‹ L'impromptu de Versailles (volume 2)Chapitre 8 sur 134 · NOTICE. XI · texte numérisé non relu

NOTICE. XI

l'air sérieux », qu'il nepossédàt pas la voix et toutes les qualités extérieures nécessaires à la noblesse du genre. Mais n est-il pas possible aussi, et j'incline à le croire, que Molière, comme tragédien, fût en dehors et au-dessus des idées de son temps, « qu'il ne sût pas » ou ne voulût pas « faire ronfler le vers et s'arrêter au bel endroit? » Uactcur-poéte qui forma le talent dramatique de Baron devait sentir la tragédie d'une tout autre manière que les Montflcury et les Beauchàteau; tout autre devait être son accent. Et qui pourrait dire que ses idées fussent fausses .en pareille matière, quand nous le voyons se rencontrer avec Shakespeare sur cette question d'interprétation dramatique ? Les deux poètes, tous deux comédiens, étaient du même avis. Leurs préceptes sont les mêmes, et c'est presque dans les mêmes termes qu'ils s'expriment.

Ecoulons, dans Hàmlet, les recommandations de Shakespeare aux comédiens :

« Dites ' , je vous prie, cette tirade comme je l'ai prononcée devant vous, couramment; mais si vous la braillez, comme font beaucoup de nos acteurs , j'aimerais autant faire dire mes vers par les crieurs de la ville. Ne sciez pas trop l'air ainsi avec votre bras ; mais usez de tout sobrement , car, au milieu du torrent, de la tempête, et je pourrais dire du tourbillon de la passion , vous devez avoir et conserver une modération qui lui donne de l'harmonie. Oh! cela me

i. Traduction de François Hugo.

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