russes. Les Russes ont été les derniers à expulser les tribus mongoles, et le ramassis de nomades qu'elles entraînaient avec elles, parce qu'ils étaient les moins stables. Nomades, sédentaires ne parviennent jamais à s'entendre. Le sédentaire constitue la propriété et en vit. Le nomade la consomme peu à peu. Les fêles de Cambaluc, qui ravissaient Marco Polo, épuisaient la Chine. Le sédentaire peut supporter et a souvent pu supporter le tribut. Mais l'incertitude dans l'impôt, l'exportation de l'impôt, la perte du papier-monnaie lassent sa patience. Aussi Chrétiens, Arabes, Turcs, ces derniers malgré les liens du sang avec les Mongols, furent unanimes à les repousser. La grande lutte de Timour et des Turcs n'est pas autre chose. Les courses effrayantes, les raids de Timour ont été non moins ruineux et destructeurs que ceux de Baty et de Souboutai.

Aussi, en Transoxiane, en Perse et en Asie Mineure, les Mongols conservèrent les impôts des Arabes et les mêmes lois foncières. Ils aggravèrent les impôts, surtout en les affermant. Ils avaient, comme en Russie et en Chine, une série de contrôleurs et d'inspecteurs pour surveiller les contribuables et les fermiers. Ces derniers étaient des Arméniens ou des Juifs. Il fut procédé à de nouveaux cadastres. Les Mongols s'emparèrent de toutes les terres des domaines publics et même d'une partie des Wakoufs. Ils distribuèrent ces domaines en bénéfices à charge du service militaire : ce que devaient faire, après eux, les Turcs sur une grande échelle. Ces bénéfices furent assujettis à des redevances payables partie en nature, partie en argent. Ces mesures furent le résultat de l'influence des lois et des mœurs des populations sédentaires au milieu desquelles les Mongols se trouvèrent transportés. Il en a été de même, dans une certaine mesure, en Russie et en Chine. Un certain nombre de familles mongoles se fixèrent, abandonnèrent leur tribu, parfois même des tribus s'établirent. On retrouverait encore en Asie Mineure, en Perse, en Transoxiane, en Russie, les anciens emplacements de ces tribus. Telle a été la fixation des Turcomans et des Ar-

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