VIGNEUL
Et la conscience, le sentiment du devoir?
HÉLÈNE
Hélas, on ne raisonne plus, quand on aime !
DE SERRIÈRE
C'est l'anarchie !
HÉLÈNE
C'est l'amour.
DENISE, çjentiment, gravement^ en lui envoyant un baiser du bout des doigts.
Toi, bravo !
JACOUES
Madame Ravenel a raison. L'amour souffle où il veut. Et quand il souffle !...
{Il rejoint Denise que vient d'aborder M. de Serrière. Les groupes se reforment : les conversations reprennent. iWauroy, madame de Serrière et Colette papotent ensemble, en redescendant vers la terrasse.)
madame de serrière C'est de la dernière immoralité !
DE SERRIÈKE
Jolis principes !
NAUROY
Elle va bien !
PIERRE, à Hélène^ avec une nmerlume secrèle. {Ils sonl au cenlie de la scène.)
Mes compliments... Quelle éloquence !... On voit que le sujet vous inspire... Cette chaleur, cette conviction!...
HÉLÈNE
Eh bien ?
PIERRE
Eh bien... vous m'apparaissez sous un jour nouveau, voilà tout.
HÉLÈNE
Dites le reste.
PIERRE
Je pense qu'on ne peut parler avec cette sincérité que de ce qu'on ressent, profondément... Vous vous êtes avouée, sans y songer!
HÉLÈNE
Moi!
Et comme vous ne m'aviez pas dit... comme je n'ai pas su deviner...
HÉLÈNE
Mais quoi?
PIERRE, gravement.
Que vous aimiez... qui vous aimez... Alors je m'en veux de m'être assez cru votre ami pour mériter toute votre confiance, et je vous en veux... je vous en veux de cette confidence à tous, de ce secret gaspillé, comme