‹ L'imprimeur lithographeChapitre 8 sur 10 · CHAPITRE SEPT · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPT

(ÊprfUDfô λ’€00ai0.

On commence par arranger le noir sur le rouleau ; on le met un peu léger et en petite quantité, puis on le roule sur la table au noir jusqu’à ce qu’il soit bien étendu, ensuite on ajuste un rateau de quelques lignes moins long que la pierre et on dégomme en jetant de l’eau sur la pierre, sans frotter. On la met sur la presse après avoir essuyé le dessous afin de ne pas mouiller les cartons qui se trouvent dans le chariot, et avec un linge fin que l’on arrange en forme de tampon, on éponge légèrement l’eau qui est sur le dessin, jusqu’à ce que la pierre ne conserve qu’une légère humidité ; on y verse ensuite de l’essence de térébenthine que l’on étend avec un morceau de flanelle , et lorsqu’il ne reste plus aueunes traces du dessin, on essuie l’essence avec le linge qui a servi précédemment et l’on passe le rouleau une fois seulement, sans appuyer ; ensuite , il faut mouiller la pierre avec l’éponge commune qui est imbibée d’eau et l’essuyer avec l’éponge fine (que l’on a eu le soin de tordre dans un linge afin qu’elle ne conserve qu’une légère moiteur), de façon que toute la surface soit humide,

aussi bien les marges que le dessin , puis on roule le rouleau sur la table au noir jusqu’à ce qu’il morde bien, et on le passe lentement sur la pierre en serrant un peu les poignées du rouleau et en le roulant dans tous les sens , afin que le dessin soit ehargé également ; lorsque la pierre sèche , ce qui s’aperçoit au mordant du rouleau sur le dessin, il faut la mouiller de nouveau, repasser le rouleau et l’ajuster au moyen de traverses qui s’adaptent dans l’intél ieur du chariot ainsi qu’avec les coins que l’on approche sans frapper,' de façon à ce que lorsqu’on donne la pression, si la pierre se lève (ce qui a toujours lieu quand le dessin est près du bord), elle puisse reprendre son aplomb pendant la pression, autrement les cales l’empêchant de redescendre elle court risque d’être cassée; la pierre étant calée, on ajuste le châssis à la hauteur convenable , c’est-à-dire qu’il soit élevé de la pierre de six lignes ; on règle la course du chariot au moyen des vis qui sont dans les traverses de la presse , ensuite on remouille la pienc, on repasse encore légèrement le rouleau et on pose la feuille de papier sans la froltersur le dessin , on la recouvre de la feuille à maculer, on baisse le châssis, le porte-rateau, on bride, on met le pied sur la pédale, il faut sentir de la résistance; s’il n’y a pas assez de pression on en met davantage , soit par la crémaillère soit par l’écrou du porte-rateau, puis on tourne le moulinet jusqu’à ce que le chariot s’arrête au point qui fixe sa course, alors on retire le pied de dessus la pédale, on débride le porte-rateau, on le relève ainsi que le châssis, la feuille à maculer, et enfin l’épreuve qu’il faut lever avec précaution pour ne pas la déchirer.

Après cette première épreuve, on remouille la pierre et on repasse le rouleau comme il est dit ci-dessus, mais il n’en faut pas tirer plus de trois ou quatre , lors même qu’elles ne seraient pas satisfaisantes, car on s’exposerait à fatiguer te

dessin qui souvent vient sans difficulté à la reprise du tirage et donne de très-belles épreuves.

Les épreuves d’essais étant tirées, il faut enlever la pierre à l’essence, jeter de l’eau dessus (1) , l’essuyer avec le linge qui sert à cet effet , y passer l’éponge , enci’er le dessin avec le rouleau à l’encre grasse et gommer la pierre une heure après afin que le noir gras uit eu le temps de sécher.

Avant d’imprimer une planche d’écriture, on doit l’enlever à l’esseuce comme lorsqu’il s’agit d’un dessin , mais il faut s’en abstenir pour une autographie, à moins qu’il n’y ait urgence.

Jmprfôôion îrfs IDfSôins.

Après avoir ajusté la pierre, enlevé à l’essence, etc., comme il est dit pour les épreuves d’essais , on commence le tirage.

Pour bien imprimer également et ménager les vigueurs et les demi-teintes, il faut mettre pende noir sur le rouleau, ne pas attendre que les épreuves pâlissent pour en remettre de nouveau, et avoir bien soin de gratter les bords de la table au noir pour enlever celui qui est usé chaque fois que l’on en remet.

Pour un dessin vigoureux, il faut, si le noir est trop dur, y ajouter un peu de vernis fort, et en mettre du faible pour un dessin léger.

Si l’on imprime un portrait ou tin paysage , et que la figure ou les ciels viennent trop noirs, il faut retourner la

fl) On appelle cela enlever à blanc. On ne fait jamais aulicincut pour mettre une pierre à l'encre grasse.

pierre, c’est-à-dire mettre la tête ou les ciels sous sa main et les vigueurs du côté du porte-rateau , et comme il est bien redonnu que l’imprimeur charge davantage en liant qu’en bas les chairs ou les fonds viennent plus légers et Pinconvénient disparaît.

Si un dessin menaçait de pousser au noir dans un endroit seulement, il faudrait, après l’avoir légèrement eneré, passer sur cette partie une éponge imbibée de vin blanc, et nettoyer ensuite cet endroit avec le rouleau, ce que l’on obtient facilement en le roulant un peu plus vite qu’ailleui's et en le faisant pivoter; par exemple, si la partie qui prend ainsi le noir se trouve à la droite de l’imprimeur, il élève le côté gauche du rouleau à un pouce de la pierre, il ne dérange pas la main gauche qui forme pivot, tandis que la droite fait aller le rouleau et nettoie l’endroit taché.

On doit pour imprimer un dessin également, le tirer brillant et conserver la pierre dans un bon étatj encrer chaque épreuve ] deux fois; les deux derniers coups de rouleau se donnent en appuyant un peu moins que les autres afin d’épurer le dessin (1).

3mprfô0ion Îtf0 €f viturfs tt lrf0 2lutaigrapl)if0,

L’impression des écritures se fait comme celle des dessins, mais avec un noir plus léger dans lequel on ajoute du vernis faible, s’il est trop dur ; trois coups de rouleau suffisent pour

( i) Ces principes sont de ceux que "expérience enseigne, mais que l’on ne saisit bien que pai l’exercice. La théorie, dans un art d’exécution, ne peut jamais, quelque bonne qu’elle soit, suppléer à la pratique, elle lui aide sculeiucnt.

SI

cncier une faclurc ou une circulaire, les deux premiers coups se donnent un peu lentement et en appuyant, et le dernier se donne lestement et sans appuyer ; de celle façt)n la pierre doit être parfaitement encrée , et il est très-rare en s’y prenant ainsi que l’écriture bavoche.

Jmprfgsion île la (^raoure eur pierre.

Avant qu’une pierre ne soit gravée, il fautraciduler fortement et la couvrir d’une légère couche de gomme dans laquelle on a mêlé de la sanguine en poudre ou toute autre couleur afin que l’artiste puisse voir facilement les endroits qu’il grave.

Lorsque la pierre est gravée, on passe sur toute sa surface une éponge imbibée d’huile de lin et de noir ; ensuite on la lave , et la gomme disparaît emportant avec elle l’huile qui couvrait la pierre ; les endroits gravés conservent seuls le corps gras; puis on encre la pierre avec un noir préparé

ainsi :

Noir faible . h parties.

Vernis faible . 1 id.

Gomme arabique dissoute. 1/4 id.

Essence de térébenthine. . 12 à 15 gouttes.

On broie ce mélange avec un couteau à palette et l’on encre la pierre avec une brosse douce frottée dans ce noir, on la passe sur toutes les parties gravées, après avoir mouillé la pierre avec un chiffon imbibé d’eau légèrement gommée, et lorsqu’elle est encrée on la frotte avec un morceau de bois bien uni et recouvert d’un morceau de drap; par ce moyen, la

pierre est nettoyée et il ne reste de noir dessus que celui qui est dans les tailles, alors on tire l’épreuve sur du papier un peu plus mouillé que pour les impressions ordinaires.

Si dans le courant du tirage les traits de la gravure s’empâtaient, il faudrait nettoyer ces endroits en frottant avec un petit morceau de flanelle imbibé de gomme, et surtout se gaider d’employer de l’acide, car s’il en entrait une seule goutte dans les tailles il serait impossible d’y faire reprendre le noir.

galitf bans la pi'fôgion.

Il arrive quelquefois qu’une pierre est plus épaisse d’uii côté que de l’autre, ce qui rend la pression inégale; pour parer à cet inconvénient, on met sous la pierre une feuille de papier de la même grandeur, puis une seconde un peu pluspetite, et ainsi de suite, en lesétageaut de façon à ce que toutes les feuilles viennent aboutir du côté le plus mince , alors la pression devient égale sans que la pierre ait rien perdu de son aplomb.

Lorsqu’une pierre n’a pas au moins vingt lignes d’épaisseur il est prudent de la doubler, autrement on court risque de la casser.

Pour la doubler, on prend une pierre du même format, on délaye du plâtre avec de l’eau , puis on le verse sur le dos de celle qui sert de doublure; ensuite, on pose l’autre dessus le plâtre, en appuyant légèrement, en tournant, comme lorsqu’on fait un grain, et l’on continue jusqu’à ce que le plâtre sorte des quatre côtés ; ausilôt que le plâtre est pris on peut commencer le tirage, et quand on veut dédoubler on introduit un ciseau entre les deux pierres.

Citjiu'ô Hatfau.

Ces lignes sont oecasionées par les pierres et les nœxtds qui se trouvent dans le papier, et qui, en passant sous la pression , ébréchent le rateau; il faut alors le redresser avec une varlope, autrement il ne porterait pas aux endroits ébréchés et il ferait des lignes blanches sur l’épreuve; un moyen infaillible d’éviter cet ineonvénient, c’est de recouvrir le tranchant du rateau avec une bande de peau de veau semblable au cuir du châssis , que l’on fixe avec deux pointes aux deux bouts du rateau, ayant le soin de la bien tendre et de mettre le côté de la chair en dedans. Avec cette précaution, si une pierre ou un nœud échappe à l’attention de l’imprimeur, le rateau ne saurait être abîmé, attendu que le cuir qui le recouvre forme coussin et le garantit.

Ce procédé a encore l’avantage de rendre la pression beaitc coup plus douce et de conserver plus long-temps le châssis qui ne se trouve pas continuellement gratté par le rateau qui est souvent d’un bois à deux fils.

Chaque imprimeur doit être approvisionné de vingt-quatre râteaux en bois de poirier, à partir de six pouces de longueur en augmentant de six lignes en six lignes.

IBi’0 tauses ï>c rCôtompf.

L’estompe est une teinte grise qui couvre toute la pierre, alourdit les lumières et diminue le brillant des noirs ; elle doit sa présence aux causes suivantes ;

Vernis trop faible ou pas assez dégraissé; pierre acidulée trop faiblement; noir de fumée trop peu calciné; emploi sur le rouleau d’un noir trop gras; pierre trop lisse; rouleau trop neuf ou trop doux. En se conformant exactement aux moyens indiqués dans les recettes des vernis, acidulations, etc., on évitera ces accidens. Il s’agit donc de prendre un noir de fumée bien calciné; il doit être en morceaux et se briser facilement ; s’il n’a pas cette qualité et qu’on ne puisse pas s’en procurer d’autre, il faut en emplir un creuset ou un tuyau de tôle fermé hermétiquement et le mettre dans un feu ardent; deux heures après il sera entièrement dégraissé. Il faut éviter aussi d’employer un noir trop doux, principalement sur les pierres blanches , qui , par leurs qualités poreuses, sont plus sujettes à se graisser que les grises; changer de rouleau , si celui dont on se sert est trop doux, et si ces moyens sont insuffisans , il faut, avant que le dessin ne s’estompe entièi’cment, l’encrer légèrement, prendre une éponge imbibée de vin blanc et la passer sur toute la pierre, ensuite l’essuyer avec un linge propre, et l’encrer un peu vite en serrant les poignées durouleau pour achever d’éclaircir le dessin; si après l’épreuve tirée l’estompe n’a pas entièrement disparu, on recommence* le même procédé jiisqu’à ce qu’il n’y en ait plus.

Ce moyen est très-bon en ce qu’il dégraisse parfaitement la pierre sans altérer le dessin.

Il faut avoir la précaution de tenir le vin blanc dans une bouteille bien bouchée afin qu’il ne surisse pas, autrement il deviendrait acide et ne vaudrait plus rien.

Lorsqu’une pierre s’estompe , si l’on n’en arrêtait pas les effets par ce procédé, et qu’on continuât le tirage, la pierre se graisserait de plus en plus; il faudrait alors employer un autre moyen ; ce serait de mettre le dessin à l’encre grasse, le laisser sécher pendant une heure et l’aciduler comme une pierre neuve, seulement on ne mettrait que cinquante gouttes d’acide nitrique dans un litre d’eau ; onia mettrait ensuite sous gomme, et une heure après on la dégommerait et on l’enleverait avec la composition suivante ;

Essence de térébenthine. . . 2 parties.

Gomme arabique dissoute. . 1/2 ûL

Eau pure . 1 id.

Après avoir battu cette composition jusqu’à ce qu’elle fût devenue blanche comrne du lait, on enlèverait le dessin en frottant légèrement; ensuite, on l’encrerait sans chercher à le monter de ton trop promptement, et après en avoir tiré quelques épreuves, on l’enlevepait de nouveau pour le mettre à l’encre grasse, puis on le gommerait pour le laisser reposer jusqu’au lendemain.

Ce moyen est le seul à employer en pareil cas, mais il altère toujours un peu le dessin, car la seconde préparation gro.ssit le grain de la pierre, tandis qu’en employant le vin blanc, quand il en est temps encore, on évite cette seconde préparation.

Ce procédé est également applicable aux écritures.

^mpiUcmms.

Les empâtemcns proviennent : 1’ d’une pierre trop faiblement acidulée dans les parties vigoureuses; 2» d’un dessin vigoureux sur une pierre tendre; 3® de mettre trop de noir sur le rouleau, ou de mettre sur les pierres une gomme trop claire lorsqu’on les quitte , soit pour pre ndre son repas soit jusqu’au lendemain. La gomme ne formant pas une couche assez épaisse ne préserve pas la pierre du contact de l’air, et elle se déprépare insensiblement. Rien n’est donc plus facile que d’éviter ces accidens.

Il arrive aussi quelquefois que la pierre prend tout-à-coup le noir dans une partie du dessin ou même sur les marges; cela provient de ce qu’on n’a pas mouillé à cet endroit.; pour enlever cet empâtement , il suffit de mouiller la pierre partout et d’y passer le rouleau en nettoyant cette partie, c’està-dire de le faire pivoter; aussitôt la tache disparaît. ,

(Ênlfumnit îtfs

L’enlèvement des demi-teintes est le résultat auquel on est exposé quand on a acidulé trop fortement ou qu’on a passé sur la pierre quelque mordant pendant le tirage ; dans l’un ou l’autre cas, il faut, pour remédier à cet accident, mouiller

légèrement la pierre et enlever le dessin avec la composition suivante, que l'on mêle bien avant de s’en servir.

Essence de térébenthine. . 1 partie.

Huile de pieds de bœuf. . 2 id.

On frotte la pierre avec un morceau de flanelle imbibé de cette composition, et lorsqu’il ne reste aucunes traces du dessin on essuie avec un linge, puis on passe le rouleau sur la pierre, sans appuyer, jusqu’à ce qxi’elle soit presque sèche , ensuite on la mouille et on continue de l’encrer avec un noir un peu faible, et après en avoir tiré quelques épreuves si la pierre reste couverte d’une teinte grise formée par le corps gras qu’on y a passé, on l’encre de nouveau et l’on y passe légèrement une éponge imbibée de vin blanc , alors la teinte disparaît et le dessin reprend toute su pureté.

Ce procédé peut être appliqué aux écritures comme aux dessins.

ÎTf ôaUDf.

Il y a deux sortes de taches de salive, les blanches et les noires; les premières proviennent de ce qu’elles sont tombées sur la pierre avant qu’elle ne fût dessinée; elles forment un corps étranger entre la pierre et le crayon , et lors du tirage elles se déclarent en autant de points blancs. Les secondes, au contraire, tombent aux endroits dessinés, elles dissolvent le crayon et font des peints noirs.

Pour faire disparaître les taches blanches, on encre le dessin une fois, puis avec un petit pinceau on met de la liqueur sur

les endroits tachés pour les disposer à prendre le cravon (voyez page 42 ), ensuite on charge le dessin une seconde fois, et après avoir tiré l’épreuve on retouche avec un crayon lithographique; aussitôt que cette retouche est faite, on mouille la pierre en tamponnant légèrement, attendu que si l’on frottait on risquerait d’étaler le crayon et de faire des raies dans le dessin , cl après l’avoir encré on remouille par le procédé habituel, c’est-à-dire en frottant avec l’éponge; en s’y prenant de la sorte , il est très-rare que les retouches ne tiennent pas du premier coup.

Pour enlever les points noirs, il faut prendre une plume d’oie, la tailler bien fine sans être lêndue, la tremper dans l’acide qui sert à nettoyer les carres de la pierre (1) et après avoir chargé légèrement le dessin et laissé sécher la pierre afin que l’humidité ne fasse pas écarter l’acide , on pose le bec de fa plume sur chaque point noir, et ils disparaissent aussitôt.

Ce moyen est préférable à l’emploi de la pointe, car cette dernière fait des trous dans la pierre qu’il devient impossible de préparer sans endommager les parties voisines; et lorsqu’ensuite on enlève le dessin , l’essence et le noir se fixent dans les trous faits par la pointe, et les taches reviennent plus nombreuses que précédemment.

îi’2lnî»f.

Les taches d’acide viennent du manque de soin de l’imprimeur. 11 ne doit jamais en avoir auprès de scs éponges,

(1) On met une partie de gomme, une cl’cau cl deux d'acide.

tt qmnd il nettoie les carres de la pierre il doit essuyer les endroits ou il en a mis avec une éponge qui ne lui sert qu’à cet eflet, c’est le plus sûr moyen de les éviter ; si pourtant il lui arrivait d’en laisser tomber sur le dessin , il les retoucherait comme les taches blanches de salive.

Cafl)<'6 (^raiûûc.

Les taches de graisse proviennent de la réapparition d’un ancien dessin mal effacé , ou d’un corps gras tombé sur la pierre avant l’acidulation ; si ces taches se déclarent faiblement d’abord , on peut les faire disparaître par l’emploi du vin blanc, si au contraire elles viennent noires, il faut prendre du sablon passé dans un tamis très-fin , en mettre sur la tache , et avec une petite molette en verre ou un bouchon de carafe, regrainer cette partie, et lorsque la pierre est bien sèche, on la gomme légèrement avec une éponge, (excepté l’endroit regrainé); vingt-quatre heures environ après la ictouche , il faut préparer avec un pinceau la partie refaite , la gommer ensuite , et deux heures après en faire les épreuves d’essais; mais on ne saurait trop prendre de précaution pour éviter cet accident , car ces sortes de retouches sont rarement satisfaisantes en ce qu’il est très-difficile de refaire un grain semblable au premier, ce qui cause une inégalité qui nuit toujours à l’harmonie du dessin.

(Eacl)f0 €>omme.

Les taches de gomme sont occasionnées par les causes suivantes : avoir mis sur la pierre une gomme trop épaisse ou en trop grande quantité , avoir employé de la gomme fermentée , avoir déposé les pierres dans un endi-oit ou trop chaud ou trop humide. Rien n’est donc plus facile que d’éviter ces inconvéniens ; il faut gommer avec une gomme épaisse comme du sirop de guimauve , en en passant une légère couche sur toute la surface de la pierre avec une éponge très-fine , puis l’essuyer avec une autre éponge ou avec un linge fin ; de cette façon , la gomme est étendue également , elle ne forme aucune épaisseur où elle puisse se fixer et déposer des taches qui sont souvent ineffaçables.

Pour empêcher la gomme de surir, on doit n’en faire dissoudre que pour huit jours , dans les temps ordinaires , et pour deux ou trois jours seulement , dans les grandes chaleurs.

La trop grande chaleur est contraire à la conservation des dessins , elle fait lever quelquefois la gomme par éclats qui attaquent la pierre très-profondément , ce qui perd totalement le dessin , car il devient impossible de retoucher CCS endroits , tant la pierre est creusée et offre un grain inégal , cet accident vient de ce que l’imprimeur à mis une gomme trop épaisse ; en se conformant à ta manière indiquée ci-dessus , on n’a pas à le redouter,

La trop grande humidité est le fléau de la Lithographie, les pierres lorsqu’elles sont casées se dégomment et se lâchent; souvent aussi l’humidité les couvre de salpêlre,

ou fait croître des champignons qui rongent les dessins; aux accidens de cette nature , il n’existe aucun remède , le seul qu’on pourrait tenter ce serait de regrainer les parties endommagées , mais il faudrait creuser trop avant , et ni le rouleau, ni la pression ne pourraient atteindre ces endroits.

Il est donc bien essentiel , lorsqu’un atelier est trop humide , de visiter les pierres au moins une fois tous les mois , de les laver si elles sont dégommées , et les regommer ensuite ; en ayant cette précaution , les taches n’ont pas le temps de se former , et l’on sauve les dessins d’une perte imminente.

Quand un atelier est humide , il faut faire plancheïer le terrain et éloigner les casiers de deux ou trois pouces du mur afin que l’air puisse circuler autour des pierres.

ÏBf6 l3avofl)nm.

Les bavochures sont occasionnées par les causes suivantes; emploi d’un papier trop mouillé ou mouillé inégalement , châssis trop près de la pierre , ou pas assez tendu, noir trop faible , pression trop forte ou mauvaise macrUature.

Il est donc très-facile d’y remédier , il faut, si cela dépend du papier, le remettre en presse, et ne s’en servir que lorsqu’il est bien tendu, mettre le ehàssis à la hauteur convenable, ou l’allonger au mo3Tn des écrous, etc. , etc.

Dfô Ucttjufl)eô.,

Quand une pierre a besoin d’étre retouchée, soit qu’elle ail été trop forlement acidulée, ou qu’elle soit fatiguée par

ic nombi-e d’éprauves qu’elle a foui iii , on la prépare avec la composition suivante :

Vin blanc . 1/2 setier.

Acide nitrique à 40 degrés. 15 à 20 gouttes.

Après avoir encré légèrement le dessin , on y passe une éponge imbibée de cette liqueur , ensuite on l’encre une seconde fois, on tire une première épreuve, puis une seconde sans charger; cette dernière est pour enlever l’épaisseur du noir, qui pourrait empêcher la retouche de prendre; on envoie la pierre ainsi préparée à l’artiste qui doit la retoucher de suite , afin qu’elle reste sans gomme le moins de temps possible , ce qui finirait par nuire au dessin et provoquerait l’empâtement à la reprise du tirage. Une demi-journée suffit pour laisser à la retouche le temps de se fixer sur la pierre.

Si l’artiste a fait des grattages, il faut repréparer ces endroits avec un pinceau, mais s’il n’a pas gratté, on couvre seulement la pierre d’une disssolution de gomme arabique, et après l’avoir laissé en cet état quelques heures, on la dégomme sans frotter, comme lorsqu’on fait des épreuves d’essais , et l’on en tire trois ou quatre épreuves sans enlever à l’essence, et enfin une dernière sans encrer, puis on la charge avec le rouleau à l'encre grasse, toujours sans enlever le dessin , et on la gomme une heure après.

Le lendemain on peut en faire le tirage , les retouches ayant passé la nuit sons l’encrc de conservation, doivent tenir, si poxirtant après l’enlèvement du dessin qui est devenu nécessaire, elles ne reprenaient pas bien, il faudrait enlever de nouveau avec la flanelle imprégnée d’essence et d’huile de pieds de bœuf (voyez page 37 ) , et ajouter un cin(|uième d’encre grasse dans le noir d’impression ; puis

lorscjuc les demi-teintes seraient reprises, on ehangerait peu-à-peu le noir , pour empêcher le dessin de s’alourdir. '

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