‹ L'imprimeur lithographeChapitre 3 sur 10 · CHAPITRE SECOND · texte numérisé non relu

CHAPITRE SECOND

la Ipmgf.

La description de la presse est en quelque sorte plus utile aux ouvriers menuisiers et mécaniciens qu’aux imprimeurs , car on peut fort bien savoir imprimer, sans pour cela connaître ce qu’un morceau de bois porte de hauteur et d’épaisseur, je ne ferai donc pas cette inutile description ; on trouvera au chapitre des épreuves d’essais (page 27 ), la manière de caler une pierre, d’en régler la pression, etc., et cela est plus que suffisant , car l’intelligence de l’imprimeur saura suppléer au reste.

2lppvft Ï>f6 €1)00310 nfuf0.

Lorsqu’un châssis n’a pas encore servi , il faut mettre sur la presse une pierre blanche de la longueur et de la largeur du cuir , ajuster ensuite un rateau de la largeur du châssis, régler la hauteur de ce dernier comme si l’on devait faire un tirage, (voyez page 28 ). Il faut quand tout est ainsi préparé, graisser le cuir avec du suif partout où le rateau doit passer , puis couvrir la pierre d’une feuille à maculer afin que la graisse ne la tache pas, et donner une très-faible pression dans toute la longueur du châssis; cette pression étant faite, on prend le suif qui se trouve amassé au bout du cuir , on l’étend de nouveau, puis l’on donne une seconde pression et ainsi de suite.

Pour que le châssis soit bien fait , il faut le passer une vingtaine de fois sous la presse en augmentant graduellement les pressions afin que les dix dernières soient aussi fortes que si l’on imprimait.

Il faut avoir soin , toutes les deux ou trois pressions , de tendre le cuir, au moyen des écrous à oreilles qui sont placés à l’extrémité du châssis, faute de cette précaution , le cuir se plisserait et serait perdu.

On peut se servir du châssis aussitôt qu’il a subi cette opération.

iDi'0 Üloulfûu^ ÎTf leur apprrt.

Quand un rouleau est neuf, la peau doit être d’un grain très-fin , bien égal et peu plucheuse ; avant qu’il puisse servir à l’impression , il a besoin de la préparation suivante ;

Ou élend sur le rouleau une partie de vernis fort que l’on mêle avec du noir usé relevé de dessus la table , et .on le roule à peu près im quart d’heure , dans ce mélange qui doit être très-liquide, puis on le gralte et on recommence la même opération cinq à six jours de suite et à plusieurs reprises de la journée.

Quand la peau devient unie et que les peluches ont entièrement disparu , on peut s’en servir pour imprimer des écritures ou des dessins peu précieux , mais comme un rouleau neuf a toujours le défaut de graisser la pierre , il faut quand ôn commence à s’en servir, n’imprimer qu’une quinzaine d’épreuves avec , et en tirer ensuite un pareil nombre avec un vieux rouleau, puis reprendre le neuf, et ainsi de suite.

Ce moyen est très-bon en ce que le rouleau se fait promptement et que la pierre n’en souffre pas.

Chaque imprimeur doit avoir trois ou quatre rouleaux et les faire travailler alternativement, car à force de servir, ils se mouillent , et ne prennent plus le noir.

Il faut chaque soir gratter les rouleaux qui ont servi dans la journée, on se sert à cet effet d’un couteau qui ne coupe pas, on le tient très-penché en allant de bas en haut avec précaution , afin de ne pas écorcher la peau; cette opération sert à enlever le noir usé et l’humidité que le rouleau prend en passant sur la pierre ; quand ils sont gi’attés, on les met sécher sur une planche percée de plusieurs trous, assez éloignés les uns des autres pour que l’air puisse circuler entre chaque rouleau ; ces planches se mettent ordinairement le long du mur , mais c’est une mauvaise habitude, car s’il est humide , les rouleaux ne sèchent pas.

Pour parer à cet inconvénient, on se sert d’une planche portative en forme de banc dont le dessus est percé de sixou huit trous, lorsque les rouleaux sont dessus, si l’atelier est

trop hrimidc, on porte ce banc dans un autre endroit pour y passer la nuit.

Pour l’impression des dessins , les rouleaux n’ont besoin que d’une flanelle, et pour les écritures, ils doivent en avoir deux; si l’on tirait les dessins avec ces derniers, on allourdirait les demi- teintes et les vigueurs perdraient leur brillant et leur pureté.

Il faut avoir plusieurs sortes de rouleaux , les uns durs, et les autres plus doux; les durs servent à imprimer les dessins vigoureux, ou les planches d’écritures qiii tendent à pousser au noir; ils encrent un peu difficilement peut-être, mais ils ne sont pas sujets à empâter les noirs; les doux sont préférables pour tirer les dessins légers , ou les écritures légères, ils nourrissent les finesses, ce qu’on peut obtenir également avec les durs mais avec plus de difficultés.

Pour rendre un rouleau doux , il faut desserrer un peu les ficelles qui sont aux extrémités.

Quand on a travaillé avec un rouleau pendant trois ou quatre mois , il arrive quelquefois que la couture marque sur le dessin, il faut alors faire retirer la flanelle (qui se trouve collée sur le bois et qui remplit de peluche la couture du rouleau ) et la remplacer par une neuve , aussitôt l’inconvénient cesse.

Lorsqu’à force de servir , un rouleau se découd, il faut le faire recoudre sans délai , autrement on court les risques de déchirer la peau à côté do la couture , et de perdre un rouleau qui souvent est difficile à bien remplacer, car plus ils sont vieux, meilleurs ils sont.

€l]oiï ft apprêt ître €ponigr0.

Il faut choisir les éponges d’un grain fin , très-épaisses et d’une forme ovale, celles appelées champignons ne valent rien pour la Lithographie , elles sont creuses , mouillent inégalement et il est presque impossible de retirer les pierres et coquillages qu’elles contiennent , ce qui est un grand inconvénient, cai' on risque de rayer le dessin.

Avant de se servir d’une éponge , il faut la battre dessus et dessous avec un marteau , jusqu’à ce qu’elle devienne très-plate, ensuite la secouer pour en faire sortir les coquillages que le marteau à du réduire en poussière , la laver jusqu’à ce que l’eau reste propre , et enfin la mettre dans un linge que l’on tord fortement afin de ne lui laisser qu’une légère moiteur.

Pour dégommer ou pour étendre l’eau sur la pierre , on peut se servir d’éponges plus communes, après leur avoir fait subir le même apprêt.

Page 1