CHAPITRE TROIS
illouiliai^e ÎJcs papiers sans rolU.
Après avoir coupé le papier au format nécessaire , on le dépose sur une table , par portions régulières de dix , douze ou quinze feuilles , selon sa force ( 1 )? on en sépare une portion par la moitié et on en mouille une feuille, ensuite on met un paquet de sèches , sur lequel on en mouille une autre feuille , et ainsi de suite , en remettant par dessus la dernière feuille mouillée , la moitié du tas qu’on a employé précédemment.
Pour mouiller le papier commodément , il faut avoir un baquet plat et carré , ou une bassine en fer blanc de même forme , on tient la feuille par les deux coins du haut et on la pose légèrement sur l’eau , en évitant qu’il en passe dessus ; lorsqu’elle est imbibée partout , on la retire et on la laisse égoutter , puis on porte à la bouche le coin que l’on lient dans la main droite , on descend la main pour saisir la feuille par le coin droit , on approche un peu les mains povir arrondir la feuille et l’empêcher de se renverser , on quitte le coin qu’on tient à la bouche, pour la
(i) Le colombier se mouille une feuille sur dix sèehcs ; le jésus, une sur douze, et le raisin ou le carré, une sur quinze.
poser sur le papier à mouiller, continuant ainsi jusqu'à la fin.
Le papier ainsi empilé doit être placé entre deux planches bien unies , appelées : ais , et porté sous la presse , si l’on est certain qu’il a été bien égoutté , on peut le serrer sur-lechamp , dans le cas contraire, il faut attendre une heure.
Le papier se mouille habituellement le soir pour être employé le lendemain , si cependant il arrivait qu’on eût besoin de faire un tirage imprévu , on le mouillerait avec une éponge imbibée d’eau, en la passant sur toute la feuille, mais au lieu do mouiller la dixième, douzième ou quinzième, comme au baquet, il faudrait humecter la huitième, dixième ou douzième, et mettre sous presse immédiatement; on pourrait employer ce papier une heure après.
Quand il s’agit d’impression sur papier de Chine , il faut que le papier blanc soit un peu plus mouillé.
inouilla]0f papiers foUrs.
Les papiers à registres , ceux de couleur pour enveloppes d’albums, se mouilîertt une feuille .sur six, mais on la trempe dans le baquet, attendu que le papier étant collé, ne communiquerait pas assez d’humidité aux autres feuilles si l’on se contentait de le passer sur l’eau comme le papier sans colle.
Il y a encore une manière préférable de mouiller les papiers collés , c’est de passer à l’éponge une feuille sur deux ; ce procédé est peut-être plus long , mais le résultat en est plus certain en ce que le papier ne se plisse pas et qu’il se trouve mouillé plus également.
Les papiers à lettre se mouillent par cahier , on les
place l’un sur l’autre, c’est-à-dire un sec et un que l'on a mouillé en le trempant dans le baquet, après avoir eu soin de le laisser égoutter , et ainsi de suite.
Les cartes lisses et les cartes porcelaines ne se mouillent pas 5 on les inlercalle dans du papier frais, autrement elles perdraient leur lustre.
Les papiers collés après le mouillage, se mettent eu presse comme ceux qui ne sont pas collés.
€oUaue ïrii papier île €l)inf.
On délaie de la colle de pàtc dans de l’eau, jusqu’à la consistance d’une bouillie un peu claire , on la passe dans un linge en le tordant ; de cette façon , la colle se trouve dégagée de grumeaux qui formeraient épaissseur sur le ))apicr.
Lorsque la colle est ainsi pré{)arée , on étend sur une planche bien unie et un peu plus longue que le papier de Chine, le nombre de feuilles que l’on veut coller, en ayant soin de metirc le côté le moins lisse en dessus, car c'est l’envers du papier et c’est de le côté^que l’on met la colle, qu’il faut étendre sur toute la feuifié; avec un large pinceau appelé queue de morue, que l’on passe toujours dans le même sens , c’est-à-dire devant soi , sur la largeur du papier.
Lorsque la feuille en est légèrement couverte , on repasse le pinceau, mais sans prendre de colle, afin d’égaliser partout et d'éviter les inégalités qui nuiraient au dessin , ensuite i^ec un bâton rond tiès-propre, on enlève doucement la feuille collée et on la met à cheval sur une corde tendue, afin qu’elle sèche promptement, traitant chaque feuille de la même manière.
Aussitôt que ce papier est sec , on peut le retirer de dessus les cordes et le rouler de façon à ce que le côté collé se trouve dessus.
Lorsqu’on veut s’en servir , on déroule le nombre de feuilles dont on a besoin , et après avoir coupé un papier de la dimension que doit avoir le carré de Chine , on en ploie une feuille en huit, dix ou douze, suivant le format du dessin, puis on pose le modèle sur le papier de Chine , ainsi ployé et avec une règle en fer et un grattoir très-' mince, on le coupe par carréd.
Il est essentiel de mettre un carton de pâte dessous le papier de Chine, afin que la dernière feuille ne soit pas déchirée ni abimée par le grattoir.
Le papier de Chine doit être épluché à l’envers , seulement avant le collage , afin que la colle ne fixe pas les peluches, nœuds, etc. , qui se trouvent dessus ; pour obtenir ce nettoiement, il suffit de passer légèrement sur tous les endroits tachés, avec un grattoir bien tranchant, et l’on parvient à en enlever les ordures sans endomiuager le papier.
Il vaut mieux éplucher l’endroit du papier de Chine après qu’il est collé et coupé ; et cela par économie de temps, car lorsqu’une feuille est entière, il faut l’éplucher partout, tandis qu’étant coupée , il arrive souvent que les défauts ont disparu dans les rognures , ensuite si l’on imprime un portrait et que les vêtemens soient colorés , il suffit d’éplucher le papier à l’endroit de la tête; si c’est pour un paysage, les défauts quelquefois passent inaperçus , et alors il y a véritablement économie de temps.
Après que le papier de Chine est épluché, on l’intercale dans le papier blanc en mettant une feuille de Chine entre chaque feuille de papier blanc ; il faut que l’intercalation se fasse au moins une heure avant qu’on n’emploie ce papier , pour un petit dessin , et du soir au lendemain pour un
grand dessin , de celle façon, le 2^apicr de Chine se tend parfaitement , cl l’on évite les bavochures (voyez page 41).
Pour marger le pajîier de Chine bien droit, on pose une feuille sur le dessin , quand on est certain qu’il n’y en a pas plus d’un côté que de l’autre, on fait quatrepoints sur la pierre ( un à ehaque coin de la feuille de Chine ) , avec un morceau d’étain, cette marque s’appelle des repairs et sert pour toutes les épreuves suivantes , ensuite on pose la feuille de papier blanc sur celle de Chine qui se trouve fixée dessus par la pression , et en relevant l’épreuve , les deux feuilles n’en forment qu’une.
Il faut faire attention à mettre le coté sans colle sur le dessin, autrement la feuille de Chine se collerait sur la pierre et l’épreuve serait perdue ; même précaution à observer en le collant , car s’il se trouvait de la colle à l’endroit du papier , cette négligence donnerait au tirage un résultat pareil au précédent.
S’il arrivait qüc l’on fît des trous à la feuille de papier de Chine , en l’épluchant , il ne faudrait pas pour cela la mettre au rebut, car elle peut sci-vir et voici comment :
On pose sur le dessin la feuille de Chine, en ayant soin que le trou se trouve dans un endroit vigoureux , ensuite on recouvre le trou avec vui j)Ctit morceau de jiajiicr de Chine provenant des rognures, puis on met la feuille de papier blanc, et la pression applique le tout comme il a été dit plus haiil.