REDEVANCES ET TRIBUTS
« sachant ni gagner, ni amasser de l'argent, ne pratiquant que «, le troc. Leurs tentes sont en feutre et solidement fixées sur « les chariots dans lesquels ils passent la vie. Tout autour sont (( les troupeaux qui leur donnent le lait, le fromage et la viande « dont ils se nourrissent et ils ne font guère eux-mêmes que les « suivre de pâturage en pâturage, quittant au fur et à mesure les « lieux dont l'herbe est épuisée )>. Strabon distingue encore les nomades laboureurs des nomades galactophages. Il relève aussi l'exploitation des tribus sédentaires par les tribus nomades. « Les « Scythes ne font la guerre que pour exiger les tributs qui leur « sont dus. Habituellement, ils laissent la terre à qui veut la cul- « tiver, se contentant de prélever sur le tenancier quelques mo" a diques redevances, calculées de façon, non à les enrichir, mais « à défrayer les nécessités de leur vie et leurs besoins de chaque (( jour. Il peut arriver seulement que le tributaire refuse de payer, « auquel cas ils lui font la guerre ». Ainsi, entre les tribus nomades, le tribut est, comme dans les grands empires, l'une des origines de l'impôt. « En général, ajoute Strabon, on le refuse (( du moment qu'on se croit assez fort pour repousser celui qui « l'exige ». A l'époque où Strabon écrivait, les confédérations des Scythes s'étaient dissoutes. Leur empire n'existait plus. Ils avaient été remplacés par les Bastarnes, les Roxolans, les Gêtes. Strabon mentionne le grand empire des Gêtes, fondé par Byrebistar, leur epistate (1).
C'est au milieu de ces changements que se présentèrent successivement les diverses confédérations des Hiong-Nou, qui remontèrent par les steppes de la mer Caspienne vers la contrée située entre le Volga, la Kama et l'Oural. Elles étaient plus susceptibles de résistance, mieux aguerries que les tribus diverses ouralo-finnoises ou touraniennes auprès desquelles elles se fixèrent; elles appartenaient h un état social et politique supérieur, quoiqu'elles fussent nomades ; elles connaissaient l'impôt et la monnaie. Elles durent conserver des relations de commerce avec la Chine et l'Asie Centrale ; elles fondèrent plusieurs établissements ou Ordous (quartiers généraux) ou Hordes. Les principaux de ces
(1) strabon, Ihulcm, liv. VII, chap. 3, 5, 11.