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LA PRISE DE ROME ET LE TRIBUT

sèment. Les Wisigoths et les Ostrogoths reprirent alors leurs mouvements. Alaric, de la souche de Balthing-s, conduisit ses tribus en Grèce, puis en Italie, s'empara de Rome (1) et exigea de Rome un tribut : Facta est sub tributo , comme Jére'mie dit de Jérusalem. Ses successeurs se fixèrent dans les Gaules et, des Gaules, s'établirent définitivement en Espagne. De leur côté, repoussés de Constantinople, les Ostrogoths, après avoir dispersé les Gépides et les Hérules, s'emparaient de l'Italie, d'où Justinien les expulsa. Ils disparurent totalement de l'Italie, comme se fondent les neiges. En Espagne, les Wisigoths purent durer jusqu'à l'arrivée des Arabes, au commencement du viii"^ siècle; mais, quand ils furent vaincus par les Arabes, ils étaient en complète décadence et leurs jours étaient finis (2).

Ils avaient conservé, en partie, au milieu de l'Espagne romaine, tout autrement riche et civihsée que les Gaules, leurs habitudes nomades. Leur armée consistait surtout en cavalerie (3). C'est à eux que remonte la servitude pastorale de la Meta, longtemps un fiéau pour l'Espagne. Comparant leurs conditions économiques et sociales, dans la Gaule méridionale, avec les textes de Tacite sur les institutions et les redevances diverses en Germanie, Fauriel (4) admet que peu de changements y avaient été apportés. Il en dut être de même en Espagne. Dans les leges Wisigothorum, ou Forum judicum, qui remontent à 650 environ, on ne rencontre aucun texte fiscal, pas plus que dans les autres Barbarie leges (5). Les ressources des rois Wisigoths provenaient principalement des domaines royaux et des amendes, ainsi que

(1) Bradley, Ibhlcm , p. 93. Alaric exiij:ea 40,000 livres d'or, 40,000 d'argent, 4,000 de soie brute, 4,000 robes teintes de pourpre et 4,000 livres de poivre (alors rare). Voilà les Nomades ([ui, selon l'abbé Dubos, payaient la capitatio tcrrana. Montesquieu a vu plus clair.

(2) Rosew Saint-HilaU-e, HM. iVEsipa<jne, 5'' vol. 175-185.

(3) Rosew Saint-Hilaire, Ibidem, p. 649-652.

(4) Fauriel a traité ces questions avec grand soin, Gaule mèridionnlo, chap. X et XI, payes 484-562. Il montre que les Wisigoths étaient restés nomades, que les conditions de la culture, des esclaves, des charges étaient à peu près les mêmes qu'à l'époque de Tacite.

(5) Elles sont toutes réunies dans le Recmll d'Hcinecius, 1738. Rosew Saint- Hilaire, if; ic/('?)t, 1" vol. in fine.

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