‹ L'impromptu de Versailles (volume 2)Chapitre 21 sur 134 · XXVI LA MAISON DE MOLIÈRE · texte numérisé non relu

XXVI LA MAISON DE MOLIÈRE

Dès qu'une voix se tait, une autre voix s'élance. Le ciel de l'art fui plein d'un douloureux silence Lorsque le chant amer et tendre s'éteignit De Musset, rossignol trop tôt tombé du nid. Mais on ne suspend point l'effort de la nature ; Tout crépuscule annonce une aurore future, Et Von ne doit jamais douter du lendemain. Comparez l'Océan et le génie humain) Tous les deux sont régis par une loi conforme. Après les petits flots vient une lame énorme; Un silence plus long suit son écroulement. Et l'eau beaucoup plus loin recule en écumant ; Sur la grève elle s'est, en râlant, retirée ; Mais rien ne contiendra l'assaut de la marée; Et tu le sais, 6 siècle éternellement fer De voir l'œuvre d'Hugo monter comme la mer!

Quant à nous, ce n'est pas sans un sentiment triste

Que nous parlons ici de gloire qui résiste.

L'acteur périt avec le public qui l'aima.

Les plus vieux d'entre vous ont-ils pu voir Talma?

Andromaque et le Cid sont illustres de reste;

Mais qui créa Rodrigue et qui jouait Oreste?

Pourtant, des grands auteurs interprètes fameux,

Lekain, Mars ou Kachel n'ont-ils pas, tout comme eux,

Conservé, purs de toute influence mauvaise,

Le charme et la grandeur de la scène française,

Et, comme nos anciens, sommes-nous pas encor

Les gardiens vigilants du noble et cher trésor?

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