XVI NOTICE
sumable qu'au bout de peu de temps, les deux camps ne formant plus qu'une armée, l'inimitié disparut. On se fit de mutuelles concessions : Molière était entré dans la postérité ; ses pièces, d'ailleurs, fourmillaient de beaux rôles, et les comédiens de l'hôtel de Bourgogne n'étaient pas moins sensibles aux succès qu'ils leur valaient qu'aux bénéfices qu'ils en tiraient.
Quant à ceux de Guénégaud, ramenés à une appréciation moins sévère de la valeur de leurs nouveaux camarades, ils ne pouvaient plus songer à ridiculiser devant la rampe les talents d'artistes qui étaient devenus leurs associés.
L'Impromptu de Versailles devait donc naturellement disparaître. De quels acteurs se serait-on moqué? Il n'y avait plus, — le Roi le voulait, — qu'une seule troupe de comédiens dans Paris.
Cette principale difficulté a empêché la représentation de l'Impromptu pendant plus de cent soixante ans.
Ce ne fut que dans les premières années du règne de Louis-Philippe, quand le public commençait à se reprendre de goût pour le vieux répertoire , que les comédiens d'alors, qui venaient de jouer la Critique de l'École des Femmes, furent amenés par le grand succès qu'ils y avaient obtenu à tenter la reprise de l'Impromptu de Versailles.
C'est le 12 mai 1 838 qu'eut lieu cette reprise. Un très grand comédien, que le théâtre et l'amitié ne sauraient trop regretter, Samson, joua le rôle de Mo-