Chapitre III. — MONTMOHILLON FrangoiB Ghaponlaod
'imprimerie ne date, à Monlmorillon, que de l'époque de la Révolution. François Chapoulaud y apporta une presse en i794 et nous en avons retrouvé péniblement quelques produits dans les cartons des Archives de la Vienne et de la Société des Antiquaires de l'Ouest.
LIBERTÉ, ÉGALITÉ. Extrait du Registre des Arrêtés du Comité de Salut public de la Convention na/tonale,du 13 messidor, deuxième année de la République françoise, une et indivisible. A Moatmorillon, chez F. Cbapoulaud, imprimeur du District. — Ia-4° de 3 p.
Arrêté criaol une agfloce des HIdu.
gfflellc ci-deMtia qal a l'air d'un rebut.
- Bd léte flgnrfl la groulèra tI-
EXTRAIT du Registre des Arrêtés du Comité de Salut public de la Convention nationale^ du 13 thermidor^ l'an 2^ de la République françoise^ une et indivisible. Ibid., id. — In-4'' de 4 p .
Sur rapprovisionnemeDt des marchés de la République.
EXTRAIT du Registre des délibérations du Conseil général de V Administration du District de Montmorillon (26 thermidor an II). Ibid., id. — In-4o de 4 p.
Sur rapprovisionnement des marchés du district.
EXTRAIT du Registre des Arrêtés du Comité de Salut public de la Convention nationale, du 22 fructidor, deuxième année de la République françoise, une et indivisible. Ibid., id. — In-4° de 3 p.
Sur le battage des grains.
EXTRAIT du Registre des délibérations du Conseil général de V Administration du District de Montmorillon. Aujourd'hui^ 21 brumaire l'an 3* de la République Fran^ çaise, une et indivisible... Ibid., id. — Placard in-fol.
Arrêté relatif à des versements de grains pour TArmée de TOuest.
EXTRAIT du Registre des délibérations du Conseil gé' néral du District de Montmorillon (25 frimaire an III). Ibid., id. — In-4° de 6 p.
Arrêté prohibant la vente clandestine des grains.
Nous ne savions de Chapoulaud qu'une chose, c'est qu'il était originaire de Limoges, où son [nom s'est continué dans l'industrie typographique jusqu'en ces dernières années, lorsque M. Paul Ducourtieux, très au courant de tout ce qui se rapporte aux imprimeurs limousins, nous a transmis les renseignements que nous cherchions.
François Chapoulaud était fils de Pierre, qui fut reçu maître imprimeur à Limoges le 12 avril 1758; il naquit vers 1770. En 1793, bien que son père vécût encore, il mit son nom sur cet ouvrage : « La Journée du Chrétien sanc-
ou DÉPARTEMENT DE LA VIENNE Hl
tifiée par la prière et la méditation. Nouvelle édition... A Limoges, chez François Ghapoulaud, imprimeur-libraire, place des Bancs^ 1793. » La même année, à la sollicitation du Directoire du district de Bellac, il tenta de s'établir dans cette ville, mais il n'y eut aucun succès et s'empressa de la quitter pour se rendre à Montmorillon. 11 ne resta pas non plus longtemps dans cette nouvelle résidence, car son père, étant mort en 1794^ il dut revenir à Limoges pour prendre sa place; c'est ce que démontrent les impressions portant son nom à partir de cette époque. Il exerça à Limoges jusqu'en 1840, date de sa mort, et fut remplacé par ses enfants.
Jacques Betonlle.
Ghapoulaud eut pour successeur Jacques BetouUe, qui comme lui était de Limoges et d'une famille appartenant à l'imprimerie. On trouve dans les registres de Saint-Micbeldes-Lions, paroisse de cette ville, un premier Jacques BetouUe, se disant imprimeur en 1776, mais M. Paul Ducourtieux pense qu'en réalité il était maître ouvrier, car il n'a jamais vu d'impression limousine portant son nom.
Un fils de ce Jacques, Pierre, vint à Guéret, s'y maria avec la fille aînée de l'imprimeur Brioude, qui lui céda son établissement^ et il exerça de 1798 environ à 1831; sa descendance y occupe encore la même profession. Il fonda aussi à Âubusson une succursale qui fut d'abord dirigée par son frère plus jeune, Jacques, et qu'il donna ensuite à sa fille, mariée en 1831 à Sylvain-Léonard Bouyet,
Notre Jacques à nous^ issu d'une autre branche, était fils d'André Betoulle, dont nous ignorons la profession^ et de
Madeleine Rougerie. Il épousa Suzanne-Marie-JiBanne Junien de la Ville-au-Roy, qu'il perdit le 12 septembre 1813 ; lui-même mourut à Montmorillon le 14 avril 1851, âgé de 83 ans. Il avait vendu son imprimerie en 1826 à Jollivet. Ses fonctions d'imprimeur ne Tempêchaient pas d'être en même temps secrétaire de la mairie, et dans l'enquête de 1822, le sous-préfet disait qu'il n'imprimait que très rarement. Le fait est que ses impressions sont si rares que, pendant un exercice qui a duré plus de trente ans, nous n'avons trouvé que cette pauvre affiche portant son nom :
EXTRAIT du Registre des délibérations du Directoire du District de Montmorillon. Aujourd'hui quinze fructidor^ Van troisième de la Répvi)lique Française^ une et indivis sible^ A Montmorillon, de rimprimerie de J. Betoulle, imprimeur du districl. — Placard in-fol.
Arrêté coQceraaot l'approvisionaement des foires et marchés, signé Rigaud, Sylvain, Savin-Larclaase, Dedault, Boisseau, procurenr-syndic, et Pinçon, secrétaire.
Philibert-Benjamin Jollivet.
JoUivet^originaire de Saint-Benoît-du-Sault (Indre), avait fait son apprentissage chez Migné, son beau-frère, imprimeur à Châteauroux, et était allé se perfectionner dans son métier à Paris, avant d'acheter en 1826 l'imprimerie de Betoulle. Sa nomination subit d'assez longs retards à cause de l'enquête dont il fut l'objet; il n'eut son brevet qu'à la date du 19 avril 1827, et ne prêta serment devant le tribunal que le 27 septembre suivant.
Le 22 octobre de la même année, il faisatit ses déclarations pour imprimer :
V Un journal ayant pour titre : Affiches^ annonces judi-
claires, demandes et avis divers de Montmorillon^ département de la Vienne^ qu'il se proposait de tirer à 50 exemplaires en n** de 4, 8, 12 ou 16 pages in-8% suivant l'abondance des matières, un numéro par semaine;
2° Un ouvrage ayant pour titre : Moyen efficace dhonorer parfaitement Jésus et Marie ^ qu'il se proposait de tirer à 1000 exemplaires en un volume d'environ 5 feuilles in-12 (1).
11 n'est pas douteux que des exemplaires de ce petit livre de piété ont dû échapper à la destruction, mais nous n'avons pas su les retrouver. Quant au journal^ à défaut d'une collection ^complète qui n'existe nulle part, nous en avons vu plusieurs numéros, dont le dernier, imprimé par Véniel, est du 30 décembre 1849, XXP année; il était devenu in-4\
René-Frangois Thierry
Cessionnaire de Jollivet, Thierry obtint son brevet d'imprimeur au mois de janvier 1830. Il donna son adresse sur ces deux impressions :
CHARTE de 1814 et Charte de 1830. Se vend à Montmorillon, chez R.-F. Thierry, imprimeur, place du Marché, et chez Chevrier, libraire^ Grande -Rue» s. d. (1830). — Iq-16 de 32 p.
DISCOURS prononcé par M. Brochain, le 7 septembre 1830y Jour de son installation comme procureur du roi prés le tribunal de 1^ instance de MontmorUlon. Montmo* rillon, imp. de R.-F. Thierry, place du Marché, s. d. (1830). — In-8* de 3 p.
Il démissionna en avril 1838 en faveur de Jahyer, son neveu .
(1) Arch. do U Vienne, T 6, liasse 15.
114 IMPRIMËUtlS ET LlBtlAlHES
Soorate.-&. Jahyer
Nous croyons qu'il était fils d'Étienne-René Jahyer et de Jeanne-Perrine-Eugénie Thierry. Étienne-René , après avoir été imprimeur à Angers à la fin du siècle dernier, alla prendre à Blois l'imprimerie de Jean-François Billault qu'il exploita de 1805 jusqu'à sa mort survenue le 18 avril 1815. Sa veuve dirigea habilement la maison et la transmit à l'un de ses fils, Félix Jahyer, qui est resté à sa tète jusqu'en
Socrate-G. Jahyer eut son brevet d'imprimeur le 2 juillet 1838. Sur un n? des A/fiches de Montmorillon (8 sept. 1839), son adresse est indiquée place Saint-Martial. Voici ses impressions à notre connaissance :
A DX ELECTEURS constitutionnels de t arrondissement de Montmorillon. (Signé : Â. Lafond» avocat). S. d. (février 1839). — In-4« de 3 p.
COMICE AGRICOLE de Montmorillon. Rapport au Conseil généraL 18i0. — In-8<» de 12 p.
COMPTE-RENDU des travaux et des essais du Comice agricole du canton de la Trimouille. Assemblée générale du 8 juin 1840. Rapport. — In-8« de 8 p.
COMICE AGRICOLE du canton de Lussac^les-ChéUeaux. (Année 1840.) — In-8Me 12 p.
PROJET d'une école aratoire . 1840. — In-8* de 16 p.
Ces quatre impressioDB sont ordinairement réunies.
C'est aussi Jahyer qui a créé le 18 décembre 1842 ce nouveau journal, bien que les Affiches fussent encore vivantes :
VEcho de la Gariempe. journal littéraire, historique, industriel^ agricole; modes^ nouvelles locales^ annonces et
DU DÉPAfttËMENT DE LA VIENNE ll8
avis divers . Paraissant une fois par semaine^ le dimanche. — In-fol. de4 p,
A une date un peu antérieure à 1851, cette feuille modifia son titre et devint : La Gartempe^ journal de tar^ rondissement de Montmorillon ; annonces judiciaires et légales.
Elle vit encore aujourd'hui, et, ajoutant à son âge celui des défuntes Affiches de Jollivet, elle se dit dans sa 67' année.
Charles-Hilaire Véniel
11 vint remplacer Jahyer en 1847. Son brevet d'imprimeur est du 5 février, et il y joignit le 13 novembre un brevet de libraire. Il garda sa maison jusqu'en 1872 et mourut à Montmorillon en décembre 1880. Il habitait rue de Concise.
Raymond Veyssi et sa yeave
Avant de venir à Montmorillon, Veyssi avait travaillé chez son oncle Constant, imprimeur à Bazas, et il avait épousé sa fille. Il mourut le 24 février 1878, âgé de 29 ans, et sa veuve continua les affaires pendant deux ans encore. Il demeurait rue de Poitiers, puis rue de la Gare.
Frangois ftondaud
Ancien ouvrier de la maison Dupont, à PérigueuXi il a acheté en 1880 l'établissement de la veuve Veyssi qu'il a transféré rue de la Fuie« Comme son prédécesseur^ il ne
116 iMPlUMËDRS Et LIBRAIRES
s'occupe que de rimprimerie, avec Taide de son fils. Voici la liste de ses impressions :
MES PREMIÈRES NOTES, poésies par P.^P. Lelarge. 1881. — Ia-8» de 56 p.
NOTES RÉTROSPECTIVES sur Sainl-Martin-ld' Rivière (Vienne) et ses environSy par Edouard Tartarin. (Extrait du journal la Gartempe.) 1888. — Ia-8® de 140 p.
ANNUAIRE'ALMANACH de l'arrondissement de Montmorillon, 1895. — Iq-8' de 7 feuilles, couverture illust'ée en couleur.
Est intercalé de plusieurs feuilles de réclames et d'articles divers, reçues tout imprimées de Paris.
FERDINAND DUCHÉ NE. Soleil de Mai, fantaisie lyrique en un acte. 1895. — In-8* de 22 p.
JOE FALCO. Brin-d'Osier, comédie en trois actes , en prose. 1895. — Ia-8^ de 64 p.
Joe Falco est le pseudonyme de Ferdinand Duchâne, avocat à Montmorillon .
Goudaud a aussi imprimé en 1883 trois n"*" de Poitiers- Journal^ feuille qui vécut quelques mois seulement.
11 publie toujours la Gartempe^ et la présente année a vu éclore dans son atelier, au matin du 16 juin, cette nouvelle feuille destinée à préparer les élections au Conseil général, du 28 juillet :
La Campagne, journal républicain de Montmorillon^ paraissant tous les dimanches, organe du Comité Républicain radical et des groupes républicains « Le Progrès » et € La Vérité ». — In-fol. de 4 p. à 3 col.
Alfred Fontenaille
11 succéda, le 5 mars 1876, au sieur Massé, qui n'était que lithographe, mais il monta bientôt une imprimerie
typographique dont il est sorti quelques ouvrages faits avec goût. 11 y a joint un commerce de librairie.
CHŒURS exécutés par les élèves du PetitSéminaire de Montmorillon à la distribution solennelle des prix présidée parMgrVévêque de Poitiers, 28 juillet iSPi. Montmorillon, imprimerie « La Parisienne » (A. Fontenaille). — In-S'' de 12 p.
LA MAISON-DIEU et le Petit-Séminaire de Montmorillon, 1090' 1894, par l'abbé E. Ménard, professeur, . . . Ouvrage orné de neuf photogravures tirées hors texte. 1894.— ln.8*de vi-573p.
LE MISSIONNAIRE, ou l'Art des Missions, par le P. F. Htlarion, franciscain de ^Observance» Troisième édition, revue, corrigée et augmentée de plans de sermons. Paris, chez Bercha et Tralin, libraires-éditeur», 1895. — In-32 coloicbier de xyx-392 p.
Il avait aussi fondé et imprimé ce journal :
L'Echo de Montmorillon. — In-fol. de 4 p. à 3 coL
Hebdomadaire. Le 1" n* est du 30 mai 4880, et le dernier, du 9 avril 1882. A partir da tt mai 4881, le format a été augmeuléet eat devenu à 4 colonnes.
Libraires et lithographes
Vers Tan II ou Tan III, alors que Chapoulaud apportait à Montmorillon la première presse, François-Didier Maintrot ouvrait aussi une boutique de librairie et de reliure. 11 était en même temps garde-magasin delà commune et il fit peu de bruit. D'après le rapport du sous-préfet en 1822, il ne tenait alors que quelques livres de religion et faisait son principal état de la reliure. Il mourut le 7 septembre 1827, flgé de 77 ans, dit son acte de décès, et veuf
il8 IMPRIMEURS ET LIBRAIRES
en premières noces de Radegonde Deshoulières et en deuxièmes noces de Marie Perrin.
Pierre-Fidèle Chevrier, né à Poitiers, vint s'établir en 1825 à Montmorillon comme relieur. Au mois de juillet 1828, il demanda un brevet de libraire qui lui fut accordé en novembre. Il fut chargé de la vente de la Charte de 1814 et charte d? /^50, imprimée par Thierry, et il recevait les abonnements au Patriote de la Vienne. Sa boutique était dans la Grand 'Rue.
Il fut remplacé par Goullier, dont le brevet est du 20 novembre 1835. Le nom de ce dernier figure sur les annuaires jusqu'en 1868.
Charles Duggé eut un brevet de libraire qu'il n'exploitait plus en 1854.
Amable-Gabriel Bellefonds, d'abord relieur, obtînt un brevet de libraire le 5 mai 1836. Son nom se voit sur cet ouvrage :
VARIÉTÉS instructives, sérieuses et amusantes sur les procès. . . par L.-Philippe Desneufbourgs^ juge de paix à Montmorillon (Vienne). Poitiers, Henri Oudin, libraireéditeur; se vend. . . à Montmorillon, chez Bellefonds, libraire, et chez l'auteur. 1855. — In-S* de 72 p.
Il démissionna en 1857 en faveur de Michel Apoux, ancien instituteur, dont la femme, Marie-Suzette Perrot, avait déjà fait, le 15 mai 1849, la demande d'un brevet.
Apoux céda son brevet à M"*' veuve Lelarge, qui a tenu une petite librairie, rue du Vieux-Pont, jusqu'en décembre 1894, date de sa mort.
Mathurin-Charles Verdoix eut un brevet le 22 novembre 1853 et exerça jusqu'à sa mort arrivée le 23 mars 1894. Sa librairie^ située dans la Grand'Rue, est passée à son fils et à sa fille.
* Georges Verdoix fils est en même temps secrétaire de la mairie.
Pas autre chose à dire des lithographes, qui se sont suc* cédé à Montmorillon, qu'à citer leurs noms, savoir :
PouPELARD, dont le brevet est du 13 janvier 1841,
Chaboisseau (François -Victor), avec brevet du 15 mai 1850,
Mazbreau (Louis), son successeur vers 1861,
Becquet, successeur, vers 1863,
Massé (Louis), avec brevet du 8 juillet 1870,
Fontenaille (Alfred), son cessionnaire en 1876, dont nous avons déjà parlé comme imprimeur.