RÔLE HISTORIQUE DES GOTHS
ques ruines qu'on puisse leur attribuer. On rencontre encore dans l'Alashan, l'Ordos et le Gobi les bannières de la plupart des tribus Mongoles; les Goths ont été entièrement absorbés. Même en Suède et sur les bords de la Baltique, on ne retrouve, comme souvenir direct de leurs migrations, qui ont eu tant d'importance, que le nom qu'ils ont donné à la plus belle partie de la Suède, lout le midi de la péninsule, le Gothlandou Gothie, avec l'île de Gothland. Le tombeau de Théodoric II à Ravenne, l'alphabet gothique et la traduction de la Bible par Ulphilas ; c'est tout ce qui reste d'eux. Ils ont cependant, fondé plusieurs empires, notamment celui d'Hermanaric au iv^ siècle, et trois royaumes, en ItaUe, en Gaules, en Espagne; tout '"°!a a été totalement détruit. Aussi tiennent-ils un rang secondaire dans l'histoire de l'impôt à côté des Francs qui n'ont pas joué leur rôle dans l'histoire générale. C'est qu'ils étaient, malgré leurs établissements, tout à fait nomades, comme l'a dit Horace (1).
Campestres melius Scyttho?
Quorum plaustra vagas rite trahuut domos
A'ivunt, et rigidi Getœ
Immetata quibus jugera libéras
Fruges et cererem ferunt
Nec cultura placet longior annua.
Les Gètes ne sont autres que les Goths. A une époque , qui peut être indiquée comme la fin du ii^ siècle de notre ère , les Goths, formant une agglomération de Confédérations (2), quittèrent pour chercher de nouvelles terres, la Scandinavie et les bords de la Baltique, sous la direction des deux familles royales, les Amalings et les Balthings, de leurs principales Confédérations, destinées à devenir les Ostrogoths et les Wisigolhs. Exactement comme les Cimbres et les Teutons avaient quitté la Chersonèse
(1) Horace, Odes, livre III, XXIV.
(2) Telle que les Suèves si importants fi l'époque de Tacite {De Morïbvss, XXXVIID. Majorem enlm Germaniaî partcm obtinoiit, pi-opriis ad hue natlonibu8 nominlbusque discreti, quamquam in communi Suevi vocentur.
EMPIRE d'hermanaric. 593
cimbrique, entraînant avec eux ou précipitant Gêtes, Gépides, Sarmates, Vandales, Slaves, ils gagnèrent, vers 2o0, les bords de la mer Noire, d'où ils dirigèrent une terrible course maritime dans la mer Noire, la mer Egée, la Méditerranée, à peu près au moment où les Francs en organisaient une à travers l'Océan et le détroit de Gibraltar. Bientôt leurs hordes arrivèrent jusqu'au Danube. Pour les arrêter, les Empereurs romains durent leur payer tribut. Dès lors, toutes les peuplades, qui étaient derrière eux, vinrent les rejoindre; leurs forces augmentèrent; c'est l'époque du célèbre empire d'Hermanaric qui parait s'être étendu delà mer Noire à la Baltique, le long du Dnieper et de la Yistule. Les Goths s'étaient déjà partagés en Wisigolhs, Goths de l'Ouest, et en Ostrogoths, Goths de l'Est. Hermanaric, de la race des Amalings, était le roi des Ostrogoths (1).
Les rapports des Romains et des Goths, malgré les perpétuelles migrations de ces derniers, avaient conservé un caractère pacifique à raison du tribut et de la solde, payés aux Goths entrés au service romain (2j, lorsque se produisirent, dans le monde nomade, l'ébranlement des Huns (3) et, dans le monde sédentaire, l'épuisement des ressources. Après Constantin et ses successeurs, le tribut ni la solde ne furent plus acquittés (4). C'est alors que les Wisigoths, commandés par Fritigern, livrèrent à Valens la terrible bataille d'Andrinople (9 août 378). La plupart des crises successives, qui ont amené la fin de l'empire d'Occident et de celui d'Orient, ont été provoquées par le refus du tribut exactement, comme dans l'histoire des anciens empires d'Assyrie et de Babylone. Il en a été de même pour les iMongols. Le paiement des tributs leur suffisait (oj. Puis après Tliéodose, le partage de l'empire fut suivi d'un nouvel affaiblis-
(1) The Goths, par Henri Bradley, chap. ii. excellent chapitre. Jornandè's, chap. IV.
(2) Léotard, Conditions des Darlnur.t etablix dans VKminre romain, chap. I, n, m.
(3) Cet ébraulemeut des Huns est un grand fait histori<iue, analogue i\ celui des Arabes au viii« siècle et des Mongols au xnr.
(4^ Léotard, Tbidem, p. 30 : Bradley The Onths, § 5; .Sheppard, p. 189; Amnnen-Marcellin, liv. XXXI; Jornandès, chap. xxiv. (5) Bradley, Ibidem, § 8, 9 et 10.