‹ L'imprimeur lithographeChapitre 5 sur 10 · CHAPITRE QUATRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRE

jDfô Ufruis.

On prend de l’huile de lin , la plus vieille est la meilleure (elle doit être d’un jaune doré), on la met dans une marmite de fonte à trois pieds , si cette marmite peut contenir quinze livres d’huile , il n’en faut mettre que douze , afin d’éviter qu’en bouillant elle ne déborde ; et après l’avoir couverte , on la met sur un feu très-vif, puis au bout d’une heure, environ , on procède au dégraissage de la manière suivante :

On coupe du pain blanc rassis , par tranches minces ( deux livres de pain pour douze livres d’huile ) ; on en pique un morceau au bout d’une baguette que l’on met d’abord sur l’huile , puis pn le plonge peu à peu jusqu’au fond de la marmite; si l’huile a le degré de chaleur convenable, elle doit bouillonner autour du pain , autrement il faut la recouvrir pendant quelques minutes , si au contraire elle produit cet effet, on continue le dégi’aissage , en mettant toujours le pain de la même façon, et lorsqu’un morceau est entièrement rôti , on le remplace par un autre.

Cette opération terminée, 11 faut recouvrir la marmite et modérer la vivacité du feu ; une demi-heure après, lorsque la fumée de l’huile devient blanche, on la découvre, puis on approche une baguette enflammée qui doit y mettre le

feu, s’il ne prend pas, c’est que l’huile n’est pas assez chaude , alors on recouvre la marmite pour l’ccommencer la même épreuve cinq minutes apres. Il est beaucoup plus prudent d’y mettre le feu que d’attendre qu’il prenne seul , car il arrive quelquefois que l’iiuile étant trop chaude prend toul-à-coup et se perd , tandis qu’en la prévenant on n’a pas ce danger à courir. /

Lorsque l’huile conserve sa flamme, il faut la remuer continuellement avec une cuiller en fer , et si elle devient trop vive , couvrir la marmite en la retirant de dessus le feu , pour la mettre dans un trou que l’on a fait en terre, et au bout de cinq minutes , on y remet le feu toujours en remuant avec la cuiller , puis on l’éteint pour le rallumer encore cinq minutes après, et ainsi de suite.

S’il arrivait, lorsque le feu est dans l’huile, que la flamme montât trop haut et qu’il se formât dessus une espèce d’écume , on se hâterait de couvrir et d’enterrer la marmite en jet tant précipitamment la terre restée autour du trou, de façon qu’il y en ciit huit à dix pouces au-dessus du couvercle , un quart-d’heure après , on retirerait avec précaution la terre de dessus le couvercle, évitant .soigneusement d’en laisser tomber dans la marmite, on y remettrait le feu pour faire dissiper l’écume , et on continuerait à le l)rûler jusqu’à ce qu’il frit au degré convenable.

Pour s assurer si le vernis a la force qu’on veut lui donner, on en met sur un tesson , lorsqu’il est froid , on en prend entre le pouce et l’index, on les rapproche à plusieurs reprises ; si ce vernis est destiné à imprimer l’écriture, il faut lorsqu’on écarte les doigts, qu’il claque faiblement et file peu, si au contraire , c’est pour l’impression des dessins au crayon , il doit avoir la consistance du sirop de guimauve et en éloignant et rapprochant les doigts , former une vingtaine de fils d’un jaune vert.

Oropage î>es Hoirs ïr’impressioit.

Après avoir mis du vernis fort sur le marbre à broyer, on 1 étend avec une molette en marbre ou en verre, on y ajoute peu à peu du noir de fumée calciné que l’on mêle en broyant, jusqu’à ce qu’il devienne épais comme de la poix , alors il faut cesser d’en mettre et broyer en ayant soin de le relever de temps en temps avec un grattoir , afin qu’il soit broyé aussi bien dessous que dessus.

On connaît un noir bien broyé à son brillant. Il ne doit s’y rencontrer aucun grumeaux ni grains ternes , et lorsqu’on le coupe , la filandre doit retomber lentement.

Il n’est pas nécessaire qu’il soit broyé dur au point de s’entamer diflicilement au couteau , ce serait fatigue et perte de temps pour le broyeur , puisque pour l’employer il faudrait y ajouter du vernis , mais il n'est pas mauvais qu’il ait une force moyenne , car il sera nécessaire de l'employer pur si le dessin menace de séstomper.

Pour l’impression des écritures et des dessins au trait , le noir se fait de la même façon , hors qu’il doit être broyé un peu moins dur, et qu’on se sert de vernis faible , au lieu de fort.

En hiver , pour rendre le noir à dessin plus adhérent, on le broyé avec deux tiers de vernis fort et un tiers de faible.

Page 1