II DÉBUTS DE L'IMPRIMERIE
Requin, à Poitiers après nous-même. Celte méthode a Pavantage de préserver le travailleur de seconde main des périls de l'inconnu, tout en lui permettant de prendre sa part dans la récolte préparée par les ouvriers de la première heure. Sic vos non vobis... En ce qui nous concerne, il ne nous déplaît pas de voir un nouvel historien s'engager sur nos traces, alors même qu'il ne nous cite guère que pour nous combattre. Nous admettons volontiers son droit à la critique et nous userons à son égard de la même indépendance. Du choc des idées jaillira peut-être un peu de lumière.
Il est permis de supposer que nos travaux sur les premiers temps de l'imprimerie à Poitiers ont attiré l'attention sur les incunables de cette provenance et ont provoqué quelques découvertes. Aussi, après toutes les éditions poitevines de ces temps reculés que nous avons si péniblement recueillies, M. Claudin, servi par sa profession de libraire et ses nombreuses relations, a réussi à grossir cette liste de plusieurs livres ignorés jusqu'ici et enfouis dans les profondeurs de bibliothèques publiques ou de collections particulières. Ces bonnes fortunes n'arrivent qu'à des chercheurs habiles comme lui, el nous l'en félicitons sincèrement. Le plus important de ces livres, à nos yeux, est la Grammaire de Michel de Naples, datée de 1490, parce qu'elle se place dans celle période assez obscure qui, entre le Bréviaire d'Auch de 1487 et la. Loffica velus de 1491, n'avait produit, à notre connaissance, que les Heures d'Angers parues sans date. Pour la facilité de la discussion que nous aurons à soutenir au cours de cette étude, nous donnons la descriplion de ce volume, en laissant à M. Claudin l'honneur de la découverte (1) :
(i)Le seul exemplaire connu a été inscrit ainsi dans le Catalogue des incu-
A POITIERS m
Grammâticb mbthodus siue breuis ac II.facilis ars ad BONAs ARTES. — Poilicrs, SEDS nom d'imp., 1490, in-4* goth. de lOOiT. non chif., sign. ai-nii^ tantôt à longues lignes et tantôt à 2 col.
L'ouvrage débute au verso du 1" feuillet par cet intitulé: Breuis ac facilis via ad bonas artes^ qui est suivi d'une épltre adressée à Tauteur par un inconnu. Tout le volume est imprimé avec les caractères de petit et de gros calibre du Breviarium hisloriale. La souscription esf au verso du 100* et dernier feuillet : Michaelis neapolitani latini viri clarissimi de gram \\ matica bene meriti grammaiice methodus siue bre \uissxma acfadlxma ars ceteras ad bonas artes {lon= \\ geni aliis dariorem facilioremvbe?ioremquedoctrinam \\ continens) pro comunioim iuuenum vtilitate nouis\\sime pictauen édita, finit féliciter: Anno domini mil\\ lesimo. quadringentesimo nonagesimo. xi Aa/endas. maii. Le litre de l'ouvrage en deux lignes, tel que nous l'avons donné ci-dessus, est placé au verso du dernier feuillet, parlicularilé que l'on rencontre quelquefois dans les incunables. Les imprimeurs ne s'étant pas nommés, nous ne saurions dire si cette impression appartient à la première association de Jean Bouyer avec Pierre BellescuUée ou à celle qu'il forma ensuite avec Guillaume Bouchet.
M. Claudin ne s'est pas borné à citer les livres que nous avions déjà décrits et ceux qu'il doit à ses recherches personnelles ou à d'obligeantes communications.il a émis des théories nouvelles et il a bâli sur l'histoire des débuts de
nahles de la Bibliotk^.que de la ville du ManSy rédigé par Fénclon Guérin et imprimé dans ceUe ville en 1802 :
Belles-Letlresy n* i/|i. — Alichael Neapolitani grammatice methodus. — Effila piclivcn. — Anno millesimo quadringentesimo nonag:csimo. — i vol. pet. in-4o.
Ce catalogue ne nous était pas encore parvenu quand nous imprimions nos notices en 1893 et 189/1.