NOMADES DE MER
de communautés de terre, ayant droit aux mêmes redevances, sur terre ou sur mer, que les chefs de clan et de tribu. Les liens entre les membres du Cappar et leur chef étaient les mêmes que ceux indiqués par Tacite (1) pour les Germains. « Dans le choix <( des rois, ils ont égard à la naissance; dans celui des chefs, à « la valeur; les rois n'ont pas une puissance illimitée et arbi- « traire; les chefs commandent plus par l'exemple que par l'au- « torité. Ils s'attachent à des chefs dans la force de l'âge et dès « longtemps éprouvés... Celui qui se distingue par le nombre de « ses compagnons devient glorieux et sa renommée s'étend au « loin (2) )>. Les femmes mêmes entraient dans ces guildes et devenaient des pirates de mer. Ainsi se constituaient des clans, des tribus de mer ayant le pillage pour seul objet (3). A cet effet, les ]Norses firent construire des barques de 30 à 40 pieds de long qui pouvaient à la fois pénétrer dans les Fjords Scandinaves et se glisser le long des fleuves des pays voisins. L'équipage, composé d'hommes et de femmes, rompus à toutes les fatigues, animés de sentiments sauvages, préparés à la guerre de mer et à la guerre de terre par un entraînement spécial, était un instrument de guerre formidable. Vikings, Berseker, entretenaient leur indomptable courage et leur férocité par des chants barbares dont plusieurs, comme celui de la mort de Ragnar Lodbrog, ont été conservés. Ils s'organisaient en flottille de 100 à 300 navires, parfois davantage. C'était, pour l'époque, une force irrésistible.
Les ravages de ces pirates, nomades de mer, se sont prolongés pendant "200 ans. Ils ont accablé les Gaules, bien plus que les invasions desGoths, Burgundes, Francs, peuples nomades, mais dotés de coutumes régulières. Ils étaient plus dangereux que les Arabes ou les Mongols ; on ne peut comparer leurs ravages qu'à ceux des Huns, des Avars ou des Hongrois. Entreprises de piraterie et de pillage, les Kaempe étaient régies par les traditions des associations de mer et non par les coutumes terres-
(1) De .Uorihm, XV.
(2) The nien of thç Dragon Sliips, chap. i, tlu livre de Mail' Sarah O.-ne Jewett.
(3) DeppiDg, Hist. den expcditiuiis tntmtimes ries yMinands, !«■■ vol. ch. n.