MÉRITES ET DEFAUTS DE L IMPRESSIONNISME
OU de Londres, comme MM. Lionel Walden, Frieseke,. Morrice, sont inspirés directement de l'impressionnisme : si ce' nest dans la technique, c est dans un sentiment nouveau des valeurs, dans la mise en cadre que se retrouve cette influence. Sur tous ces hommes s'étend la vivace prolongation du mouvement français, et on peut dire que c'est d'abord à létranger qu'est revenu Ihonneur de reconnaître la tradition véritablement autochtone de cet art, et d'enrichir ses collections et ses musées d'œuvres dédaignées dans le pays qui les avait vues naître. A l'heure actuelle, dans le inonde entier, jusqu'au sein des académies, on se ressent des ciïets de cette vision nouvelle, et dans les Salons, d'où les impressionnistes restent exclus, on assiste à une invasion de tableaux qui s'en inspirent, et que les jurys n'osent plus refuser (i). Dans quelque mesure que les peintres récents acceptent limpressionnisme, ils en demeurent préoccupés, et même ceux qui ne l'aiment pas sont forcés den tenir compte.
On peut donc dès maintenant envisager le mouvement impressionniste, en dehors des polémiques, sans attaques vaines et sans louanges exagérées, comme une manifestation artistique entrée dans le domaine de
(i) M. Alfred RoU, avant tous, s'est inspiré de Manet ; M. Gervex, à ses heureux débuts, Duez, Ulysse Butin, Norbert Gœneutte, ont été des succédanés du réalisme-impressionniste bien plus nettement que Bastien- Lcpage et son école, qvii ne surent pas trouver une direction nette entre l'Ecole et Manet. De ce dernier M. Gaston La Touche a été l'élevé, et a retenu les principes, dans sa chatoyante vision décorative.
l'histoire, el léludier en lui appliquant avec impartialité les procédés d analyse critique qu'on a coutume d employer en étudiant les meuvements picturaux antérieurs. Nous n'aurons pas prétendu ici donner une histoire complète et sans défauts, mais simplement nous nous estimerions mieux que récompensé de ce travail destiné à la diffusion dans le grand public, si nous lui avions inspiré de la curiosité et de la sympathie pour un groupe d'artistes que nous considérons comme admirables, et si surtout nous pouvions rectifier aux yeux des lecteurs les erreurs, les dénigrements, les reproches immérités dont on s'est fâcheusement plu, en France même, ù couvrir des créateurs sincères qui songeaient avec foi et amour à la pure tradition du génie national, et qui ont pour cela été aussi vilipendés que s'ils s'étaient, dans un accès de folie anarchique, levés contre le bon sens, le goût, 1 esprit et la clarté qui demeureront les mérites éternels de leur terroir. Ce petit volume imparfait trouverait peut-être sa meilleure excuse dans son intention de réparer une si longue injustice par l'exposé de la simple vérité. Cette injustice a été réparée en détail par les fervents admirateurs qui n ont pas cessé, depuis 1 origine, de répondre aux attaques faites à Manct et à son école, et les ont souvent, à lexemple de Zola, détournées sur eux-mômes. Mais il n'ont pu être que l'éternelle minorité en face du monde académique, des jurys, de la critique, et do la foule d'incapables qui
MARY CASSATT. — Mère et enfant (Collection de M. C. Lawrence, New-York).
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s'y mêle auprès do quelques connaisseurs. La devise que Manet avait choisie, en plaisantant mais non sans la fierté légitime que lui permettait sa conscience, ((Manet cl ina/ichif y), doit être aujourd'hui devant l'histoire nationale celle de cet admirable mouvement dont il reste l'initiateur glorieux.
Appendice