HELLÈNES
les Titienses de Rome dont la réunion ne formera pas une horde, vivant à cheval, mais une cité, vivant, grâce à la charrue, au commerce et à la douane. Dès les premiers jours, la cité romaine préleva des droits de douane (1). L'impôt et la vie même n'ont jamais fait pour Rome qu'une seule et même chose. La terre, l'impôt, la légion de fantassins (in pedite robur), c'est tout le génie de Rome.
Combien il en a été autrement de la Grèce! D'Homère à Chateaubriand, tous ceux qui l'ont décrite, si on excepte une courte période qui s'étend de la fin des guerres médiques à Alexandre, la représentent, comme envahie, parcourue, exploitée par des migrations diverses, depuis celles antérieures aux Doriens jusqu'aux Turcs ottomans. Grote et Curtius ont placé le tableau de ces migrations en tête de leurs livres sur l'histoire de la Grèce, résumant en partie les travaux d'Ottfried MuUer (2). Non seulement l'un des courants, qui étaient partis de riran, s'est dirigé soit vers la Grèce, soit vers la partie de l'Asie Mineure en rapports immédiats avec elle, mais des populations nomades, provenant de ces courants, telles que les Thraces et les Doriens, ont envahi la Grèce et s'y sont établies pour devenir peu à peu sédentaires. Les tribus qui ont fourni le noyau des cités d'Athènes, de Sparte, de Corinthe, de Thèbes, n'étaient que les débris des tribus primitives (3) M. Fustel de Coulanges a donné d'intéressants détails sur la formation de ces cités (4), fait d'ordre général en Europe, mais il n'en a pas indiqué la cause génératrice, qui n'est autre que la décomposition de la tribu nomade en divers groupes, clans, familles, phratries, parce qu'elle devient sédentaire. Tous les petits peuples du nord du Péloponèse, de l'Épire, puis de la Macédoine, de la Thrace, de l'Illyrie n'ont été longtemps constitués que par des
(1) Mommsen, Tbidem, p. 61.
(2) Curtius, E. de la Grèce, chap. il et n'. Grote, History Grèce, tome II, cliap. XVIII et SX. — Thucydide, livre !'=■■, § 2, paragraphe d'une grande importance.
(3) Voir ci-dessus, livre II, chap. ii et m.
(4) La cité antique, livre III, chap. ii. M. Fustel de Coulanges n'a étudié (lue les fondements citadins, religieux de la tribu, — ils ont leur Importance, mais ils ne viennent qu'au second rang.