‹ L'imprimerie à Poitiers et dans la VienneChapitre 35 sur 65 · XXXII DÉBUTS DE L*IHPRIMERIE · texte numérisé non relu

XXXII DÉBUTS DE L*IHPRIMERIE

de la Somme rurale^ de Jean Boutillier, est de Lyon, Jacques ArnoUet, 1503, in-fol. Puis Timpression de ses ouvrages se succède avec une fécondité remarquable; ce sont toujours des travaux de droit civil ou de droit canon et, à vrai dire^ des compilations, des commentaires^ des annotations, plutôt que des œuvres originales (1). Il nous parait appartenir à cette catégorie de savants qui, moyennant un honnête salaire, préparent sur commande des éditions pour les libraires.

(i) Nous renvoyons à la liste donnée par le Dictionnaire historiaiie, de Prosper Marchand, verbo Des Déferez (Jean). Cependant cette liste, malgré sa longueur, est loin d*étre complète et nous pouvons Taugmenter des ouvrages suivants :

i^ Bartholomei Cepolle tractatus de urbanorum etrusticorum servitutibua... Necessariam emendationem et additionem meruere per egregium virum magistruni de Gradibus, in nobili ac regia urbe Galltarum Lugdunen. ibique cum accurata diligentia impressi. S. a. (vers i5o5j, în«4*.

a* Decisiones per... Guidonem Pape olim composite nuperque recensiter correcte.. . necnon cum additionibus egregii viri domini Johannis de Gradibus utriusque juris pToîessoris... Lugduni, Jac, Euguetan, bibliopola {impr. per Slepkanum Baland)^ iÔ junii I0O8, In-4. — Ltigduni, Jac. Huguetan (impr, per Jac. Myt), i^ii, In-4. — Lugduni^ sumpt, Symonis Vincent, 6ibllopole^ i52o. In-4.

3. Decisiones capelle sedis archiepiscopalis Tholose una cum additionibus additis per egregium virum dominum Stephanum AufFrerii... (Au colophon :) Ëxpliciunt decisiones... Additis novis additionibus per egregium virum ma- ^strum Johannem de Gradibus utriusque juris professorem diligen tique cura impresse Lugduniiper Franciscum Fradin impressiorie arti$mag%strumanno domini M. ccccc. viijy die vero xxij mensis aprilis, In-4- — Lugduni^ per Jacobum Mytt 47 januar. 4542. In-4. — LugduniyA du Ry,45S9. In-4. — Lugdunif G. Giuncti, 4534, In-8.

4. Doctrinale florum artis notarié sîve formularium înstrumentoram novissime diligenti opéra egregii viri magistri Johannis de Gradibus utriusque juris professons correctum ac emendatum. (A la fin) : Impressum per Tnomam de Campants, expensis vero Hugonis Fatot bibliopole LugdunensiSf anno domini M.ccccc.x. In-8. — Lugduni, per Gilbertum de VillierSy 4521, die quarta mensis julii, In-8.

5. Alphabetum aureum... Pétri Ravennatis [tali... Per egregium virum Magistrum Johannem de Gradibus utriusque juris professorem aogunctœ sunt apostille certis locis necessarie. Nec eCFugit presens opusculum utilem ejusdem de Gradibus limitationem. Lugduni, s, n« dHmpr,, vi februarii 454 1» ln-8, — Lugduni, Joh, Marîon, 4547. In-4.

6. Opus preclarum.. . Angeli Aretinî utriusaue juris professoris clarissimi super quarta parte Institutionum. . • (A la nn) : Ëxplicit... una cum perutili directorio novissime compilato per egregium virum magistrum Joaniiem de Gradibus juris utriusque professorem... Impresaa Lugduni per Anionium Du Ry, impensis vero.,, Jacobi q, Francisci de Giunta, 4523, vûi mensis aprilis. In-4.

A POITIERS xxxm

Il avait entrepris la publication de la collection des Conciles, d*Alexandre Tartagni d'imola. Un des volumes de cette collection donne un renseignement qui apporte encore de la consistance à nos conjectures ; il est cité ainsi par Prosper Marchand : « Yolumen VI^ noviter per Dom, Carolum, ejus [Johannis de Gradibus] Blium dilectissimum^ in lucem editum, elc,, etc. In oppido Tridini, per Joh. de Ferrariis, aliàs de Jolitis, die 13 martii 1533, in-fol. » Charles, fils de Jean de Gradi, pour être en état d'annoter et d'éditer un volume des Conciles, devait bien avoir en 1523 une trentaine d'années au moins, ce qui s'accorde parfaitement avec l'âge que nous donnons au père. On remarquera encore que ce volume est imprimé à Trino, et d'après Marchand il n'est pas le seul, ce qui montre que Tauteur avait conservé des relations avec son pays d'origine.

Tout en mettant sa plume et son savoir juridique au service des libraires, Jean de Gradi exerçait à Lyon d'autres fonctions en rapport avec ses aptitudes ; il était professeur de droit. La plupart de ses ouvrages le désignent avec celte qualité Ae professer utrhisque juris. S'il eût enseigné dans une Université quelconque, il n'aurait pas manqué de se qualifier de docteur régent en cette Université, en y joignant quelques épithètes bien ronflantes; mais il lui fallait se contenter d'un titre plus modeste. La grande cité lyonnaise n'avait pas d'Université ; elle ne possédait que des écoles libres où on enseignait la pratique du droit et où un simple licencié pouvait occuper une chaire ; or Jean de Gradi n'était que licencié, ainsi qu'un texte nous le montrera bientôt.

M. Claudin a cité (p. 76) une petite impression de 8 feuillets in-4% sans nom de ville ni d'imprimeur, où le titre de mattre des requêtes est donné à Jean de Gradi. C'est un

xxxiv DÉBUTS DE L'IMPRIMERIE

Monitoire de par nostre salnct Père le Paf)e contre les Vénitiens^ daté du 27 avril 1509^ qui âe termine ainsi : Translate fuerunt hec présentes littere apostolice sanctissimi domini nostri Julii secundi pape moderni de lingua latina in gallicum per egregium virum magistrum Johannem de gradibus utriusq ne juris prof essor em magistr unique requestarum illtistrissimi domini nostri Ltidovici régis francorum principis crislianissimi. Cette pièce ne laisse pas de nous embarrasser un peu. Les maîtres des requêtes étaient des magistrats d'un ordre fort élevé, et le Jean de Gradi que nous connaissons nous paraît un bien petit personnage pour siéger en aussi noble compagnie ; aussi hésitons-nous beaucoup à accepter le titre dont il se pare en cette circonslancc. Les maîtres des requêtes n'ont pas passé sans laisser de traces. D'après Pierre deMiraumont (l) et François Blanchard (2), ils étaient au nombre de huit sous le règne de Louis XII. Blanchard en donne une liste qui passe pour exacte; Jean de Gradi n'y figure point. Mais nous y avons relevé entre autres noms celui de Michel Riz, un Italien de la famille noble des Rici de Naples, savant jurisconsulte, qui, déjà conseiller au Parlement, fut nommé maître des requêtes en 1506 et mourut le 13 décembre 1508. 11 ne fut remplacé que le 9 mai 1515, car les registres du Parlement portentà cette date la réception d'Antoine Le Viste, chev., sgr de Fresnes, Saint-Gobert, Arcy et Montmorillon (3),

(i) Les Mémoires de Pierre de Miraumont,,,, sur Vorigine et insiiiution des Cours souveraines et Justices royalles eslans dans l'endos du Palais Royal de Paris. Paris, Claude delà Tour, 1612, in-8.

(2J Les Généalogies des Maistres des Requestes ordinaires de t*hostvl du Roy. Pans, Jacques Le Gras, 1670, in-fol. — L'exemplaire de la Bibliothèque Nationale est complété par des annotations manuscrites qui lui donnent une grande autorité.

(3) La famille Le Viste était orij^inaire de Lyon et a occupé pendant longtemps les charges les plus honorâmes. Il y a encore à Lyon, près de la place Bellecour, une petite place à laquelle elle a laissé son nom.

riant à celle modeste somme de xxx livres, qui repréplle la valeur du moliiiier sujet fil'impôl; elle montre que B élèves et les libraires de Jean de (iradi ne lui avaient B apporté la fortune. Mais on rel iondra surtout cette quai de n licencié en loîx », qui prouve son identité et jusâfie ce que nous avons avancé sur ses éludes de droit à flUnIversité de Poiliers.

Pour résumer notre discussion , ce nom de de Grad'éiis, si

î en France qu'il est une exception, nous le trouvons sur

■ois scènes différentes : dans le Milanais, avec le concours

Si'Argelati; à Poitiers, dans la souscription du Casusiongi;

i Lyon, dans de nombreux ouvrages imprimés et dans des

lèces d'archives. Nous comparons ces trois sources d'in-

nation^ nous les conlrûlons Tune par l'autre, nous grou-

î les renseignements épars, nous voyons que tout se

icîlie parfaitement, l'enchaînement des faits, lus dates,

gc et les qualités caractéristiques du sujet en cause, et

IBBarrivons logiquement k cette conclusion formelle que

"nôna n'avonsd'a!'" ' ijue comme une liypotliî^se :

a apporté d'Italie à

Ijiil encore inconnu ;

lili h Lyon où il est

l^lié de nombreux

il faudrait jiréten-

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Jt'iin. ont vécu à la

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