‹ L'Impôt Réel et L'Impôt PersonnelChapitre 1 sur 73 · DR 1. INTÉRÊT DE CETTE ÉTUDES · texte numérisé non relu

DR 1. INTÉRÊT DE CETTE ÉTUDES

Parmi toutes les questions qui agitent l'opinion et occupent les Parlements des pays civilisés, il en est

une qui attire avec une singulière force l'attention de

tous, pauvres el riches, humbles el puissants : je veux

parlér de la question financière. De tous temps, la ques-

tion d'argent fut une question de vie ou de mort pour

Les nations comme pour les individus, et longlemps en-

core, croyons-nous, elle pèsera, accablante et irréduc-

lible, sur Les destinées des peuples comme sur le bon-

heur des personnes. Comment s'étonner dès lors, qu’elle

puisse faire naître tant de passions, provoquer tant

.de lutles, puisqu'elie renferme dans son sein de si ne | graves intérêts.

Il n'est pas nécessaire, quand on veut se rendre AA compte de l'importance de cette question et de la place qu'elle occupe dans les préoccupations des qouverne-

ments, de procéder à de minulieuses recherches : il suffit de lire les comptes-rendus officiels des débats

pee

des Parlements modernes pour être édifié. C’est un fait incontestable que les gouvernements actuels ont besoin d'argent el même que jamais ce besoin n'a été aussi grand que maintenant. Sous toutes les latitudes, sévit cette hantise particulièrement irrilante : Le déficit. Chaque année, avec une régularité désespérante, il se dresse, grandi de quelques millions, devant les ministres des Finances francais, anglais, allemand, italien, américain, el l’obsession qu'ils en ont s'exprime par ce refrain perpéluel qui accompagne toules leurs doléances, tous leurs vœux : « De l'argent, il nous faut de l’argent ! » C’est le chancelier de l’Echiquier, M. Lloyd George qui, en 1909, réclame 350 millions de francs, el les impôts nouveaux, créés pour combler ce gouffre, déchainent un très grave conflit de pouvoir entre les deux Chambres. C'est Le chancelier de l'Empire allemand qui avoue, en 1908, qu'il lui manque 525 millions de francs: la réforme financière nécessaire provoque aussi une crise, el le déficit se prolonge, eur le Reichstag reste sourd à une partie des sollicitations du secrétaire du Trésor. Même misère aux Etals-Unis de l'Amérique du Nord : en 1908-1909, Le déficit s'élève à 500 -millions de francs et le Trésor cherche son salut dans la loi du 5 août 1909 ou nouveau Tariff Act, qui modifie les tarifs douaniers. Chez nous enfin, l'argent manque aussi. Le 19 novembre 1909, à La Chambre des Députés, le ministre des Finances déclare qu'il a besoin de la modique somme de 200 millions de francs, el c’est là suns doule une déclaralion

modeste, destinée à préparer l'opinion à une réalité

Re aus . recettes dont üis ont besoin ? À la vérité,

les Elals ont un assez grand nombre de moyens pour

remplir leurs caisses. Is peuvent d'abord, comme Les particuliers, utiliser ieurs ressources personnelles, » venus de leurs domaines, de leurs exploitations … trielles. Mais ce n'est pas là ce qui nous intéresse. Nous roulons parler ici d'une manière plus commune de se procurer de l'argent, l’impôt. L’impôt est, de nos jours, une source universelle, généreuse, qui fournit la vie à une grande partie des budgets modernes :

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