SCENE I. i
reconnu là dés le premier vers. Continuez, je vous prie.
Molière.
[Imitant Beauchasteau, aussi comédien, dans les stances du Cm.)
Percé jusques au fond du cœur..., etc.
Et celuy-cy, le reconnoistrez-vous bien dans Pompée de Sertorius ?
(Imitant Hauteroche, aussi comédien.)
L'inimitié qui règne entre les deux partis N'y rend pas de l'honneur..., etc.
Mademoiselle de Brie.
Je le reconnois un peu, je pense.
Molière.
Et celuy-cy ?
(Imitant de Villiers, aussi comédien.)
Seigneur, Folybe est mort.... etc.
Mademoiselle de Brie.
Oûy, je sçay qui c'est; mais il y en a quelquesuns d'entre eux, je croy, que vous auriez peine à contrefaire.
Molière.
Mon Dieu, il n'y en a point qu'on ne pust attrapper par quelque endroit, si je les avois bien étudiez; mais vous me faites perdre un temps qui nous est cher. Songeons à nous, de grâce, et ne nous amusons point davantage à discourir.
i4 L'IMPROMPTU DE VERSAILLES.
(Parlant à de La Grange.) Vous, prenez garde à bien représenter avec mov vostre rôle de marquis.
Toujours des marquis !
Oûy, toujours des marquis : que diable voulez-vous qu'on prenne pour un caractère agréable de théâtre ? Le marquis aujourd'hui est le plaisant de la comédie. Et, comme dans toutes les comédies anciennes on voit toujours un valet boufon qui fait rire les auditeurs, de mesme dans toutes nos pièces de maintenant il faut toujours un marquis ridicule qui divertisse la compagnie. Mademoiselle Bejart.
Il est vray, on ne s'en sçauroit passer.
Molière.
Pour vous, Mademoiselle...
Mademoiselle du Parc.
Mon Dieu, pour moy, je m'acquitteray fort mal de mon personnage, et je ne sçay pas pourquoy vous m'avez donné ce rôle de façonniere. Molière.
Mon Dieu, Mademoiselle, voilà comme vous disiez lors que l'on vous donna celuy de la Critique de VEscole des Femmes; cependant vous vous en estes acquittée à merveille, et tout le monde est demeuré d'accord qu'on ne peut pas mieux faire que vous avez fait ; croyez-moy, celuy-cy sera de mesme, et vous le jouerez mieux que vous ne pensez.