‹ L'impromptu de Versailles (volume 2)Chapitre 50 sur 134 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

seroit-ce pas le moyen de s'accorder ensemble, et de voir dans le monde la paix universelle ? Monsieur Jourdain.

Vous avez raison.

Maistre a dancer.

Lors qu'un homme a commis un manquement dans sa conduite, soit aux affaires de sa famille, ou au gouvernement d'un Etat, ou au commandement d'une armée, ne dit-on pas toujours: ce Un tel a fait un mauvais pas dans une telle affaire ? » Monsieur Jourdain.

Oûy, on dit cela.

Et faire un mauvais pas peut-il procéder d'autre chose que de ne sçavoir pas dancer ?

Monsieur Jourdain.

Cela est vray, et vous avez raison tous deux.

Maistre a dancer.

C'est pour vous faire voir l'excellence et l'utilité de la dance et de la musique.

Monsieur Jourdain.

Je comprends cela, à cette heure.

Maistre de musique.

Voulez-vous voir nos deux affaires?

Monsieur Jourdain.

Oûy.

Maistre de musique.

Je vous l'ay déjà dit, c'est un petit essay que j'ay fait autrefois des diverses passions que peut exprimer la musique.

Monsieur Jourdain.

Fort bien.

Maistre DE MUSIQUE.

Allons, avancez. Il faut vous figurer qu'ils sont habillez en bergejrs.

Monsieur Jourdain.

Pourquoy toujours des bergers? On ne voit que cela par tout.

Maistre a dancer.

Lors qu'on a des personnes à faire parler en musique, il faut bien que pour la vray-semblance on donne dans la bergerie. Le chant a esté de tout temps affecté aux bergers; et il n^est guére^ naturel en dialogue que des princes.. ou, .jdes.-bourgg.ois chantent leurs passions.

Passe, passe. Voyons.

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