‹ L'imprimerie à Poitiers et dans la VienneChapitre 24 sur 65 · CHAPITRE COMPLÉMENTAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE COMPLÉMENTAIRE

Poitiers, le 14 novembre 1894.

Nous allions renvoyer à notre imprimeur la dernière épreuve de cette brochure quand nous avons trouvé dans la Revue de Saintonge et cTAunis^ du l*' novembre 1894, un article de M. A. Claudin , de Paris • provoqué par nos récentes publications. M. Claudin est un savant qui a de l'autorité dans le domaine bibliographique, et nous avons lu son article avec attention. Il ne partage pas notre manière de voir sur Torigine du premier atelier typographique de Poitiers, il discute nos opinions avec toutes les ressources que lui donne son expérience en semblable matière, et il expose un système qui diffère sensiblement du nôtre et lui est tout personnel. La critique est loin de nous déplaire, et nous allons passer en revue très brièvement les points qui nous ont le plus frappé dans l'étude de notre honorable contradicteur.

M. Claudin considère comme d'origine douteuse l'édition du De Indulgentiis y de Jean de Fabrica, que possède la bibliothèque de Besançon ; il la reporterait en tout cas en 1482 ou 14SS au plus tôt, et même en 1487 ou 1488. Il rejette de la liste des impressions poitevines le Tractatus de horis canonicis^ d'Albert Trottus, sur lequel nous avons été nous-même très réservé. — Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit sur ce sujet.

M. Claudin recherche le chanoine illustrissimus dans la maison duquel le Breoiarium historiale de 1479 a été imprimé, et son choix s'arrête sur Bertrand de Brossa. — Nous avions de notre côté mis en avant les noms de Simon Hennequin, Bertrand de Brossa et Pierre de Sacierge. Nos préférences étaient pour ce dernier, mais nous avons reconnu que l'impression du De IndulgentiiSy si elle remonte à 1478 , lui enlevait cet hon-

neur. Aujourd'hui Ténigme est restée aussi impénétrable que devant. Tous les deux nous avons fourni des présomptions plus ou moins fondées, des raisons de sentiment, mais pas l'ombre d'une preuve. Quel sera demain Tavocat de Simon Hennequin, ou de Thomas de Landaz, ou d'Ythier Durand, ou de tout autre membre de Taristocratique chapitre?

Nous apprenons par une longue note justificative que Taffirmation qui présentait, dans le Bulletin mensuel de la Bibliothèque nationale, n® d'avril dernier, Etienne Sauveteau comme le premier imprimeur de Poitiers, est due â M. Claudin. Il reconnaît loyalement son erreur et en accepte la responsabilité.

— Nous sommes heureux d'avoir fait pénétrer notre conviction dans son esprit. Aussi bien la cause d'Etienne Sauveteau étaitelle irrévocablement perdue après notre démonstration.

M. Claudin parle après nous des Casus longià'BM^ Régnier, imprimés à Poitiers en 1483 />é?r magistrum Johannem Stephanumque de Gradibus. Il n'accepte pas l'identification que nous avons proposée et d'après laquelle Jean de Gradibus serait Jean Gradi , devenu plus tard professeur à Lyon ; et il fait de nos imprimeurs deux personnages étrangers l'un à l'autre par le nom, dont l'un serait un certain maître Jean, dans lequel il reconnaît Jean Bouyer, le futur associé de Guillaume Bouchet, et dont l'autre, Etienne de Gradibus, ne serait qu'un aide obscur.

M. Claudin persiste donc à voir dans Jean Bouyer l'imprimeur du Grecismus Ebrardi auquel il attribue la date de 1487.

Tous ces livres d'ailleurs , qui étaient des découvertes pour nous, n'en étaient pas, paraît-il , pour Térudit libraire parisien.

— Dont acte. Mais si nous ne les avions pas fait connaître avec beaucoup d'autres ouvrages, le public les ignorerait encore. L'intervalle de plus d'une année qui s'est écoulé entre nos deux mémoires témoigne cependant de peu de précipitation de notre part.

En somme , nous n'avons pas présentement de motifs suflSsants pour modifier les conclusions auxquelles nous sommes arrivé, ni les hypothèses que nous avons émises, et nous n'au-

rions pas retardé l'apparition de notre brochure par la rédaction de ce chapitre complémentaire si nous n'avions à faire deux rectifications, dont Tune s'adresse à notre honorable contradicteur, et dont l'autre trouve sa place à l'occasion de son article.

• Dans une note très embarrassée, M. Claudin, après s'être

excusé d'avoir confondu en une seule personne « maître Jean et Etienne des Grez ou des Degrez», dit qu'il a pu depuis comparer les Casus longi avec le Breviarium hisloriale et s'assurer de l'identité des caractères, et il ajoute : « De ce fait nous avons tiré la conclusion logique que maître Jean et Etienne des Grez ou Desgrez pouvaient être les proto-typographes poitevins si longtemps cherchés. Nous tenons à établir la priorité de cette découverte en notre faveur ».

Franchement, la prétention est un peu forte, et nous ne nous y attendions guère. Il y a là une équivoque que nous tenons à dissiper. La découverte de Johannes Slephanusque de GradibuSy quelque traduction qu'on donne à leur nom, comme premiers imprimeurs de Poitiers, est la nôtre et non celle de M. Claudin. Dans V Intermédiaire de l'Ouest^ paru le 19 août 1893 avec la date de juin-juillet, notre adversaire établissait en des termes que nous avons reproduits in extenso page 2S cidessus, que, de 1483 à 1487, maître Jean-Etienne des Grez avait continué l'imprimerie. D'après lui-même l'imprimerie fonctionnait donc auparavant à Poitiers sous une autre direction , car pour la continuer il fallait qu'elle eût déjà commencé. Dans le Bulletin mensuel de la Bibliothèque nationale, d'avril 1894, qui était alors son organe, le même M. Claudin disait ou faisait dire encore qu'Etienne Sauveteau était le premier imprimeur de Poitiers, ce qui corroborait et complétait sa première assertion. Son système a changé depuis que nous avons publié nos articles dans la Reoue poitevine el saintongeaise , et il répudie aujourd'hui Sauveteau. Maissaam cuiquCy à chacun selon ses œuvres. A nous Jean et Etienne de Gradibus, que nous avons présentés comme les fondateurs de la typographie poitevine ; à M. Claudin le maître Jean, devenu à ses yqux Jean Bouyer, et Etienne des

Grez , son aide , qui , d'après son précédent système , n'étaient que les continuateurs de Timpriaierie.

Nous demandons pardon au lecteur de cette petite discussion personnelle, mais il nous a paru utile de ne pas laisser s'accréditer une légende contre laquelle protestent les faits.

Notre seconde rectification met encore M. Claudin en scène, bien qu'ici il ne s'agisse pas uniquement de lui. Pressé de nous combattre et de prendre date, il n'a pas attendu la dernière partie de notre étude et il constate que nous n'avons trouvé des traces de l'association de Jean Bouyer et de Guillaume Bouchet qu'à partir de 1496, ce qui était vrai après notre premier travail de 1893. Il a trouvé mieux que cela, dit-il, et il cite la Logica velus, imprimée par les deux associés avec la date du 12 septembre 1491 et une marque dont nous nous occuperons tout à l'heure. Si notre savant adversaire avait pris lecture de la Reçue poitevine et sairUongeaise du 15 octobre 1894, qui contient notre seconde liste des impressions de Bouyer et de Bouchet, il ne nous aurait certainement pas adressé cette critique dans la Revue de Saintonge et (TA unis du 1""^ novembre, car c'est à la même date que lui que nous avons fait remonter la société de nos deux typographes, et cela d'après le même volume.

En effet, bien que M. Claudin ne cite très discrètement que le colophon et la marque typographique de la Logica velus et s'abstienne de révéler où elle se trouve (1), il ne nous a pas été diflBcile de reconnaître le volume que nous avons cité imparfaitement, page 35 ci-dessus, comme appartenant à la bibliothèque de Limoges.

Ici une petite explication est nécessaire.

Ce livre dont nous pressentions toute la valeur, nouô en avions découvert l'existence par son inscription au Catalogue

(I) De notre côté, nous ayons toujours libéralement indiqué la source de nos documents, tant manuscrits qu'imprimés , et chacun peut les contrôler et en faire usage. Nous serions cependant reconnaissant à ceux qui daigneraient s'en servir de vouloir bien citer notre nom.

imprime (1); mais quand nous nous sommes présenté pour l'étudier à la bibliothèque de Limoges, le l"*" juillet dernier, il était parti pour Paris depuis le commencement de décembre 1893. Nous avons donc dû nous résoudre avec un très vif regret adonner uniquement la mention textuelle du Catalogue, mettant ainsi notre responsabilité à couvert. Après dix mois d'absence, le précieux volume est enfin revenu à Limoges dans le courant d'octobre dernier, mais trop tard pour que nous puissions en insérer la description dans la Revue poiteoine et safntongeaise du même mois. Prévenu de sa réintégration dans son domicile naturel et légal, nous nous sommes empressé d'aller l'examiner, et grande a été notre surprise quand nous avons constaté que le volume contenait sous la même couverture deux œuvres très distinctes, quoique dues aux mêmes imprimeurs, et que le rédacteur du Catalogue , qui ne s'en était pas aperçu, avait amalgamé le titre de l'un avec le colophon de Tautre: Aujourd'hui, puisque l'article de la Revue de Saintonge et d'Aunis nous en offre l'occasion, nous allons reprendre notre

description. Mais dans la situation difficile et anormale

qui nous a été faite, qui pourrait nous reprocher l'inexactitude du Catalogue dont nous avons été contraint de faire usage? Nous faisons observer que nous décrivons d'abord l'ouvrage qui occupe la seconde place sous la reliure , mais qui est le premier en date.

1. — LoGiCA II VETNS. ï^oitiors, J. Bouyer et G. Bouchot, 1491, in-fol. goth. de 58 ff. non ch., sign. aii-i iiii, texte à 2 col. de 57 lignes par page, titres courants , initiales réservées. Les cahiers a et i sont quaternions, tous les autres sont ternions. Le 3* et le 3^ feuillet du cahier i sont signés par erreur i iii et

1 nu.

Le l*"" feuillet est occupé seulement par ce titre très court de Logica vetns (pour vêtus) et par la marque typographique que nous donnons ci-dessous. Le v^ est blanc. Le texte commence

(1) Catalogue méthodique de la bibliothèque communale de Limoget, par Emile Buben. Limoges, imp. de Ghapoulaud frères, 1858-1863, 3 toI. in-8<>.

ainsi au haut du 2* f.: circa iibram porpbî||rii mouetur prima q||stio Ttnim

logica sit scia. Il se termine au r*" du 58® f., 1" col., par ce colo-

phon : Finem sQpsit logica yetus duol|decima die septembris Anno dni || milllo quadrlgêtesimo nonageslo l| prlo. pictauis Ipressa per magistrû || loannem bouyer. et magislrum || Guillermum bouchet. Il n'y a pas de lettres ornées ni gravées sur bois dans le cours de l'ouvrage, mais on voit au V** du f. b i une figure appelée l'arbre de Porphyre, et aux 2* et 4* f . du cahier i , ainsi qu'après le colophon, une figure linéaire qui encadre diverses propositions de logique (1). Le papier n'a pas de filigranes.

1 bis. — QUESTIONES SUPRA LOGICAM NOUAM ARl|lST0TELIS : SECUNDUM DOCTRINAM DOCTO-[|rIS SANCTI THOME DE AQUINO *. N0UI-||TER CORRECTE EMENDATEQW^? ET IPRESSE. PoitiorS , J.

Bouyer et G. Bouchet, 1492, in-fol. goth. de 88 Et. non ch., signés A ii-F iiii et g-1 iiii , texte à 2 col. de 57 lignes par page, titres courants. Tous les cahiers sont quaternions.

Le r° du l*"" f . porte avec ce titre la marque de Jean Bouyer et de Guillaume Bouchet, dont nous publions le fac-similé dans nos planches, n^ 1109 du recueil de Silvestre. Le v** est blanc.

Au 2* f . signé A ii : Texlus [\ Prima opportet dicere circa Çd || et de quo est intentio quoniâ circa || demonstrationë et de disciplina de||moDstratiue : deinde determinare [| quid est propô et quid terminus qd |] siliogismus quis

perfectus et quis II imperfectus. Le texte se termine au v® du 88* f., 1^ col., et est suivi de cette souscription : Glosule pervtiles super logica [| noua aristotelis secundum mente || sâcti tbome de aquino doctorîs fa||ma super etbera noti finiût : picta-|Iuis impresse : Anno domini miliiô || qaatrlgêtesimo nonagesimo secundo [| Die décima octaua mensis iunii.

On trouve déjà dans cette impression les lettres initiales gravées sur bois et ornées qui ont été employées plus tord pour les Questiones Antonii Andrée de 1495 (voir le n° 3 de notre liste ci-dessus). Tout le r® du 7* f. du cahier B est rempli par une grande figure ou tableau synoptique qui contient les principes des syllogismes (2).

(1) Les matières qui composent Touvrage sont : Liber predicabilium, Liber predicamentorum. Liber sex principiorum. Liber primus et 8ecunduM Periermenias,

12) Voici le contenu de ce traité : Primus, secundus liber priorum, Pri-

Le papier des cahiers A-g n'a aucun filigrane; celui des cahiers h et suivants porte sur chaque feuille Técu à 3 fleurs de lis couronné.

Ces deux ouvrages sont réunis sous une reliure moderne en parchemin. Leur état matériel serait satisfaisant si d'affreuses piqûres de vers qui ont atteint le texte n'avaient perforé tout le volume. La Logica oeius est la moins maltraitée, mais les Questcones ont subi un désastre lamentable. Sm* iê 1^** f . du vol. on lit cet ex-libris du couvent des i^«§iiB&W«» de/

en écriture du xvii® siècle: a Ex Bibliotheca minorura conuentus Lemouicœ».

Quelques observations sont communes aux deux parties de notre recueil. Ni Tune ni l'autre ne contiennent de pièces liminaires, de table ni de registre. Les caractères sont nets et paraissent neufs, la justification est très régulière, le tirage parfait, le papier beau et solide; en un mot, ces deux œuvres, qui sont les premières que nous connaissions de J. Bouyer et de G. Boujchet, réunissent, à part quelques petites incorrections de texte, toutes les qualités typographiques et faisaient bien augurer de l'avenir de l'association. Elles sont exécutées dans les mêmes conditions, ont la même physionomie, et l'on comprend que le rédacteur du Catalogue, sans prendre le temps de compulser chaque feuillet, ait cru n'avoir affaire qu'à un seul traité de logique. Les grands titres^ les titres courants, les sommaires et la première ligne de chaque paragraphe sont en lettres de gros calibre; le corps des deux ouvrages est en lettres plus petites. Ce sont les caractères que nous sommes accoutumé à voir dans les incunables poitevins du premier groupe, mais avec quelques différences. Ainsi nous relevons dans les majuscules du petit texte des C, des D, des E, des P et des S qui ne se rencontrent pas dans le Breviarium historiale, pris toujours par nous comme terme de comparaison à cause de son authenticité indiscutable. Il nous semblerait donc que Bouyer et Bouchet, au début de leur association , auraient renouvelé l'appro-

mu8, secundus liber posteriorum , Primus.., octavus liber topicorum, PrimuSy secundus liber elenchorum.

Tisionaeinent de leurs caractères, tout en conservant les mêmes types.

Revenons maintenant à la marque dont les deux associés ont

loffEca

fait usage pour la Logica oetus. C'est sur le livre de la bibliothèque de Limoges que nous la voyons pour la première et unique fois; le fac-simile que nous présentons nous dispensede la décrire. Sans hésitation possible, ou doit y reconnaître le bois qui a servi pwur l'édition sans date du CoiUumier de Poitou, qui passe pour la plus anciennement imprimée, marque n" 240 du recueil de Silvestre , que nous avons reproduite dans notre première étude en l'attribuant aux de Marnef. Mais il est nécessaire d'insister sur les modifications qu'on lui a fait subir. Un des deux filets qui l'encadraient a été supprimé. Entre les

jambages de la grande lettre M on a gravé avec quelques ornements les lettres J B*", qui sont évidemment les initiales du nom de Jean Bouyer. Dans les coins supérieurs, deux fleurs de lis ont été ajoutées. Enfin, dans la partie vide du cercle qui sert de base au grand M on a encore placé une troisième fleur de lis. Ainsi rajeuni^ le dessin n'a pourtant pas perdu son cachet originel.

M. Claudin a tiré un grand parti de cette marque pour soutenir sa thèse de Jean Bouyer, proto-typographe de Poitiers. Voici d'ailleurs la courte analyse de son argumentation , dont nous empruntons autant que possible les expressions mêmes.

Le maître Jean, l'un des deux imprimeurs qui ont exécuté en 1483 les Casas longi, ne peut être que Jean Bouyer.

C'est lui qui a imprimé en 1487 le Grecismus Ebrardi dans l'atelier de Saint-Hilaire, et il est cette main savante et habile dont il est parlé dans une des pièces liminaires du volume, Pictaois impressii docta sagaxque manas,

Jean Bouyer peut très bien avoir été choisi et mis à la tête de l'imprimerie patronnée par Bertrand de Brossa. Après la mort de son protecteur, arrivée en 1482, il prit des arrangements avec ses ayants droit et continua à diriger l'atelier, de concert avec son aide qui n'était peut-être qu'un simple ouvrier envoyé de Paris, puis avec Etienne Sauveteau, libraire et relieur en 1486-87.

Lorsqu^il s'agit par la suite de mettre une marque aux produits typographiques de l'imprimerie de Saint-Hilaire , on prit le symbole de Jésus et le monogramme de Marie avec ses attributs, et cette marque se trouve en tête d'une édition latine in-4'* des Fables d'Esope (que nous ne connaissons pas), et à la fin du Coutumier de Poitou^ de même format (que nous avons déjà décrit).

Enfin cette même marque, avec suppression d'un filet de cadre, a été employée par Jean Bouyer qui l'a fait reservir à son usage personnel en y ajoutant les initiales de son nom et les

trois fleurs de lis de Tabbaye royale de Saint-Hilaire, telle qu'on la voit sur la Logica vêtus.

Après cette «démonstration», M. Claudin croit la preuve faite que Bouyer est bien le maître Jean nommé à la fin des Casus longi de 1483^ et qu'il a aussi imprimé le Grecismus Ebrardi; enfin il « revendique pour lui [Jean Bouyer] Thonneur d'avoir été le proto-typographe de Poitiers et d'être Saintongeais d'origine».

La première revendication de M. Claudin lui est bien acquise et la paternité de maître Jean ne lui sera pas disputée. Quant à la seconde, il y a beau temps que noâ lecteurs savent, par les extraits du testament de Bouyer, que nous avons cités, qu'il était originaire de Mauzé où il avait son patrimoine. Il serait toutefois plus juste de dire qu'il était Aunisien, car Mauzé était situé dans le pays d'Aunis qui, depuis le xiv" siècle, formait une province à part, relevant du Poitou sous le rapport administratif et judiciaire, et du diocèse de Saintes sous le rapport ecclésiastique. On sait bien cela à Saintes, où se publie la Revue de Saintonge et d^Aunis.

Mais le temps et l'espace nous manquent pour discuter la thèse de M. Claudin ainsi que quelques autres assertions que nous avons rencontrées dans le cours de son intéressant article. Nous jugeons seulement opportun de rappeler, en regard de son système, celui que nous avons adopté nous-même :

Le De IndulgentiiSy de Jean de Fabrica , a été imprimé à Poitiers, probablement en 1478. Nous sommes plus réservé en ce qui concerne le Tractatus de horis canoniciSy d'Albert Trottus, dont nous n'avons vu ni l'original ni les photographies.

Les Casus longi de 1483 ont été imprimés par Jean et Etienne de Gradibus , et le premier nous semble pouvoir être identifié avec Jean Gradi , ou de Gradibus, ou des Degrez, qui devint plus tard professeur de droit à Lyon.

Tous les incunables poitevins que nous avons cités jusqu'à 1486 environ sont dus à ces mêmes imprimeurs.

En 1487, Etienne Sauveteau et Guillaume X... qui leur ont succédé impriment les Bréviaires d'Auch.

Ils sont remplacés à leur tour par Jean Bouyer et Pierre Bellesculée qui produisent les Heures d'Angers.

Une nouvelle association entre Jean Bouyer et Guillaume Bouchet produit en 1491 la Logica vêtus et se continue jusqu'en

La marque au grand M , n** 240 de Silvestre, peut être attribuée aux de Marnef .

Le même bois, décoré d'ornements nouveaux, a servi en 1491 à Jean Bouyer et Guillaume Bouchet, et nous donnerons plus tard à ce sujet une explication différente de celle de M. Claudin.

Nos positions respectives étant ainsi bien établies, il est loisible à notre honorable adversaire de reprendre et de développer ses conclusions, s'il le juge à propos. Nous avons fourni à no» successeurs dans cette voie épineuse assez de matériaux pour faciliter leur tâche.

Les premiers incunables. 5

Les premiers imprimeurs 18

Les impressions de Jean Bouyer et de Guillaume Bouchet. ... 34

Les frères de Marnef 46

Les libraires 49

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