‹ L'imprimerie à Poitiers et dans la VienneChapitre 60 sur 65 · ADDITIONS ET CORRECTIONS · texte numérisé non relu

ADDITIONS ET CORRECTIONS

Mote snr Quentin Maréchal et sur sa marque typographique. — Entre Tannée 1598, où Quentin Maréchal imprimait à Chaumont-en-Bassigny les Modelles artifices de feu ^ de Joseph Boillot, et Tannée i616, où il imprimait à Jargeau la Sauvegarde des Rois, de David Home, nous perdions complètement de vue notre imprimeur. Nous pouvons aujourd'hui combler en partie cette lacune, d'après deux passages des Mémoires -Journaux de Pierre de TEstoile (1), qui prouvent que Maréchal exerçait encore en 1610 sa profession à Chaumont. Le chroniqueur dit en effet, à la date du 6 février 1610 :

« Un imprimeur, nominé Quentin Mareschal, demeurant à Chaumont en Bassigni, seul dans ccste ville faisant profession de la Religion Prétendue Réformée, ma donné, ce mesme jour, la Défense d'un ministre nommé Chevillette, en Téglise de Vassy, contre le minime de Bracancourt, qu*il avoit^fait imprimera Brousseval, lieu de ce baillage destiné à l'exercice de la ReIigion,in-8% Tan 1607, qui grossira les pacquets de mes Ministromachies. »

On lit encore dans le même ouvrage, à la date du 7 avril

« Le mécredi saint, 7* de ce mois, M. de Lespine m'a donné ung petit livret, qui ne se trouve point ici, imprimé à Chaumont en Bassigni par Quentin Mareschal, Tan 1601, contenant quatre discours dévotS; de la pénitence, des indulgences, de la dignité du jour et feste de S. Jean-Baptiste, et des abus et superstitions qui se commettent , sous prétexte de dévotion , principalement à ce jour do Saint-Jean et autres semblables festes; composé par M* Régnant Cordier, principal au collège de Chaumont en Bassigni. Ce petit livret est bon, et qui fait plus contre la superstition que pour. . . »

(1) EditioD de Paris, Jouaust, 1875 et aon. suiv., tome X, pp. 138 et 198.

13ô IHPRIMEIURS ET LIBRAIRES

La France protestante des frères Haag, verbo Chevillèle, confirme le témoignage de Pierre de l'Estoile au sujet du premier de ces livres. Elle entre même dans des détails plus précis : Moïse Chevillète , dit-elle , est « l'auteur de Théorèmes et sentences contre le sacrifice de la Messe , qui ne sont connus que par la réfutation qu'en fit le minime Miot (Chaumont, 1607, in-12); mais il adressa à celui-ci une réplique intitulée : Deffense de Moïse Chevillète , ministre de P église de Yassi^ de ses Théorèmes et argumens enseignant comment il faut considérer la toute-puissance de Dieu^ avec la réfutation des raisons de Georges Miot^ minime de Bracancourt; Brousseval, 1607, in-12. » Le nom de l'imprimeur n'est pas indiqué ici, mais il n'est pas douteux que ce soit Quentin Maréchal , et la réfutation du minime Miot doit être considérée comme un nouveau produit de son atelier de Chaumont. Quant à Brousseval, aujourd'hui petite commune du canton de Vassy, la Deffense du ministre protestant constitue peut-être l'unique essai d'imprimerie qui y ait été entrepris. Toujours est-il que le Dictionnaire de géographie à l'usage du librab^e ne cite pas cette localité.

La marque de la Religion chrétienne^ qui a été employée par Quentin Maréchal et par plusieurs autres imprimeurs protestants, est bien connue; H nous semble pourtant qu'on n'a nulle part indiqué son origine et déterminé sa signification exacte. Cette origine, nous croyons devoir la faire remonter à Touvrage suivant du célèbre Théodore de Bèze:

« Icônes, id est verœ imagines virorum doctrina simul et pietate illustrium... quibus adjectœ sunt nonnuUse picturœ

quas Emblemata vocant. » Genevse^ apud Joannem Laonium, 1580, in-4*.

Le livre est orné de portraits, et chacun des Emblèmes qui le terminent est figuré par de jolies gravures sur cuivre, accompagnées d'une pièce de vers latins qui en donne l'explication . L'Emblème XXXIX représente précisément la Religion chrétienne, dont la pose et tous les attributs ont été copiés sur les marques typographiques qui en dérivent. Au-dessous on lit ces vers :

Quœnam sic lacero vestita incedis amictu ?

RelligiOj summi vera Pairis soboles.

Cur vestis tam vilis ? opes contemno caducas.

Quis liber hlc^? Pairis lex veneranda mei, Cur nudum pectus ? decet hoc candoris amicam,

Cur innixa cruci? Crux mihi sola quies.

Cur alata ? homines doceo super asira volare,

Cur radians? mentis discutio (enebras.

Quid docet hoc frenum ? mentis cohibere furores, Cur tibi mors premitur? mors quia mortxs ego.

L'année suivante, Simon Goulard publiait chez le même imprimeur une traduction française des Icônes de Th. de Rèze sous ce titre : c Vrais pourtrails des hommes illustres en piété et doctrine... plus XLIIII Emblèmes chrestiens, » Genève, Jean de Laon, 1581 , in-4^ Les mêmes gravures étaient employées et le traducteur présentait cette version très fidèle des vers latins de l'Emblème XXXIX :

Qui es-tu (di le moy) marchant si mal vestuë?

Je suis Beligionj de V Eternel issue.

D'où vient ce pauvre habit ? fi de caduque arroy.

Quel beau livre est-ce là? de mon père la loy. Que ne te couures-tu ? de rondeur suis amie.

Que veut dire ta croix? sans la croix ie n'ay vie.

Et tes ailes ? ie fay V homme voler aux deux.

Tes rayons ? VaboU terreur pernicieux.

Ce, frein ? Vame par moy ses passions surmonte.

Et la mort sous tes pieds? la mort ie mords et dompte.

Personne n'ignore combien ces dessins symboliques étaient alors à la mode. Les Emblèmes d'Alciat, les Devises héroïques de Claude Paradin avaient de nombreuses éditions et étaient dans toutes les mains ; plusieurs libraires et imprimeurs leur empruntèrent le sujet de leurs marques. On ne s'étonnera donc pas que la même faveur ait accueilli les Emblèmes de Théodore de Bèze parmi ses coreligionnaires.

Challoaa et Chesneau, Imprimeurs à.

I^ouduii. — Nous avons dit, page 24, que nous n'avions pas de données sur l'origine de François Chesneau, l'associé de Vincent Challuau, imprimeur à Loudun pendant la Révolution. Au dernier moment, M. Henri Grimaud nous apprend que ce Chesneau était ouvrier de Breton-Challuau à Chinon et que, dans les registres des délibérations de la Société populaire de cette ville, figurent parmi les nouveaux membres « Chesneau ûls^ imprimeur », admis à la séance du 25 frimaire an II, et « Challuau le jeune, ouvrier d'imprimerie », admis à la séance du 2 frimaire suivant. La première impression due à leur association à Loudun étant du 30 ventôse an II, c'est donc dans ce court intervalle qu'ils y montèrent leur presse, c'est-à-dire entre le 22 novembre 1793 et le 20 mars 1794, ère vulgaire.

La liste des impressions de Bichon, à Châtellerault (page 90), doit commencer par l'ouvrage suivant que nous avons omis :

QUEL EST LE PLUS GRAND SIÈCLE? Par le

P. Marin de Boylesve^ de la Compagnie de Jésus. 1870. — In-18 de 124 pages.

Page 90, ligne 4, au lieu de Louis XllI, lisez : Louis XYIil. Page 92, ligne 26, au lieu de Montaut, lisez : Montant. Page 98, ligne 8, au lieu de Ch. de Gresset, lisez : Ch. de Gressol. Page 106, ligne 13, au lieu de A. Mol, lisez : A. Not.

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