‹ L'impôt dans les diverses civilisationsChapitre 33 sur 228 · CONFÉDÉRATIONS · texte numérisé non relu

CONFÉDÉRATIONS

pies, armées, Etats qui, bien rarement, parviennent, comme les Hongrois par exemple, à s'établir définitivement sur un territoire particulier et à devenir non seulement un peuple sédentaire, mais une nation résistante aux épreuves diverses de la vie nationale.

3° Impuissance même pour ces confédérations d'accepter ou de conserver des institutions fiscales qui leur soient propres et surtout qui aient un caractère durable, car l'impôt est l'élément fondamental de la vie des peuples.

4° Impuissance très augmentée par l'état économique des peuples nomades, chasseurs, pêcheurs, pasteurs, très rarement agriculteurs, et même agriculteurs d'occasion, d'où une notion imparfaite de la propriété foncière.

0" Elat de guerre à peu près permanent, particulièrement approprié à la tribu et aux confédérations de tribus, entraînant une pratique de l'impôt qui consiste à exploiter les peuples agricoles, nécessairement sédentaires et à vivre à leurs dépens, au moyen de contributions, le plus souvent acquittées en nature, quelquefois en métaux précieux ou en monnaie, même en papier-monnaie.

6° Répugnance des peuples complètement nomades (1) à l'impôt librement accepté, qui n'est jamais acquitté que comme redevance, mais apparition de l'impôt chez les peuples qui ne sont que temporairement sédentaires. L'impôt consiste chez ces peuples surtout dans une part en nature du produit brut, forme de l'impôt postérieure au don volontaire, qu'on rencontre dans toute organisation politique, communauté, clan, tribu, confédération.

7° Dans d'autres formations nomades, la solde, dès les premiers temps, se substitue, en nature ou en monnaie, au don volontaire ou à la redevance; mais, en général, c'est une phase préparatoire de l'impôt.

(1) M. L. C'aliuu, p. 49, nie l'ctat habituel nomade de certaines confédérations de tribus, tout en acceptant le fait de l'étroite solidarité qui relie les nomades aux sédentaires temporaires et aux véritables sédentaires, il est bien difficile d'accepter l'opinion de >r. L. Caliun.

l'impôt dans les tribus et co.nfèdératioxs. 493

80 Distribution des tribus, confédérations, peuples nomades en trois catégories distinctes, catégorie de nomades, catégorie de nomades temporaires, catégorie de sédentaires. Niebuhr et Palgrave ont mis ce grand fait en relief, quant à l'Arabie, mais il ressort également, pour tous les peuples, de l'histoire de leurs migrations et de leur établissement. L'impôt est en rapport immédiat avec ce fait. Très rare et exceptionnel chez les tribus et peuples nomades, subi ou accepté chez les nomades temporaires, il ne prend de fixité que chez les sédentaires, mais il n'est étranger à aucune catégorie (1).

L'organisation sociale et économique de la tribu présente, en effet, à divers points de vue, sur la vie indépendante de famille, des avantages certains. Les personnes qui ont pu étudier, en Algérie, la vie de la tribu, n'hésitent pas à le reconnaître. C'est, en tout cas, un organisme bien antique et essentiel dans l'histoire de l'humanité.

Au point de vue de l'impôt, c'est-à-dire du concours de chaque famille, — l'individu n'est pas à compter dans la tribu — aux dépenses communes, la famille pourvoit directement elle-même à ses dépenses; car la tribu doit être toujours en état de se défendre. C'est une armée en marche [nedja] dans laquelle chaque combattant s'arme (2) et s'entretient lui-même.

(1) BurckharJt, Z' vol., p. 1-50. — Xiebuhr, 2« vol., chap. x. — Palgrave, 1" vol., p. 28, 35. « Pendant les mois propres au.x pâturages les Arabes \ivent sous des '( tentes ; le reste de l'année, ils demeurent dans la vUle et les villages >>. — Xiebuhr, 2« vol., p. 45.

(2) Le déplacement et Vinstallation de tribus entières rendaient la conquête arabe beaucoup plus dévastatrice pour les populations vaincues. Aussi on comparait les armées arabes à des nut-es de sauterelles, détruisant tout sur leur passage. Dans une circonstance 1,000 familles coptes furent transportées près de Tunis. Les déplacements des grandes tribus sont historiquement connus. « La tribu <i formait une division de l'armée, une unité stratégique, et les rôles établis pour •< servir de base au partage du butin n'étaient autres que les listes nominatives f( de tous les membres de la tribu présents sous les drapeaux •» (Khalil Code, p. 712). — Aussi les conquêtes des Musulmans ont été faites par des armées composées de tribus. Femmes et enfants assistaient aux batailles et aux assauts des villes. L'une des veuves de Mahomet prit part à l'assaut de Damas. II en fut de même à la bataille de Kadesiah (Muir, Tlie Coran, p. 59. — Collection de la fiocietij for lyromotiug Christian knonlege, tract des plus intéressants. — Nool des Vergers, Arahi", 224-225). — Abiuihiides, Almoravides, Mériniden n'étaient que

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