SURVIVANCES DU SYSTÈME
Le système fiscal qui fut inventé à la fin du ur siècle fit preuve d’une extraordinaire vitalité, d’une puissance d’adaptation qui lui permit de survivre aussi bien dans les royaumes Barbares que dans l’Empire Byzantin. Retracer ses transformations serait écrire un important chapitre de l’histoire de la propriété paysanne. Nous voulons seulement monrer, par quelques exemples, quelle fut en Occident et en Orent la persistance de la législation fiscale du 1v° siècle.
En Italie, dans le royaume d’Odoacre et dans celui des Ostrogoths, on continua de tenir à jour les registres publics en y marquant les mutations de propriété : en 489, nous voyons qu’un certain Pierius ayant reçu une terre d’Odoacre, le nom de Pierius remplaça celui d’Odoacre aux polyptycha publica (5) ; en 540, à l’occasion de la vente d’une parcelle d'un fundus, le tabularius sera chargé par les curiales le transférer au nom du nouveau propriétaire la jugatio de la parcelle vendue (6). Salvien signalait déjà l’abus commis par les riches lorsqu'ils rejetaient sur les pauvres leur part d'impôt : Cassiodore atteste qu’il en est de même dans
(1) Abus condamné par Julien, Th. XIT, 1, 54.
(2) Abus condamné par Constantin, Th. XI, 7, 2, et Valentinien IX, Th. XIE, 1, 186.