FINANCES ET TI'.É^JDR
papier-monnaie ne cessa de baisser de valeur. Alors les ministres mongols, fort habiles bien que nomades, réduisirent de plus en plus la valeur nominale des coupons. Il fallut accroître à ce point le tirage, que, chaque année, on dut le renouveler. Pour faire face aux frais, on établit un impôt spécial de 2 p. 0/0, payable en argent, sur le montant de la circulation. En outre, on tint la main au paiement des impôts en nature, car le grain valait encore beaucoup plus que Técorce de mûrier. Ce système fut l'œuvre d'un certain Ahama, de la Transoxiane, ministre des finances de Khoubilaï. Marco Polo en retrace fort bien le mécanisme et les effets, (c C'est sans fin le Trésor du Seigneur; et paie de choses <( que rien ne li couste. Et encore que plusieurs fois, en l'an, vait « son ban par la cité : quechascunqui avena or, argent, pierres a ou perles les porte à la seque (caisse) et il les fera bien paier « et largement ». Il est vrai que la sèque reprenait les coupons ou billets, mais Marco Polo ne dit pas à quelles conditions. 11 se contente d'ajouter : « or vous ai conté la manière et la raison <( pourquoy le grand sire doit avoir et a plus de Trésor que tous « ceux du monde ».
Mais les Chinois n'ont pas été de l'avis de Marco Polo. « Ce « système, poussé à ses extrêmes limites, dit, au contraire, u M. E. Pauthier, fut une des causes de la chute de la dynastie « mongole». Ogodhaï, fils de Tchinghiz-Khan, consultait un vieux ministre chinois sur l'émission d'un papier-monnaie (1236). Le vieux ministre répondit que, du temps de la dynastie d'or (les Kin), on avait émis un papier concurremment avec la monnaie. Un ministre gagna beaucoup d'argent avec ce papier. Et le surnom de seigneur Billet lui en est resté. Les choses en vinrent à ce point que pour 10,000 billets on pouvait à peine acheter un gâteau de riz. Le peuple souffrit beaucoup et l'État fut ruiné.
VI. Finances, Trésor, Richesse. — Le système financier des Mongols correspondait à leur système fiscal. Il consistait à accumuler les métaux précieux dans le Trésor des Khans. C'était le système des grandes monarchies de l'Orient. Aux métaux précieux, on joignait d'immenses approvisionnements en bétail, en grains, en étoffes, en armes, en vue d'expéditions perpétuelles. Sous ce rapport, Khoubilaï, le Khan le plus éminent de la dy-