VI PRÉFACE
solliciter dix autres. Grâce à la haute protection du président de la Chambre, M. Floquet, j'en pus obtenir cinq : total, trente-cinq. Ce n'était pas la famine, mais c'était la disette. Je fus obligé de rédiger une circulaire pour faire part de ma détresse à mes correspondants, et les informer que je ne pouvais répondre au désir des personnes, qui s'intéressent à cette étude, qu'en lui donnant la forme d'un livre ordinaire.
Vraiment, en France, dans ce pays démocratique, sous un régime de discussion, nous gardons la vieille tradition du gouvernement à huis clos. Les documents administratifs ne sont distribués qu'à des privilégiés; les documents parlementaires ne sont pas mis régulièrement en vente, avec des prix marqués, comme en Angleterre. On ne peut se les procurer que par faveur ou par raccroc. Le Journal officiel^ il est vrai, les publie bien, mais par parties morcelées impossibles à réunir, et paraissant souvent un an après la fin de la discussion à laquelle ils devaient servir de base.
Cette parenthèse fermée, je profite de la liberté que me donne cette publication indépendante pour remercier la Commission du budget d'avoir bien voulu me charger de faire ce rapport.
PRÉFACE. Vîl
C'était une grande marque de confiance de sa part, car personne n'ignorait que j'étais partisan de rimpôt sur le capital. J'espère que je ne m'en suis pas montré indigne ; j'ai apporté dans cette tâche un désir d'impartialité d'autant plus grand que je soumettais mes idées antérieures à un nouveau contrôle. Quoique ayant trop l'habitude d'être dans la minorité pour en être effrayé, je n'aurais pas mieux demandé, sous tous les rapports, que de me trouver d'accord avec mes nombreux collègues qui font du mot : « impôt sur le revenu », une panacée fiscale.
Mais, malgré toute ma bonne volonté, mon désir de conversion, cette nouvelle étude a confirmé les convictions que j'ai gardées de mes relations avec M. Menier.
Si j'avais eu mission de conclure dans ce rapport, j'aurais aflSrmé que plus que jamais je croyais à la nécessité de l'établissement de l'impôt sur le capital.
Je suis resté enfermé dans les limites de mon mandat; mais les faits exposés concluent pour moi. Ce travail sera utile si, dans l'esprit de ceux qui voudront bien le lire, il laisse les impressions suivantes :
Ire.
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