‹ L'impromptu de Versailles (volume 2)Chapitre 20 sur 134 · LA MAISON DE MOLIÈRE. XXV · texte numérisé non relu

LA MAISON DE MOLIÈRE. XXV

Tous ceux pour qui son œuvre est l'étemel exemple ;

Et quand Louis quatorze autrefois ordonna

Qu'avec Tartuffe on pût jouer Phèdre ou Cinna

Et que l'on réunit pour la même besogne

La maison de Molière à l'hôtel de Bourgogne,

Son ombre fut heureuse; elle tendit les mains

Au plus tendre des Grecs, au plus fer des Romains;

Et, par notre immortel Molière présidée,

La grande triniié classique était fondée!

Aussi c'est protégés par ces trois noms égaux ■ Que, depuis lors, Rcgnard, Voltaire, Marivaux, Le Sage, Beaumarchais, Sedaine, et tant de maîtres Qui restent grands encore après de tels ancêtres Et dont le vieux logis conserve, hospitalier, L'œuvre sur le théâtre et le buste au foyer, Eloquents prosateurs, poètes pathétiques, Se sont transmis, ainsi que les coureurs antiques, La tradition sainte et le flambeau sacré De l'idéal par qui le monde est éclairé !

Vous pouvez être fers, ô classiques de marbre ! Car votre œuvre grandit toujours, comme un vieil arbre Qui, lorsque vient l'avril, pousse dans tous les sens La robuste fraîcheur de ses rameaux puissants, Tout heureux d'abriter sous ses vertes ombelles Tant de jeunes oiseaux et de chansons nouvelles. Là, le moindre poète est utile, et tout sert A l'admirable accord du sublime concert.

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