Chapitre IV. — CIVRAY
AndréPasoal Horisset
Civray comme à Montmorillon, ce fut la Révolution qui amena le premier imprimeur. Chaque chef-lieu de district était devenu, bon gré mal gré, un petit foyer d'agitation politique. Il fallait des presses pour répandre dans la moindre commune les actes multiples des autorités de tout ordre, procéder aux opérations de la vente des biens nationaux, tirer les billets de confiance (1). Les imprimeries des villes plus importantes se dédoublèrent et envoyèrent du matériel et des ouvriers là où il paraissait y avoir du gain à réaliser. A Civray, ce fut Morisset, prote de la maison Ëlies, de Niort, qui vint monter Tatelier typographique avec le matériel de Jacques 6ujault, imprimeur dans la même ville [2). Le 11 messidor an II, la municipalité de Civray était requise par les administrateurs du district « de commander une charrette pour aller à Niort charger chez le citoyen Bujault, imprimeur, les objets nécessaires pour l'établissement d'une imprimerie
(1) On connaît les billets de confiance rie Loudun, imprimés par Challuau et Chesneau, les billets do la Caisse patriotique et les billets de confiaoce de Cliàtellerault imprimés par Guimbert, ceux de la Caisse patriotique de Montmorillon et de la Caisse patriotique de Saint-Savin, imprimés par Gliapoulaud, ceux de la Caisse patriotique do Civray, imprimés par Morisset.
(2) Jacques Bujault exerça l'imprimerie à Niort de 1792 k 1798 environ, avant de devenir Tagronome distingué, si populaire dans les Deux-Sèvres.
DC DÊPARTESIEXT DE LA TIENNE lit
dans la commane «. Le 18 da mènie mois, elle était de nouveau requise « de commander une charrelle pour tnuispoi^ ter de Fadminisfaration i la maison la FemUeterie-Piis<ac les ustensiles et effets servant à Fimprimerie de la commune^ ^1\ Cest donc à cette date précise de messidor an II que la première presse commença à fonctionner à Civray.
Entre autres pièces qui en sont sorties nous avons vu les suivantes :
DECRETS de la Convention nationale, du 4 venidsi\ Fan deuaiême de la République une et indivisible^ lyiidif^ au mode de paiement des Instituteurs des petites écoles et à V organisation des Ecoles primaires. A Civrai« de l'imprimerie de Morisset, an II de la République. — In*49 de 11 p.
A VIS auœ créanciers des émigrés de ce district. A CîvraK chez Morisset, imprimeur, an III de la Rèpubiîque une et indivisible. — Placard in-4*.
Sigoé par las Admioistrateors da district de Givrai le 17 vendémiairt ao tu.
SCÉLÉRA TESSE dévoilée, ou Robespierrisme du dis^ trict de Civrai^ département de la Vienne; Avec quelques réflexions morales et politiques. Par Norbert^Pressac^ fer* mier-^ultivateur. A Givrai, chez Morisset, imprimeur» an III de la République. — In-8^ de 54 p.
On peut aussi attribuer à Tatelier de Morisset cette nulro pièce qui ne porte pns de nom de ville ni d'imprimeur :
RÉPONSE à un de mes amis égarés par les ennemis • des culteSf par le citoyen Norbert Pressac, correspondant de la commission d* Agriculture et des Arts^ ex^prêlre. An m. — Ifi-4''de4 p.
Enfin, dans des notes manuscrites sur Timprimerie en
(1) Archives commun, de Civray, Beg, des délibérations du Conseil *jénérat de la commune.
Poitou, M. François-Aimé Barbier (i), ancien iniprimeur à Poitiers, cite sans plus de détails des Lettres sur la fabrication du salin,.. ^ comme ayant la même origine.
Le 7 brumaire an IV, le Conseil généra] de la commune délivrait un mandat de 437 livres à Morissel (2). C'est la dernière trace de son séjour à Civray. La spéculation tentée par les imprimeurs de Niort n'avait pas donné de résultats bien brillants. Morisset retourna promptement chez ses patrons. Il acheta en 1816 l'imprimerie de Pierre-Aimé Élies et la conserva jusqu'en 1831.
Dalpayrat et Pradier
Après le départ de Morisset, de longues années se passèrent sans que Civray revit fonctionner une presse. La ville offrait trop peu de ressources pour encourager un nouvel établissement. Pourtant, en juillet 1836, un imprimeur de Ruffec, Charles Piat, sollicita pour son Qls un brevet d'imprimeur-libraire à la résidence de Civray ; sa demande fut rejelée à cause de l'extrême jeunesse du candidat, qui avait à peine 16 ans. L'année suivante, Dalpayrat avait plus de succès ; il obtenait un brevet d'imprimeur en lettres le 2 juin 1837 et un brevet de libraire à la date du 28 février 1838.
. Dalpayrat était prote de Prosper Barbou, de Limoges, et celui-ci, qui était fort satisfait de ses services, le pressa tellement de rester chez lui qu'il finit par y consentir.
(1) M. Fraoçois-Âimé Barbier avait rdcueilJi sar l'histoiro de rimprimerie en Poitou un certain nombre de notes et de documents que son fils, M. le conseiller Barbier, décédé récemment, a eu Tobligeanco de nous communiquer. Nous y avons puisé d'utiles renseignements pour d'autres travaux en préparation.
(2) Arch. commun, de Civray, /oc. dU
DU DÉPARTEBŒNT DK LA VIENNE 423
Avant même de s^être installé à Civray, il revendit donc son Imprimerie à un autre ^compositeur de la même maison, un sieur Pradier^ jeune homme peu sérieux, qui, craignant de n'être pas agréé par TÂdministration, n'osa pas solliciter un brevet et se mit à imprimer sous le nom de Dalpayrat. Nous avons vu ce produit de son ofBcine :
RÈGLEMENT des écoles primaires de Varrondissement de Civray. 1838. — In-4« dô 8 p.
Cette pièce a été aussi disposée et Urée en un placard in-fpl.
M. François-Aimé Barbier, dans ses notes, mentionne encore très succinctement if?^ souvenirs politiques et parlementaires...^ que nous ne connaissons pas autrement.]
Pradier, toujours sous le nom de Dalpayrat, a aussi fondé ce journal dont le premier numéro parait remonter au 15 décembre 1838.
Journal littéraire, commercial y administratif, judiciaire, agricole^ d^ annonces et avis divers de Varrondissement de Cicray (Vienne). — In- fol. de 4 p. à 2 col.
Paraissint le samedi. Il vécot sous ce titre jusqu'en i 8i5.
Le séjour de Pradier à Civray fut d'assez courte durée. En 1841, avec le consentement de Dalpayrat, il cédait son fonds de commerce à Bourdon et retournait à Limoges. Là il s'associa avec un sieur Pornin, acheta avec lui l'imprimerie de la veuve Blondel et fit faillite en 1846. L'établissement vendu alors à H. Ducourtieux et dirigé aujourd'hui par sa veuve et son Gis, Paul Ducourtieux, a pris entre leurs mains une grande extension.
De son côté, Dalpayrat avait aussi acquis une imprimerie à Limoges ; il vit encore et achève sa 90* année.
Joseph-Paul Bourdon
Ses brevets d'imprimeur en lettres et de libraire sont du 17 août 1841. Il continua l'impression du Journal et fut remplacé en 1844 par Serph.
J. Serph.
Celui-ci ne fit que passer et dès l'année suivante il démissionnait en faveur de Ferriol. Il eut cependant le temps d'imprimer cet ouvrage :
ESSAI sur la distinction des biens, par M. F. Malapert. Paris, A. Durand, 1844. — In-8* de 237 p.
Pierre-Adolphe Ferriol
Il était né à Belluc, le 5 janvier 1818. Il obtint, le 28 mars 1845, ses brevets d'imprimeur en lettres et de libraire ; plus tard, le 4 avril 1863, il eut aussi un brevet d'imprimeurlilhographe.
Ouvrages imprimés par lui :
TA RI F des honoraires des actes des notaires de V arrondissement de Civray^ adopté à C Assemblée générale du 6 mai 1845. 1846. — Ia-8» de 21 p.
OBSERVATIONS sur les caisses de la fréquence des fièvres intermittentes dans les environs de Charroux^ par M. P.'V. Malapert, D.-M.-P. 1846. — In-S» de 43 p.
OBSERVATIONS sur la situation hygiénique de l'arrondissement de Civray et sur les moyens de combattre et de détruire ses différentes causes d'insalubrité^ par P.-V. Malapert, docteur en médecine. 1850. — In-8' de 123 p.
CATALOGUE des plantes vasculaires de la Charente- Inférieure^ par Léon Paye. 1850. — : In-12 de 94 p.
NOTES sur une excursion archéologique dans les communes de Bouresscj Gouex^ Verrières, Lhommaizé, Maze^ rolles, Château'Larcher^ Vivâne, Saint^Martin-Lars, Charroux et Savigné {Vienne)^ par P. A'inédée Brouillet, ... 1863. — In.4\
INDICATEUR archéologique de F arrondissement de Cioraiy depuis P époque anté-historique jusqu*à nos jours y pour servir à la Statistique monumentale du département de la Vienne f par P. Amédée Brouillety... Précédé d'un Aperçu géologigue et agronomique^par M.Brouillet père,.,, (rné de 5 cartes monumentales et de î 50 planches... 1865. — In-4^ de ni-391 p.
LA BIBLE et l'Évangile, 200 préceptes de l'Ancien et du Nouveau Testament, recueillis par Evariste Carrance. 1868. — In-8* de 25 p.
Ferriol transforma aussi le Journal fondé par Pradier et lui donna ce nouveau titre à partir du 4 mai 1845 :
VÈçho de la Vienne, journal de V arrondissement de Givrai/, paraissant chaque dimanche. — In-fol. A% 4 p. à 3 col.
En janvier 1872, il céda son imprimerie à Michaud, conservant pendant quelque temps encore la librairie et la reliure.
Ernest Miohand
Originaire du Blanc (Indre). Il fut imprimeur seulement, mais non libraire. Voici une liste de ses impressions :
CHEMIN DE FER de Niort aux lignes sur Limoges, avec prolongement sur Gannat par ChabannaiSy et sur Nevers par Montmorillon. 1874. Iq-4'' de 12 p.
i2<) iMPtUMBtlRS ET LlBftAlàËS
DE LA LOI sur la Chasse ; ce quelle est^ ce qu'elle de^ vrait être. Par Jacquillou. (Aristide Couteaux.) 1875. •— In-S*» de 16 p,
OBSERVATION sur un cas de monstre double-aulosilaire^ recueillie à Charroux ( Vienne) par M. le docteur Jules Pasquet'Labroue... 1875. — In-S"* de 7 p.
TARIF des honoraires des actes des notaires de l'arrondissement de Civray {Vienne). 1877. — In-8^de 16 p.
LE MATÉRIEL des Usines... 1877. — In-4*.
Impression faite pour ane maison de Paris.
RÈGLEMENT adopté le 19 août 1881 par la chambre de discipline des notaires de V a^^rondissement de Civray^ en exécution de la délégation qui lui a été conférée par l'assemblée générale dans la séance du 7 mai 1881. — In-8o de 19 p.
QUELQUES MOTS recueillis sur les mœurs des fonc^ lions judiciaires du substitut^ par M. Mestreau^ substitut, docteur en droit. 1882, — In-8» de 32 p.
Michaud mourut le 12 mars 1882, et sa veuve tint la maison jusqu'à Tavènement du suivant.
Eugàne Horeau
Ancien ouvrier de Michaud, il a commencé son exercice le 16 octobre 1882, et, comme son prédécesseur, il ne s'occupe que de la typographie.
Ouvrages imprimés par lui :
ALMANACB' ANNUAIRE administratif, commercial, industriel, littéraire, agricole, de l* arrondissement de Civray pour 1886. — In 8* de 56 p.
Moreaa en a édité un autre pour Tannée 1889.
DU DÉPARTEMENT DE LA VIENNE iVJ
UNE FÊTE à .Mauprevoir ^ par Jean de la Chevillons nière (Frédéric Martin). 1886. — In-8<> de 16 p.
LEÇONS pratiques sur les maladies des voies urinaires, professées à Vécole pratique de la Faculté de médecine de Paris par le docteur J.-M. Lavaux^ ancien interne des hôpitaux de Paris, professeur libre de pathologie des voies urinaires à l'École pratique^ etc. Paris, Steinheil, éditeur, 1890. — 3 vol. in-8° de vi-317,.564 et 532 p.
LA CHIRURGIE contemporaine des organes génitourinaires. D^ J.-M. LavauXy... rédacteur en chef. Faris, Rédaction, 17, rue Godot-de-Mauroi ; Administration, 15, rue des Grands-Âugustins. — In-8*.
Cette publlcatloQ en est, en 1895, à sa 5' année et à son V* tome.
PATHOOÉNIE et Traitement préventif de la fièvre urineuse, par le D^ Lavaiuv. 1891. — In-8<> de 8 p.
ETIENNE SALLIARD. THbunes et tréteaux, esquisses parlementaires. Préface de André de Latour de Lorde. Paris, Ernest Flammarion, éditeur, 1891. — In-8<» de xxiu- 196 p.
INVENTAIRE des archives du château de Chambes^ paroisse de VoiUême, baronnie de Ruffecen Angoumois... S. d. (1894). — In-»» de 28 p.
Par Raonl Brothier de Rollière.
MANUEL de Pathologie des voies urinaires^ par le docleur Lavaux... Paris, Â. Coccoz, éditeur, 1893-1895. — 2 vol. in*8'' de :352 et 589 p.
RAPPORT présenté à MM. les Membres du bureau du Syndicat et du Comice de C arrondissement de Civray sur un projet d'organisation du Crédit mutuel agricole sous le patronage du Syndicat. 1895. — In-8* de 24 p.
Moreau publie toujours i^aocien Écho de la Vienne^ dont le titre s*est modifié depuis le 26 août 1880 et est devenu aujourd'hui :
L'Echo de Civt'ay^ journal de cet arrondissement. — lo-fol. de 4 p. à 4 col.
Nous devons encore mentionner :
Bulletin du Syndicat agricole du Comice de Civray. — In-4o de 8 p. à 2 col.
Le premier naméro est de Janvier-Février 1889. Paraît le 15 de chaque mois.
L'atelier typographique de Civrày occupa d'abord dans ce siècle une maison située sur la Place d'Armes : il fut transféré par Ferriol dans la rue du Commerce, puis en 1874 dans la rue J.-J. -Rousseau. Depuis 1888, il est établi rue Louis-XIIl, dans une vaste maison qui appartenait jadis à l'ancien prieuré de Blanzay.
Les Libraires
Claudine-Zoé Texier, veuve de René Verger, libraire à Ruffec, reçut le 6 novembre 1834 un brevet de libraire à la résidence de Civray. Cependant, dès l'année 1830, les abonnements au Patriote de la Vienne étaient reçus à Civray chez Verger. Nous ne nous attarderons pas à concilier ces dates. Plusieurs années avant 1851, ce brevet était inexploité.
Casimir^ ancien professeur au collège de Civray, acheta vers 1874 la librairie que s'était réservée l'imprimeur Ferriol.
Il la céda en 1885 à Madame Billard, qu*on trouve en 1886 et 1889 chargée de la vente à^?^ Almanachs- Annuaires imprimés par Moreau.