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Chapitre V. — LOCALITÉS DIVERSES

Luflignan

EPISTOLA Joannis Monluciiy episcopi Valentiniy régis Gallorum legati ad Poloniœ ordineSy de illustrissimo Andium duce in regnum polonicum allegendo. Ejusdem Monlucii defensio pro illustrissimo Andium duce^ adversus quorundam calumnias. Alia adversus hujus ipsius defensionis calumnias Zachariœ Furnesteri defensio pro justo et innocente lot millitim animarum sanguine in Oallia effuso. 1573. ( la an :) Lusiniani Pictonum excudebat Ivo Durerius, mense Mar. Adoo Domini 1574. — In-S'' de 93 p. num., plus un f. blanc.

(BibL nat., Lb 34, n« 19.)

Si Ton s'en rapporte aux énonciations de ce volume, Lusignan (1) aurait possédé une presse et un imprimeur dès le XVI* siècle, et l'auteur du Dictionnaire de Géogra-phie à fiisage du libraire a accepté cette opinion. La chose est possible, mais elle ne laisse pas de nous inspirer certains doutes. L'imprimeur quelconque de ce petit ouvrage n'aurait-il pas cherché à dissimuler sa personne sous une fausse adresse pour se soustraire aux vengeances de ses adversaires politiques? Le libelle qu'illivrait au public était

(1) Les protestants s'étaient emparés du château de Lusignan au mois de janvier 1573 et ils roccupôrent jusqu'au jour où le duc de Montpensier le leur reprit après trois mois de siège (octobre i574-janvior 1575) et le rasa de fond en comble.

en effet un acte d'accusation très virulent contre les exécuteurs du massacre de la Saint-Barthélemy,et l'auteur s'était, de son côté, déguisé sous un faux nom ; d'après le P. Lelougi Bibl. hist. de la France^ nM8146), Zacharias Furnester est le pseudonyme pris par Hugues Doneau, célèbre jurisconsulte protestant (i). L'existence même d'Yves Durer ou Durier est contestable, car on ne retrouve son nom sur aucune autre impression. Nous n'osons donc pas être trop affirmatif sur un fait qui, dans la chronologie de l'imprimerie en Poitou, placerait Lusignan immédiatement après Poitiers, bien avant les villes de Niort et de Fontenay.

Sous la première, République, Lusignan, qui était alors chef-lieu de district, fut sur le point d'avoir une imprimerie. Le citoyen Bujault, imprimeur à Niort, lui offrit une presse, des caractères et des ouvriers, à la condition de les envoyer chercher, vu la difficulté de se procurer des voitures à Niort. Ces offres furent agréées par le Conseil général du district dans sa séance du 21 prairial an II (2), mais nous ne savons quel empêchement fit échouer l'affaire au dernier moment; Bujault porta sa proposition ailleurs, et nous avons vu que ce fut Civray qui en profita quelques semaines après.

En 1886, un imprimeur du nom de Pierre Marsac a quitté la Mothe-Saint-Héray (Deux-Sèvres) pour venir s'établir à Lusignan. Lapièce suivante est sortie de sa presse:

UN ÉPISODE de la lutte religieuse de 1889 à 1893, ou

(1) Hugues Doneau, nô en 1527 ou 1528 & Ghàlons-sur-SaÔne, professa le droit d'abord À Bourges» puis» après la Saint-Barthélemy, & Heidelberg, À Leyde et à Altorf, où il mourut le 4 mai 1591 (y. st.)*

(2) Arch. de la Vienne, Reg, des délibéralions du Conseil général du district de Lusignan^

la Vérité sur les événements de Saint-sSauvant, par Jacques Misère (pseudon.). 1893. — In-S* de 42 p.

Smarve

CALENDRIER perpétuel à roues ^ propre à vérifier les dates et à servir d'Almanach ordinaire^ par R. J. F. Lesminières. A Saraarve, près Poiliers, stéréotypé et imprimé par Fauteur, 1812. — Iq-24 de 11 1 p.

La couverture imprimée porte ce titre diflcreut : Instruction ou conduite du calendrier perpétuel composé de seize roues, dont quelqu^unes ne se tournent que tous les cent ans; Propre à vérifier les dates... Au 2^ f . on lit : Se trouve à Samarve près Poitiers, chez l'auteur; à Poitiei'Sy chez F.'A. Barbier, imprimeur-hbraire, place Notre-Dame. Dans une pièce de vers qai est en tête du volume, l'auteur se dit c Desmloière {sk) amateur de la typographie » .

L'impression fort incorrecte paraît être en effet plutôt le passe-temps d'un amateur que l'œuvre d'un ouvrier de profession. C'est le même Desminières qui, en 1836, a exécuté et signé trois lithographies dont l'une est un Plan topographique de Poitiers et les deux autres des Points de vue du bassin de Ligugé.

Ingrande

RENÉ BRIC HETE AU DE LA MORANDIÈRE. Bri* cheteau de Gravelonne^ de la Chesnay de la Morandière. Sans nom de lieu, 1883. — Iq-S^' de 33 ff. non ch. et imp. seulement au recto.

On lit à la ûq : Aut.*lmp. Eené Bricheteau de la Morandiére.

Cet amateur, qui avait pris à Paris quelques notions de typographie et en avait rapporté quelques caractères, se plut à composer une généalogie de sa famille et à l'imprimer lui-même dans sa propriété d' Ingrande.

LigUgé

En I89i, les Bénédictins de Ligugé ont monté dans leur monastère de Saint-Martin une petite imprimerie dont le volume suivant est le premier produit :

BIOGRAPHIES MONASTIQUES. Le Moine Bénédictin^ par le R, P. Dom Besse, moine bénédictin de Vabbaye de Ligugé, Ligugé, imprimerie Saint-Martin, 1892. — Pet. in-8*» de viii-138 p.

Depuis, le jeune établissement a prospéré et il en est sorti de nombreux et importants ouvrages. Nous n'en donnons pas ici la liste, l'imprimerie Saint-Martin publiant elle-même des catalogues qui sont très répandus.

Il publie aussi, depuis le i*' novembre 1892, un Bulletin de rassociation de Saint-Martin^ dont le siège est à Tabbaye, paraissant le 1*' de chaque mois en 16 pages in-8*.

Mirebean

Un brevet de libraire était délivré le 5 décembre 1845 à Eugène Chevallier, né le 8 mai 1817 à Mirebeau.

Ce Chevallier est une figure qui ne manque pas d'originalité. Il cumulait les fonctions d'instituteur libre, de secrétaire de la mairie, d'employé auxiliaire des Contributions directes avec celle de libraire. S'étant lancé dans la politique d'opposition, il dut abandonner Mirebeau après le coup d'État de 1851 et alla vivre à Tours de son travail et de ses leçons. En 1872, ses opinions avancées l'obligèrent encore à quitter cette résidence et il se rendit à Paris, où il

trouva un emploi dans les écoles communales. Entre temps il a écrit plusieurs ouvrages dont les plus importants sont ; Histoire populaire de la France^ 1 vol.; Histoire populaire de 1789 à 1883^ i vol. ; Leçons d'instruction populaire à t usage des adultes, 4 vol. ; Etudes sociales^ 1 vol. ; Faits et anecdotes relatifs à P histoire de Mirebeau et du Mi7*ebalaiSj en cours de publication. Sur ce dernier ouvrage, qui est imprimé par son fils, devenu imprimeur à Asnières (Seine), il se qualifie « officier d'académie, président fondateur de laSociété F Union des Instituteurs et des Institutrices publics de la Seine, direcleur du Ralliement des Instituteurs^ professeur à Paris » .

Après le départ de Chevallier, en 1832, Almire Aupoix avait reçu un brevet de libraire à Mirebeau.

Neuville

Pierre Marit fut libraire dans ce bourg en vertu d'un brevet du 25 juillet 1849 ; il figure pendant plus de 20 ans sur les Annuaires du département. Son commerce ne s'étendait qu'à quelques livres d'écoles et d'un ordre très commun •

Chanvigny

Un sieur Séguéla y a exploité pendant quelques années un brevet de libraire qui lui fut délivré le 29 août 1861.

Chauvigny a eu aussi ses journaux :

Le Petit Chauvinois, organe de la démocratie républicaine du canton^ in-fol. de 4 pages à 3 colonnes, dont le 1" numéro est du 12 octobre 1889, et qui paraissait encore le

13 août 1892; mais, à défaut d'une presse locale^ il a été imprimé à Poitiers, d'abord par Barroux-Gauvin, puis par A. Masson.

Le Républicain Ckauvinois, organe du parti républicain^ imprimé à Poitiers par Millet et Pain, a daté son l"' numéro du 29 avril 1892.

Le Républicain de Chauvigny^ journal indépendant , a débuté le 28 juillet 1895, imprimé par V. Petit, de Poitiers.

Dans le même ordre d'idées, nous pouvons encore citer, pour le département de la Vienne , d'autres feuilles d'un jour, échos des luttes engagées au mois de septembre 1889 sur l'arène électorale. VEcho de Saint-Julien-fArSy VEcho de Neuville^ VEcho de Mirebeau^ VEcho de la Villedieu^ VEcho de Saint-Georges^ VEcho de Vouillé parurent le 21 septembre, imprimés à Poitiers par Biais, Roy et G^ Le parti adverse leur opposa le même jour la Gazette de Saint-Julien-lArs , la Gazette de la VilledieUj la Gazette de Saint-Georges^ la Gazette de Vouillé ^ le Radical Neuvilloisy le Progrès JUirebalais, imprimés à Poitiers par Descoust et Pain. L'impulsion étant donnée, VEcho de Vouneuil-sur^Vienne sortait de l'imprimerie Biais, Roy et G** le 21 décembre suivant, à l'occasion d'une autre élection. On peut supposer que pour de prochaines luttes ces produits de nos nouvelles mœurs politiques renaîtront de leurs cendres.

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