‹ L'impôt dans les diverses civilisationsChapitre 58 sur 228 · EMPIRES NOMADES DE TOURAN · texte numérisé non relu

EMPIRES NOMADES DE TOURAN

établissements sont devenus des peuples temporaires dont la destinée a été diverse. Les Huns, les Avai^es ou Abars, les Coumans , les Petchénègues n'ont eu qu'une existence passagère. Les Hongrois et les Bulgares ont, au contraire, opéré avec le temps, la très difficile transformation des peuples nomades en peuples sédentaires. Ils occupent encore les territoires dont ils se sont emparés. Ils semblent appelés à un rôle important dans l'avenir de l'Europe orientale.

Huns, Avares, Bulgares, Hongrois, s'ébranlèrent à la même époque. Ils correspondent aux diverses transformations subies par les Hiong-Nou, le long du Volga et de l'Oural. Ce sont des confédérations successivpment formées, rompues et reconstituées, sous des influences diverses, des mêmes tribus nomades. L'empire de Balamir a précédé celui d'Attila, Attila celui de Baïan et Baïan celui d'Arpad (1).

Jusqu'au xv" siècle la mobilité, la nomadité s'imposaient à toutes les populations du nord et du levant de l'Europe, soit sous l'influence de leur propre état social, soit sous celle de l'intervention de nouvelles invasions des peuples de Touran, Mongols, Tartares, Turcs, Ottomans. Dans le but d'amoindrir cette nomadité, des institutions spéciales, relatives à la propriété foncière et à l'impôt, telles que le Mir en Russie et la JMduga, au sud du Danube, se généraliseront; elles fixeront les populations au sol et les prépareront à supporter l'impôt. Pendant des siècles l'individu sera hors d'état de le payer : la communauté seule du Mir ou de la Zaduga pourra y faire face. D'où on peut conclure que, chez les tribus et peuples nomades, le tribut,' et chez les tribus et peuples sédentaires la propriété du sol avec la dîme, ont été partout, aussi bien en Mésopotamie que dans l'Europe orientale, les deux formes primordiales de l'impôt.

En a-t-il pu être autrement dans TEurope de l'Ouest et du Centre, qui est demeurée également tout entière en dehors des limites de la civilisation, ayant la Méditerranée pour foyer?

(1) Am. Thierry, H. d'Atiil'i, 1" vol., liv. VI. — Sayous, E. des Hongrois, l" vol., p. 76.

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§ 6. Migrations et Nomades d'Iran.

Fort antérieurement aux migrations de la race de Touran, vers le nord de l'Europe et de l'Asie, sous l'impulsion de la Chine, d'autres tribus avaient quitté les diverses vallées de rindus pour occuper temporairement le grand plateau de la Perse centrale qui porte encore le nom d'Iran. C'est de ce plateau qu'elles ont pris leur essor vers l'Asie Mineure et l'Europe, à des époques éloignées et très difTérentes, pour s'étendre sur des territoires oii elles se sont plutôt arrêtées que définitivement fixées, car une notable partie d'entre elles sont restées à l'état nomade, jusqu'à l'époque de l'Empire romain. Les savants les plus autorisés ne sont pas d'accord sur les dates approximatives de ces migrations. Ces dates ont surtout de Timportance afin d'indiquer la durée de temps nécessaire pour la transformation en tribus sédentaires des tribus nomades. L'éminent commentateur (1) d'Hérodote, M. Georges Rawlinson, a admis que ces migrations ne seraient pas antérieures au viii", peut-être même au vu" siècle avant le Christ. On a proposé, d'autre part, d'en reculer l'époque cinq ou six siècles plus tard, entre 1,500 ans pour les plus éloignées et 600 ans pour les plus récentes avant notre ère (2). M. d'Arbois de Jubainville les éloigne jusqu'à quinze siècles. Sans qu'il soit facile de faire un choix entre des supputations si divergentes, on peut démontrer que celle à laquelle M. Georges Rawlinson s'est rallié, est absolument insuffisante pour expliquer l'ensemble de ces migrations, toutes fort antérieures à la fondation de Rome. Nous nous en tiendrons aux calculs de M. de Belloguet, qui a accepté le xiii'' siècle avant le Christ comme l'époque de l'arrivée des Basques sur les Pyrénées, précédant les Celtes (3).

En désaccord sur la durée des migrations, on s'est entendu

(1) Hérodote, traduction avec des notes des plus remarquables, 1" vol., essai xi«. Du même, Origins of nations, chap. v et vi.

(2) Les premiers habitants de l'Europe, 1889, liv. II ; Les In.do- Européens, chap. I à VI.

(3) Éthnogénie gauloise, 2^ vol., sect. v.

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