ACTE DE NOTORIÉTÉ de la sènècha tissée et siège royal
de Chàtellerault et pays Chàtelleraxidais en Poitou^ du 31
mai 1770 y rendu en vertu d'arrêts de nos Seigneurs du
Parlement de Paris. A Chàtellerault, de rimprimerie de la
veuve Guimbert, 1770. — In-4* de 3 p.
(Archives de U Vienne.)
Sar le droit de représentation des frères consanguins ou utérins en ma* tière de saceession, diaprés la Coatame de Poitou.
RECUEIL des plus beaux Xoéls vieux et nouveaux^ choisis entre tous ceux qui ont paru jusqu^à présent ; exactement revus et corrigés^ avec une Table. A Chàtellerault, chez la veuve Luc Guimbert, imprimeur du Roi et de la Ville, 1770, avec Permission. — In-12 de 144 p.
(Coll. Alf. Richard. — Coll. A. Labbé.)
ALMANACH de Chàtellerault pour Van de grâce mil sept cent soixante onze. Contenant le lever et coucher du Soleil pour le 46 degré 35 minutes delatitude^et les phases de la Lune. Avec F Etat ecclésiastique de Chàtellerault, les paroisses de son Election Jes noms et demeures de MM. les officiers des JurisdicHonset de la Maison de ville depuis la dernière création. Imprimé pour cette Election. A Chàtellerault, chez la veuve Luc Guimbert, imprimeur du Roi et de la Ville, avec Permission de Messieurs les Officiers de police. — In-24de 98 p.
((MX. A. Labbé.)
N*est pas le premier de la série, car à la fln il donne le mot dHine énigme proposée Tannée précédente.
REQUÊTE adressée au Roi par les juges et consuls des Marchands de la ville de Chàtellerault en Poitou^ tant en
place actuellement que ci-devant, au sujet de la Déclaration de Sa Majesté du 7 avril 1759^ qui restreint le ressort des juridictions consulaires à l'étendue des sénéchaussées ou bailliages de feurs situations ou positions^ ce 10 décembre 1770, A Ghâtellerault, de rimprimerie delà veuve Luc Guimbert, imprimeur du Roi et de la Ville, 1771. — In-4° de 10 p.
(Coll. Georges Page.)
REQUÊTE à Monsieur le lieutenant général criminel de la sénéchaussée et siège royal de Châtelleraulty par Joseph lioisnardy marctiand accusé. Contre M. le Procureur du Roi du même siègCf demandeur et accusateur, Ghâtellerault, chez la veuve Guimbert, 1772. — Ia-4® de 40 p.
(Coll. A. Labbé.)
A U ROI et à Nos Seigneurs de son Conseil. A Ghâtellerault, chez la veuve Guimbert, 1772. — In-i** de 128 p.
(Bibl. de Poitiers.)
Mémoire présenté par le marquis de Pérusse d'Escars, qui avail acquis, le 16 décembre 1770, le duché de ChâlellerauU cl s'en voyait cooteater la perception des revenus par les agents du use.
ARREST du ConseiUVétat du Roi ^ qui maintient les privilèges des provinces de Poitou^ Auvergne^ Limousin^ Haute- Marche et autres provinces rédimées des Gabelles^ et en conséquence révoque Varrêt du Conseil du 3 octobre 1773, et tout ce qui s'en est suivi (14 octobre 1774). Auquel on a joint le notable contrat de 1553 et la Déclaration du Roij du 26 octobre 1617. Le tout imprimé par ordre de MM. les Magistrats municipaux de cette ville. A Ghâtellerault, de l'imprimerie de la veuve Guimbert, imprimeur du Roi, 1774. — In-4« de 28 p.
(Bibl. de Poitiers. — Coll. Alf. Richard.)
Ce fut dans sa séance du 25 novembre 1774 que la municipalité ordonnt celle impression et le dépôt d'un exemplaire dans ses archives u comiie un monument précieux de la vigilance du corps de ville pour la conservation des privilèges du pays ». {Livre de raison (Tune famille ChàlelietaudaiH'j par l^lruest Godard, I. U, p. 21i.)
ELOGE HISTORIQUE de Michel de L'Hôpital, par un vieux avocat retiré du service. Edimbourg, 1776, — ln-8*del93p.
(Coli: Alf. Richard.)
Par M. Bourgeois, avocat à la Rochelle. Dans une note du catalogue icaiiiiscrit de %* bibliothèque, Jouyiieau-Dealoges dit que c'est lui qui lut chargé par l'auteur de faire imprimer cet ouvrage et qu'il le tit imprimer à Châtellerault. Nous ne savons pourquoi on a donné la fausse adresse d*Kdimliourg. Heut-étre y a-t-ii dans l'ouvrage des hardiesses de langage et dei allusions qui nous échappent aujourd'hui.
ORDONNANCE de la sénéchaussée et siège royal de Châtellerault, concernant les inhumations précipitées. Du 14 février 1778. A Châtellerault, chez la veuve L. Guimbert, 1778. — In-4«>de 6 p.
(Archives municipales de Châtellerault.)
JOURNÉE CHRÉTIENNE, contenant les pHères quV faut faire le matin et le soir, et autres prières pendant la journée. Pour Vusage des petites écoles religieuses de la Congrégation de Notre-Dame de Châtellerault, A Châtellerault, chez la Y. Guimbert, imprimeur du Roi, avec Permission et Approbation de M^ rÉvê jue, s. d. — In-16 de 48 p.
(Coll. A. Labbê.)
Pierre-Jean-Baptiste Snimbert.
Pierre-Jean-Baptiste Guimbert naquit le 28 juin 1745; il était donc dans sa 19' année quand son père, Luc, descendit dans la tombe, et nous venons de voir que le commerce de sa mère ne périclita pas entre ses mains. C*est une personnalité qui ne manque pas de relief, ce Guimbert que les circonstances placèrent dès son extrême jeunesse à la tète d'une imprimerie, et dont le rôle s'accentua fortes
ment parla suite. Il avait de Tintelligence, de l'activité, de Taudace, il était habile ouvrier, il produisit beaucoup, et ses impressions sont généralement bonnes et faites avec goût.
Guimbert embrassa chaudement la cause de la Révolution et il la soutint avec le secours de ses presses. Il fut même un ardent jacobin, si on en juge par ce que dit de lui l'auteur anonyme du Tableau des égorgeurs de la commune de Châtelle?^aud, page 2. Il fit partie de la Société des Amis de la Constitution^ et son nom est inscrit dans la liste jointe au procès- verbal de la séance du 24 germinal an II, où fut faite la troisième épuration de la Société. Malgré les gages qu'il avait donnés à son parti, son civisme ne parut pourtant pas assez pur, et dans les registres des procèsverbaux de la Société son nom figure parmi les membres suspendus avec entrée dans la barre, lors de l'épuration du 25 messidor an II. Le motif de cette suspension n'est pas indiqué (1).
Mais revenons à sa carrière typographique.
La mort de sa mère entraînait l'extinction de son imprimerie, et la tolérance dont elle avait joui cessait avec elle. Guimbert fit alors une demande pour être autorisé à conserver une place d'imprimeur à Châtellerault ; elle fut rejelée par un arrêt du Conseil, du 1" décembre 1779. Il la renouvela bientôt avec l'appui de M^' Christophe de Beaumont, archevêque de Paris, qu'il avait su intéresser à sa cause ; elle n'eut pas plus de succès, et la première décision fut confirmée par un arrêt définitif du 8 février 1780 (2).
Guimbert n'abandonna pas pour cela la partie et il mon-
(!) Communication de M. Â. Labbé.
(2) Bibl. nat., Manusc, f. fr.. n« 21870.
ta une imprimerie clandestine à Cenon, petit bourgs situé à une lieue de Châtellerault, Il revêtit ses produits des adresses les plus diverses, et le libraire Bobin, de Poitiers, avec lequel il était associé, l'aidait à les écouler. On coaiprend qu'il noua est difficile de relever avec une certitude absolue toutes ces impressions; certains témoignages nous permettent cependant de signaler les suivantes (1) :
AMVSEMSNTS liUéraircs, ou mélanges de pièces fugitives, par Bourignon. Londres, 1779- — In-8*.
SI celle dale de 1779 eU exacte, l'ouvrage devait ôlre ea cours d'exécnllen eu roomeul du décès Je la veuve Guimherl.
ERRATA de l'Abrégé de l'Histoire du Poitou, ou Lettres à M. Thibaudeau, suivies d'un petit Commentaire. Première partie . En France, 1783, avecpermijsion. — In-12 de 2 ff. et 153 p.
CeUe Première partie de l'ouvrage d'Allard de la ResDière paraît avoir M aeule Imprimée par Gaimberl ; il a employé & la page 1 une vignette
d'«D-têlfl doDt il s'est aussi servi «a l'an viii pour imprimer Les quatre laisoTU, de J. Chauvean. La 3< partie, parue ea 1786, porte du reste, après l'AvertissemeDl, cette adresse : < A Augers, de riniprlmerie de Pavie. >
ANALYSE d'une nouvelle physique intitulée : La Raison guidée par les sens. Sans nom de ville ni d'imp., 1784. — In-8' de 64 p.
Par dom Ctiardé, religieux béDédIclIo de l'abbaye de Suint-Uaixent. Il y a eu une 2» édition imprimée à Poitiers par H.-V. Chevrler, en 178S.
MAGASIN DES ENFANTS, ou dialogues entre une sage gouvernante et ses élèves, par madame Leprince de Beaumont. La Haye, 1786. — 4 vpI. in-ia.
MISOGVG^ ou les Femmes comme elles sont, histoire orientale, traduite du chaldéen, (Composé par Michel Cubières de Palmezeaux.) A Paris, chez Poinçot, libraire, rue de la Harpe. A ChàtellerauU, chez P. J B. Guimbert, libraire, sir le Pont, 1787. —2 parties in-12.
Guimbert n'est nommé sur le titre de cet ouvrage que comme libraire; D0U3 ne serions pas surpris qu'il en ait été aussi l'imprimeur.
WATHEK, con'e arabe. (Par W. Beckford, traduit par Louis-Sébastien Mercier.) A Paris, chez Poinçot, libraire, rue de la Harpe. A Ghàtellerault, choz P. J. B. Guimbert, libraire, sur le Pont, 1787. — In-8' de 190 p.
Même observation.
DISSERTATION sur l'endroit appelé Vieux- Poitiers, à cinq lieues de Poitiers, et deux de Châtellerault, au confluent de la Vienne et du Clain, dans laquelle on prouve que ce lieu a été autrefois la mansion désignée sous le nom rfe Fines entre Poitiers et Argenton,.. par Bourignon, A Cenon, et se trouve à Poitiers, chez M V. Ghevrier, 1786. — In-S" de 50 p.
LES VŒUX, histoire véritable tirée d'un monument intitulé Mémoires de C. E, M. D. F. M. (Charles-EIie, marquis de F'erriùres-Marçay.) A Amsterdam, 1787. — In-12 de 2 ff. et 200 p.
LA FEMME dans V ordre social et dans l'ordre delà nature, ouvrage philosophique et moral, (Par le même.) Londres, 1787. — In- 12.
LETTRE à Monsieur *** sur le Prospectus d'un nouvel ouvrage annoncé sous le titre de Parallèle des religions. (A PoilLTs, ce 11 août 1787.) S. 1. n. d. — In.l2de 60 p., plus 3 p. sans n^"* pour la Table.
LETTRE de quelques ecclésiastiques du diocèse de Pot-
tiers à MM. les Vicaires généraux de ce diocèse^ qui ont interdit pendant l'absence de M, VEvêque, le 3 juillet 1787 j M. AL 5... prêtre et bachelier delà faculté de théologie de ^Université de cette ville^ à cause de la thèse qu'il a soutenue le 10 du même mois. (A Poitiers, ce 28 février 1788.) Sans nom de ville ni d'imp. — In-12 de 207 p., plus 9 p. sans n*»" pour la Table.
Tout allait bien jusqu'à ce moment; Taulorilé ignorait ou fermait les yeux. Mais celle dernière publication attira la foudre sur la tête de l'imprimeur. La Lettre de quelques ecclésiastiques (1) défendait la doctrine janséniste, comme la thèse de M. Al. B..., lisez Alexandre Briquet (2), condamnée par les vicaires généraux de Poitiers. Or les querelles du jansénisme n'étaient pas encore complètement éteintes, et il est probable qu'une plainte fut portée en haut lieu contre Timprimeur coupable d'avoir mis sa presse au service de ce parti, car on s'aperçut alors qu'il faisait un commerce répréhensible et contraire aux Règlements.
Le 1«' juillet 1788, un arrêt du Conseil d'État l'interdit des fonctions de sa profession (3), et le 11 du même mois, M. Hérault, subdélégué de Châtellerault, en vertu des ordres qui lui avaient été transmis par l'Intendant, se transporta au domicile de Guimbertet saisit tous les livres qu'il trouva dans sa boutique.
En rendant compte de sa mission à l'Intendant, M. Boula de Nanteuil, il ajoutait : a Ce malheureux que cet arrêt met sans ressources est au désespoir et demande à être autorisé à sejustifier; si ce qu'il dit est vrai, il est bien malheu-
(1) Ello était sortie de la plume do l'abbé Beaupré, chanoine de la catlu^drale de Poitiers.
(2) C'est celui qui allait devenir vicaire épiscopal après la Constitution civile du clergé et dont nous avons parlé bu chapitre de Loudun.
{A) Bibl. nat., Manusc, f. fr., n* 2il29, Coll. Anisson-Dupeiron, vol. 69. — Cet arrêt a été imprimé.
7i IMPRIMEURS ET LIBRAIRES
reux ». L'Intendant, en informant le garde des sceaux de Texéculion de ses ordres, s'exprimait dans le môme sens, et bientôt un arrêt du 31 octobre relevait Guimbertde l'interdiction prononcée contre lui. Dès le 25 septembre même, une lettre de M. Barentin faisait savoir à M. Boula de Nanteuil qu'il avait signé cet arrêt et l'invitait à donner les ordres nécessaires pour que Guimbert pût reprendre toutes les fonctions de son état, sans attendre les formalités qui restaient encore à accomplir (1).
Guimbert reprit aussitôt son commerce de libraire et ses relations avec son confrère Bobin,de Poitiers(2). Il imprima aussi désormais en toute liberté, se nomma ouvertement sur les produis de ses presses, et nous ne le voyons qu'une fois, en 1790, se dissimuler sous la fausse adresse de Rome pour un libelle qui pouvait encore lui attirer des désagréments .
Les temps allaient changer d'ailleurs, et la tempête devait bientôt faire table rase des règlements sur l'imprimerie comme de tout l'édifice de l'ancien régime. Avec la Révolu- \ion l'atelier de Guimbert prit une activité considérable et devint presque exclusivement politique; il en sortit une quantité de pièces, les unes concernant la vie locale, les autres d'un ordre plus général, telles que lois, décrets, arrêtés, affiches, que les imprimeries de Paris et des grandes villes ne suffisaient pas à répandre dans le pays. Nous n'indiquerons que les premières, pour ne pas surcharger notre liste sans utilité.
Dans'ses impressions, Guimbert a fait usage d'un certain nombre de vignettes révolutionnaires qu'il est intéressant
(1) Arch. de la Vienno. C. G4.
(2) Voir un avis ÎDSôré par eux dans les Affiches du Poitou, du 4 décembre