NOTICE. XVII
Hère. Malgré le talent qui lui était habituel et dont il donna dans ce rôle une nouvelle preuve, il se heurta contre la difficulté que je viens de signaler : l'impossibilité d'imiter des comédiens qu'il n'avait pas pu voir, ou bien, sous prétexte de ridiculiser les travers que Molière leur reprochait, de s'attaquer à des personnalités vivantes, ce que le goût et la confraternité lui défendaient de tenter. Après une seconde représentation, la pièce fut encore une fois abandonnée. Elle va reparaître avec un acteur justement digne de la faveur publique, et qui, s'il essayait de contrefaire tel ou tel comédien connu, produirait, on peut en être sûr, une ressemblance aussi exacte que plaisante. Puisse-t-il faire prendre, à la représentation de la pièce, tout le plaisir que fait éprouver sa lecture ! Quel que soit le succès de sa tentative, ce sera un honneur de sa vie d'artiste, que d'avoir été choisi, entre tous les talents dont s'honore encore aujourd'hui la Comédie-Française , pour jouer un rôle qui, jusqu'à nos jours, n'aura eu que trois interprètes : Molière, Samson et Coquelin.