‹ L'impôt dans les diverses civilisationsChapitre 62 sur 228 · ÉTRUSQUES, ITALIOTES · texte numérisé non relu

ÉTRUSQUES, ITALIOTES

entre l'histoire de la civilisation et de l'impôt en Grèce et en Italie. On doit sur ce grand sujet de belles pages à M. Mommsen et une sorte de vue prophétique à Michelet. L'Italie, de même que là péninsule Scandinave, est la partie de l'Europe qui a le moins souffert des migrations des peuples. Elle a repoussé les invasions des Celtes. Plus tard, elle a expulsé ou absorbé les Goths et les Lombards. Elle a éliminé peu à peu tout élément celtique ou germain. Nous avons vu que la féodalité n'y avait eu qu'une importance tout à fait secondaire. Après avoir produit la civilisation des Étrusques, puis celle de Rome, elle a fourni, dans la seconde partie du moyen âge, une nouvelle civilisation, à plusieurs égards, supérieure à celle de Rome. La civilisation des Étrusques est antérieure à la fondation de Rome; elle remonte au moins au ix'' siècle avant notre ère; elle atteste une stabilité complète, des populations, des institutions, un état social toute fait sédentaires, définitifs (1).

Michelet et M. Mommsen en ont donné la raison « Les « Galls, dit Michelet, étaient étrangers à l'idée de la cité. Leurs « villes n'étaient que de grands villages ouverts, comme Milan. « Le monde gallique est le monde de la tribu; le monde romain « était celui de la cité. Voilà la tribu et la cité en présence, M dans ce champ clos de l'Italie (2) ». M. Mommsen a développé l'idée de Michelet en faisant l'histoire des populations primitives, de ritahe, en montrant que, de très bonne heure, ces populations s'étaient fondues en une même race, les Italiotes et que la tribu s'y était rapidement décomposée engentes, en familles, en cités sous l'influence du climat, du sol et de l'agriculture (3j. La Saturnia tellus, chantée par Virgile, est la tradition nationale. Les céréales, blé, seigle, avoine, orge, riz, les arbres, les plantes, que les tribus primitives ont apportés des vallées de l'Indus, y prospèrent à merveille et fixent les populations, qui perdent toute habitude nomade, comme les Ramnenses, les Luceres et

(1) n. de France, p. 13. Noël des Vergers. L'Ktrurle et les Etrusques, 2 vol.

(2) Micali, Ihidem, chap. x. Il en est <le mémo de la condition des Sabins, Latins, Marruclns, Lucanlens, Samnitcs. Micali, Ibidem, xi à xvii.

(3) Mommsen, H. romaine, 1 vol., p. 43, 59. Micali, Ibidem, 2" vol., chap. xxiii, et XXIV très intéressants.

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