CHAPITRE PREMIER
IDfs Ipierifs.
Le choix des pierres influe beaucoup sur les résultats de la Lithographie , aussi commencerons nous par parler de leur qualité.
On emploie communément deux espèces de pierres , les unes appelées pierres françaises, les autres, pierres de Munich.
Les recherches et les exploitations qu’on a faites en France de carrières de pierres pi’opres à la Lithographie, n’ont donné jusqu’ici que des résultats peu satisfaisans ,
elles sont généralement très-tendres ; eelles de Munich , au contraire, sont pour la plupart, d^une grande netteté, ont la pâte plus dure, les pores plus serrés et retiennent mieux le crayon ; ces qualités les ont fait préférer , avec raison, aux pierres françaises qui sont entièrement abandonnées pour le dessin .
Mais parmi les pierres de Munich , un choix est encore nécessaire. Leur couleur varie, elle est ou gris perle ou blanchâtre ; les premières sont d’une qualité supérieure , elles sont plus dures et servent pour les dessins au crayon , les autres, dites second choix , peuvent être employées pour les dessins au trait , croquis , écritures, et autographies. Il faut ranger parmi ces dernières , les pierres grises qui ont des taches blanches ou des fissures , car lors de l’impression , le crayon ne tient pas sur ces parties.
Pour s’assurer de la bonté d’une pierre, il faut passer sur toute sa surface une éponge mouillée , s’il existe des taches ou des fissures, elles se montrent aussitôt, et la pierre doit être réputée second choix.
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Lorsqu’une pierre n’a pas encore servi, il faut, avant de la dresser, prendre une lime et arrondir les carres dessus et dessous, l". Dessus , afin que pendant le dressage ou grainage , il ne se détache pas d'éclats qui pourraient faire des raies très-profondes. 2°. Pour que l’éponge ne se déchire pas en s’accrochant aux carres et afin que les bords ne prennent pas le noir et ne coupent pas le rouleau.
Dessous , pour que l’artiste et l’imprimeur ne courent point les risques de se blesser en portant la pierre, et qu’elle
ne coupe pas les cartons sur lesquels on la pose dans le chariot.
Celte opération terminée , on met la pierre sur la table à grainer et avecAin tamis de crin, on passe du grès jusqu’à ce qu’elle en soit couverte , puis avec un peu d’eau , on mouille le grès, ensuite on prend une autre pierre de même dimension que l’on met dessus, et on les frotte en tournant jusqu’à ce que le grès soit usé , alors on lave les pierres et l’on recommence huit ou dix fois la même opération , en ayant soin de changer les pierres à chaque nouveau grain c’est-à-dire, de mettre dessous celle qui était dessus, et ainsi de suite.
Quand les pierres ont été ainsi préparées , il faut les laver et les mettre sécher , afin de voir si elles sont bien droites , ce qui a toujours lieu lorsqu’elles n’accrochent pas pendant le dressage , et si leur surface présente un grain égal. Il est bien essentiel de faire une marque aux deux pierres que l’on graine ensemble, afin de ne pas les confondre , car il arrive fort souvent que des pierres très-droites ne le sont plus lorsqu’elles sont grainées avec d’autres.
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Après s’être bien assuré que la pierre est droite, il faut prendre diisablon jaune passé dans un tamis en laiton trèslin et en mettre peu sur la pierre en le mouillant, le reste se fait comme pour le dressage, en ayant soin seulement de ne pas appuyer.
On use trois sablons; les deux premiers, jusqu’à ce que les pierres restent adhérentes , pour éteindre le gros grain occasionné par le grès, et le dernier, un peu moins , selon la qualité que l’on veut donner au grain.
Après avoir lavé les pierres avec tic l’eau Irès-propre , on les met égoutter clans un endroit où elles ne puissent recevoir de taches , et lorsqu’elles sont bien sèches , on passe sur la surface grainée une brosse en blaireau pour en faire disparaître les grains de sablon , puis à l’aide d’une loupe , on regarde si le grain est aussi fin qu’on le désire , s’il en est ainsi , on pose sur les pierres une feuille de papier de soie , une autre de papier gris , et on les enveloppe soigneusement jusqu’au moment de leur emploi, en évitant de les déposer dans un endroit humide.
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Quand une pierre est dressée , si on la destine à un dessin au trait , une écriture ou une autograpbie, au lieu de passer le sablon , il faut la frotter d’un bout à l’autre avec un morceau de pierre ponce préalablement uni à la lime et que l’on mouille de temps à autre. 11 faut avant de poncer , laver la pierre , afin cju’il ne reste aucun grain de sable , autrement elle serait rayée, et il faudrait recommencer.
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L’effaçage des pierres diffère peu du dressage , il est trèsimportant de les bien effacer , surtout si elles sont destinées à recevoir un dessin au crayon ; faute de cette précaution , l’ancien travail reparaîtrait sous le nouveau et le dessin serait perdu.
Il faut pour éviter cet accident, continuer d’effacer jusqu’à ce qu’on ne voie plus de traces de l’ancien dessin ; il n’est pas rare d’user trente à quarante grès avant d’obtenir ce résultat, car tant que l’on voit sur la pierre la marque du dessin comme une tache blanche, c’est signe qu’elle n’est pas effacée parfaitement.